‹ La fontaineChapitre 1 sur 123 · RUE HAUTEFEUILLE · texte numérisé non relu

RUE HAUTEFEUILLE

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Q.i ^/. Jules TOIRŒR,

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(Hcjiiniage icôpcctiiciix et teconuaiâôant.

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INTRODUCriON

Tout le monde sait que La l'ontaine a étérobjot de travaux considérables. Cet esprit si subtil, cet homme si naturellement original a intéressé la plupart de nos littérateurs et de nos critiques.

Aussi, après VElo//e dcCliami'ort, les belles recherches de Saint-Marc Girardin, la thèse ingénieuse de Taine, les études critiques de Nisard, Sainte-Beuve, Brunetière, Lafenestre, Faguet, Lanson, Doumic, etc.. et les biographies, méticuleusement établies, de Walckenaer et de Paul Mesnard, il semble tout naturel de rappeler la célèbre parole du moraliste : « Tout est dit et Ton vient trop tard... »

Mais un commerce assidu de plusieurs années avecTillustre fabuliste m'a dissuadé de porter un tel jugement ; j'ai trouvé dans ses œuvres une philosophie qui certes a son prix et une psychologie qui, sans être dogmatique, n'en est pas moins fort intéressante. Etudiés à la lumière des méthodes psychologiques, son état mental et son caractère m'ont paru tout autres. Un nouveau « bonhomme » s'est dressé devant moi, et c'est cette physionomie nouvelle que je voudrais faire connaître au public.

Ce n'est pas sans une certaine inquiétude que je me suis décidé à coordonner les résultats de mes recherches.

Les scrupules de la première heure ont disparu peu à peu devant une certitude objective de plus en plus justifiée. Conscient de la méthode que j'ai employée, je présente aujourd'hui un La Fontaine, à mon sens, plus naturel et plus vrai.

Quoique la technique dont je me suis servi me fût familière antérieurement à toute Ijibliographie, je me suis cependant beaucoup inspiré de quelques recherches similaires assez récentes et qui peuvent se résumer en trois groupes diiîérents :

1° M. Paulhan', dans son précieux livre sur le Caractère^ applique souvent la méthode historique à la pensée d'un auteur dont il veut connaître le caractère ; il lit attentivement ses œuvres, se renseigne sur sa vie, ses habitudes d esprit et le classe ensuite selon ses tendances propres : il a fait une application typique de cette discipline psychologique sur la personne de Flaubert. Je rangerais volontiers, dans cette catégorie, sans oser dire quelles en procèdent expressément, les belles et pénétrantes études de M. Dumas- sur Sainl-Simoii et 'Auguste Comte;

2" L'excellente monographie du D"" Toulouse ^ sur Zola nous initie à une procédure plus scientifique, parce qu'elle a le grand mérite d'être une expérience directe, c'est-à-dire faite sur un vivant, avec la garantie précieuse d'un contrôle fréquent et minutieux. Cet auteur s'est moins préoccupé de connaître la caractéristique de son « homme-test » que de reconstituer ses antécédents, de faire revivre son évolution physique et mentale, et d'illustrer surtout le côté spécifique, original de sa vie physiologique et mentale. Je rangerais à cette place, bien qu'elles ne soient que des monographies

1. F. Paulii.\x. h Caractère (1 vol. in-8\ 2" édit.. Aican, Paris, 1902).

2. G. Du.MAS, Psijcholof/ic de deux .Vessies : Saint-Simon et Aug. Comte (1 vol. in-8», Alcan, Paris, 190o).

3. ])■■ Toulouse, Zola (1 vol. in- 12", Société d'Éditions scientifiques, Paris, 1896).

partielles, les délicates analyses psychologiques que M. Alf. Binet * a consacrées à de CureleÀ à Paul Hervieu;

3° Enfin je me suis plu à consulter souvent l'ouvrage de W. Stern -, qui définit les règles et expose les principes de la psychologie individuelle. J'estime notamment avec ce psychologue que la biographie, les mémoires et l'histoire d'une part; et d'autre part, l'état des mœurs, des religions et de la civilisation," éclairent puissamment la physionomie de tout homme et particulièrement celle d'un écrivain ou d'un penseur. Cette idée a été longuement analysée dans le livre aussi savant que méthodique de M. Georges Renard ■'.

Quoi qu'on puisse dire de la théorie du « milieu » et du « moment » de Taine, un homme naît à un moment donné de l'histoire, dans un milieu défini, héritier d'un dépôt de tendances et d'habitudes anciennes; il évolue ensuite dans un cadre connu, et il subit, plus ou moins, les chocs mécaniques de la nature et les influences morales de la société qui l'environne.

