‹ La Fontaine:Chapitre 94 sur 121 · LYDIE · texte numérisé non relu

LYDIE

Achille est de mes maux le principal auteur ; Et vous, par ce discours, vous offensez Lydie : Qu’ai-je besoin, sans vous, de conserver ma vie? Si le destin me veut à ce point affliger, Les enfers me sauront contre tous protéger.

PATROCLE Madame, au nom des dieux, cessez de me confondre ! Voici ce que je puis en deux mots vous répondre : Plût aux dieux qu’il fallût donner mon sang pour vous! Le trépas n’aurait rien qui.ne me semblât doux. Mille fois en un jour demandez-moi ma vie, Vous serez avec joie aussitôt obéie :

Je ne préfère point ma gloire à vos attraits ; Du déshônneur, sans plus, j’appréhende les traits : Vous y devez pour moi vous-même être sensible. On s’en va renverser ce mur inaccessible : Verrai-je, pour un jour, tous mes jours diffamés? Vous me haïriez lors autant que vous m’aimez : Quand vous le souffririez, je me dois satisfaire.

LYDIE Va, de tels sentimens ne me sauraient déplaire. J'ai voulu t’émouvoir ; mais si je l’avais fait Je men applaudirais, peut-être, avec regret.

Rien ne presse ; jouis encor de ma présence.

Tes projets sont remplis de trop d’impatience : Je te laisse à l'honneur sacrifier ce jour ; Mais tu me dois aussi quelques momens d'amour... (Voyant entrer Arbate.)

Le ciel nous les envie ; Arbate te vient dire Que tout est prêt, que tout à ta gloire conspire.…. Peut-être à mon malheur!

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