Un homme n'est que l'agrégat, la résultante, le terme provisoire d'un nombre incalculable d'influences exogènes et endogènes. Elles le prédéterminent fort souvent dans ses actions, le vivifient ou le paralysent dans ses tendances spécifiques, puis, devenant un jour sa propre pensée, son propre « moi », influent sur sa vie intelligente et sur son devenir.

C'est donc par un alliage raisonné et prudent de ces trois méthodes que je compte animer la physionomie du « grand fabuliste ». Je m'aiderai de l'une pour préciser les influences du milieu et du moment; j'aurai recours à

1. Aie. BiN'ET, Elude sur de Curel [Année Psi/cho/ofjhjue, n" 1, 1893, Schleicher frères). Etude sur Paul Hervieu {Année Psijcholof/ique^ n°10, 1904, Masson et C'"; : voir aussi du même auteur ; L'Etude eorpérim. de l'Intelligence (1 vol. in-8°, broché. Schleicher, Paris, 11)03)..

2. \V. SiEitx, Ueber psijcholorjie (1er uidividuellen di/fcrenzen. Leipzig, Barth, 1901.

3. G. Rex.vi'.d, la Méthode scientifique de Vllistoire lilléraire (1 vol. in-S", Alcan, Paris, 1900).

l'autre pour établir le plus objectivement qui! me ser.i possible son état mental et son caractère; enfin, je m'inspirerai de l'œuvre du D' Toulouse pour établir le plan général qui réglera mon étude et en fixera les étapes.

Sans doute, cette pérégrination à travers la pensée de Jean de La Fontaine n'aura ni la valeur ni la portée dune expérience directe. Elle non constituera pas moins une investigation disciplinée en vue de la connaissance positive du contenu mental d'un être, qui n'est plus, mais dont la pensée est toujour^ vivante dans la mémoire des hommes.

Avant de fixer et de synthétiser mes longues et minutieuses recherches, j'ai examiné bien souvent les critiques que ne manqueront pas de soulever les littérateurs et les psychologues intéressés.

Déjà j'entends celui-ci s'écrier : •< Vous n'y songez pas ? La Fontaine est loin de nous et les documents décisifs manquent sur son compte. D'ailleurs les psychologues étudient d'ordinaire les vivants » ; et cet autre ajouter que c le fabuliste est peu communicatif, à peu près impénétrable, et qu'il échappe à toute curiosité intime ».

D'autres a priori me condamneront : ma méthode leur paraîtra suspecte, elle ne leur plaira pas. C'est à l'adresse de ces derniers critiques que l'éminent psychologue. Th. Ribot, écrivait, il y a quelque trente ans : « Malheureusement ces sortes d'études rencontrent Ijeaucoup d'ennemis; les littérateurs, parce qu'ils n'admettent pas ces procédés de savants; les savants, parce qu'ils en jugent l'emploi impossible. Nous ferons cependant remarquer à ces adversaires, s'ils veulent bien y réfléchir, que ce qu'ils rejettent ici, ils l'acceptent ailleurs '. »

En dépit de toutes ces objections, je montrerai aisément, entre autres choses, que l'œuvre de La Fontaine se prèle volontiers îx une investigation psychologique : contraire-

1. Tm. IliBor, M. Talnc el sa ps>/c/i<>fi>!/i('. p. 21 et 22. {Revue i>hilosiijthifjm', juillet 1S"Î7.)

ment aux assertions d'un très grand nombre d'auteurs, notre fabuliste apparaîtra communicatif, expansif, bavard, même quand il s'agit de lui-même.

Jusqu'ici, l'on nous a fait connaître l'auleur des fables incomparables, l'écrivain affiné, le limeur patient de mille petits drames en « cent actes divers », mais l'on a trop tenu l'homme à l'écart de ses œuvres. Les uns, comme \Valckenaer, nous en ont parlé d'un point de vue purement descriptif ou anecdotiquc; les autres, comme Taine, n'ont voulu chercher l'homme qu'au travers de ses fables, s'imaginant qu'il était là tout entier.

J'estime, au contraire, que c'est dans la correspondance, les épîtres, les ballades, les épigrammes écrites au jour le jour, selon l'inspiration, l'état mental, le déterminisme du moment que nous a))ercevrons surtout la personnalité du i< fabuliste » dans tout ce qu'elle a de propre et d'original. Les œuvres laborieuses, à force d'être limées, martelées, finissent par devenir impersonnelles ou tout au moins ne nous révèlent que faiblement les tendances innées d'un écrivain. L'homme se montre mieux dans la vie automatique ou habituelle, qui est la condition d'existence, la base de tout être pensant. L'homme, pourrait-on dire, se décèle tout entier dans la spontanéité. Les manifestations spontanées de la vie psychique impliquent presque toujours une certaine irréllexion. La spontanéité se caractérise par l'absence de tout raisonnement subtil, de tout calcul, de toute hypocrisie intéressée; elle nous fait connaître une conscience dans toute sa nudité, c'est-à-dire dépouillée des formes simulées dont peuvent l'envelopper la rétlexi(m et la raison. Je ne voudrais pas laisser supposer que je tiendrai à l'écart, dans cette étude, les travaux de longue haleine de l'éminent écrivain. Au contraire, je puiserai souvent dans ses fables et dans ses contes. Mais j'aurai toujours pour premier souci d'enregistrer les manifestations spontanées de son esprit.

L'œuvre de longue haleine révèle l'unité d'une conscience dans le temps, nous en fait connaître les tendances fortes et durables. Là, nous saisissons sur le vif la pensée qui se corrige, se perfectionne et sans cesse s'efforce d'atteindre l'idéal de la forme et du fond. L'œuvre spontanée, au contraire, nous montre l'homme aussi bien que l'écrivain '( sans apprêt et sans fard ■>, aux prises avec les influences extérieures ou intérieures du moment.

Mais l'étude d'une personnalité ne saurait finir aussi hâtivement, surtout lorsque l'on se propose de ressusciter en quelque sorte son caractère et particulièrement sa mentalité.

Reconstituer l'état mental d'un écrivain, d'un penseur, c'est faire dans le menu et d'après ses écrits la psychologie minutieuse de ses facultés psychiques. Quoique le caractère soit le principal facteur de l'état mental, il faut bien se garder de les confondre. Le caractère se définit par les tendances fortes de l'individu, c'est-à-dire celles qui absorbent ou neutralisent un peu les autres. La « caractéristique » nous permet même, à l'occasion, 'de préjuger de la conduite de tel individu ou de tel autre, dans bien des moments de son existence.

L'état mental, au contraire, embrasse les tendances fortes et les tendances faibles. 11 implique toutes les modalités de l'esprit, il est le synonyme de la conscience tout entière.

Ce qui est négligeable ou relatif pour le caractère — j entends l'ensemble des détails de la vie psychique — devient donc nécessaire à la connaissance de l'état mental. Ici, il s'agit de détailler, d'analyser ; là, il importe de résumer, de synthétiser. On peut qualifier un caractère par un mot. L'on ne saurait expliquer une mentalité sans de longs et minutieux détails.

Mais comment parvenir, somme toute, à démonter ainsi de toutes pièces le mécanisme dune conscience? Existe-t-il des voies qui puissent nous conduire au centre même de Tactivité mentale du u moi » que Ion veut connaître?

Trois ordres d'iniluences interviennent à tout instant dans la vie dun être pensant, quel qu'il soit. Tout cerveau humain reçoit des excitations du monde extérieur. Il les enregistre, et il sempresse d"y répondre. Dune part, c'est le monde extérieur qui agit sur la vie pensante ; d'autre part, quand elle n'influe pas directement et de prime abord, c'est la vie pensante qui réagit sur la vie extérieure. C'est dire qu'une idée peut prendre sa source en dehors de la conscience (influence extérieure) et venir la modifier, comme aussi le cerveau peut concevoir une idée ou un système d'idées (influence intérieure) et modifier telle partie du monde extérieur. L'homme subit môme un troisième courant, tout intérieur et tout intime, le courant auto-intérieur. Il a le pouvoir de se modifier purement et simplement dans sa conscience, selon le simple jeu, selon l'arrangement de ses images mentales et de son idéation.

1° En premier lieu, mes sens me f(mt connaître à chaque instant le monde extérieur. La nature provoque en moi des états d'àme qui peuvent modifier d'autant mieux ma mentalité que je réagis davantage. Toutes ces forces extérieures influent à tout moment sur ma conscience et la modifient en raison de leur intensité et de ma puissance de réceptivité. Ce sont là les influences externes ;

2*^ En deuxième lieu, je provoque une réaction ou je réagis selon mes tendances spéciales, selon la puissance de mes facultés psychiques. Je transforme l'excitation reçue en mouvement utile ou inutile : selon le cas, je modifie en bien ou en mal, le monde extérieur, j'aflîrme ma façon de voir, de juger la vie, j'étale les modalités de ma nature mentale et de mon caractère..

Mais le meilleur elle plus important d'une telle action n'est pas en ce point. Grâce à l'expérience acquise, grâce à l'intuition et à l'imagination naissent souvent dans l'esprit des idées originales, qui n'ont point été provoquées directement par les sens, mais qui s'appliquent au monde extérieur. Si je me dis un jour, sans la moindre raison, que le « bien » n'est pas, il y a des chances pour que je voie, dès lors, tout difîéremment, mes amis les plus vertueux, pour que je les interprèle toujours d'une façon désobligeante. II ma donc suffi d'une conception personnelle pour transformer en quantité et en qualité une partie de mon entourage. Telles sont, les influences internes ;

'.i" Enfin, de même que mon corps est créateur d'énergie bienfaisante (tu de toxines destructives, ainsi ma ctmscience peut s'enrichir ou s'appauvrir pour son propre compte. Sous l'action des aliments qui fermentent dans mon estomac, par le simple jeu de mes organes, je m'empoisonne, je m'intoxique tous les jours, en même temps que je me régénère par ces mêmes aliments, par ces mêmes organes. Il y a là une lutte presque toujours inégale entre l'agent destructeur et l'agent conservateur. Suivant la supériorité de celui-ci ou de celui-là, je serai fort ou faible dans le combat vital.

11 en est de même pour l'activité de l'esprit. Grâce à l'idéation. à la mémoire, à l'association des idées et à l'imagination, Ihomms fait sans cdsse, dans son for intérieur, des mélanges et des coupages d'idées, il réussit à associer et à dissocier toute sorte d'éléments, il crée des idées neuves, il revêt d'une forme nouvelle une idée séculaire.

A chaque moment de son existence, les milliards de cellules de son corps s'actionnent à son insu et réagissent d'un commun accord sous l'influence de son imaginaticm, do Son attention et de sa volonté. Mais il est incontestable qu'il « s'auto-influence » lui-même, en quelque sorte, en vertu de ses tendances, de ses inclinations, de la qualité

de son imagination, ou même, parfois, simplement sous Taclion plus ou moins consciente de l'activité habituelle et automatique. Vnilà pourquoi j'appelle ces iniluences : autointernes.

C'est en utilisant cette triple source d'énergie psychique qu'un individu, quel qu'il soit, peut évoluer et s'orienter dans le temps. Il importe donc de ne pas négliger cette trilogie de causes, si l'on veut citnnaîlre d'une manière satisfaisante la mentalité d'un écrivain. Sans doute, les monograr phies de ce genre devront être nombreuses, avant qu'il nous soit possi])le de Cfmstituer une psychologie individuelle utilisable ! Si Vnn a pu dire qu'il n'y avait pas de maladies, mais des malades, l'on peut bien ajouter qu'il n'y a pas d'homme-type, mais des hommes, des mentalités, des caractères.

Mais il ne suffit pas que le biographe ou le psychologue connaisse par le menu les faits et gestes d'un écrivain, il ne suffît pas qu'il soit armé des meilleurs instruments d'investigation, il faut aussi et surtout qu'il sache aimer, comprendre et juger son auteur.

Il est nécessaire d'abord que l'on soit attiré fortement vers l'homme que l'on étudie : il faut l'aimer en disciple ardent, si l'on veut pouvoir pénétrer dans les replis de sa conscience. 11 faut même l'aimer tour à tour en artiste et en psychologue, si l'on veut connaître tout le fond de sa pensée aussi bien que les multiples expressions de sa physionomie: (( Il faut, dit quelque part M. Boulroux ', le suivre dans les détours de ses méditations, partager ses émotions philosophiques, jouir avec lui de Iharmiinie dans laquelle s'est reposée son intelligence. »

Tout n'est pas fait quand on s'est attaché passionnément

I. E.M. BouTROux, Eludes d'hisloirr de 1(1 philiixophie {\ vol. in-S", 2° édition, 1901, Paris, Alcan, p. 9).

Toute l'introduction à ce savant ouvrage p. làO) est à retenir: M. Boulroux y définit les bases d'une niétliode dans iliistoire de laphiiosopliie.

à son auteur. Il ne suffit pas d'être son disciple, il faut ensuite apprécier sainement ses gestes et ses actions. Il faut, en un mot, savoir s'abstraire de son influence, si l'on veut le juger selon les règles de la juste critique et delà raison.

L'admirateur se transforme ainsi en censeur prolje et honnête. Kn agissant autrement, deux écueils également dangereux menacent de briser l'œuvre qui s'avance. Si l'on reste complaisamment dans le "manteau» de son auteur, l'onse montre alors, presque toujours, trop enthousiaste ; si l'on ne le voit que du dehors ou de loin, l'on aboutit à des conclusions systématiques, pessimistes même. La vérité se trouve donc dans un juste milieu.

Telles sont les idées générales qui m'ont servi de guide dans celte étude. J'ai voulu faire ici, avant tout, une œuvre de psychologue. Si ma méthode ne m'a pas toujours fourni les résultats que l'on pourrait théoriquement en attendre, cela tient simplement à la difficulté du « sujet » et, surtout, à l'insuffisance des documents décisifs sur la personnalité du fabuliste.

Paris, le l'"' novenibiv liKil.

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