T. IX, p. 219 : Leilrc à sa femme
La fcuiino savante, la précieuse, la })é(lanle iriniellectiielle, comme nous disons aiijourd'liiii) ne lui })laisent guère mieux que la simple liseuse de romans. Selon lui, l'épouse doit être intellig-cnte, distinguée, mais elle ne doit jamais être une érudite. Il veut do l'esprit, chez la femme, mais il n'aime point les bas-l)leus.
Ainsi que IMolière, il abhorre les précieuses })arce qu'elles sont inutiles à la société.
II n'aime pas du tout les enfants et encore moins le sien. Ces marmots sans pitié, ce petit peuple le laissent complètement indifférent. Il est si sincère en cela que, son pauvre tîls Charles, ne reçut de lui aucun témoignage d'affection réelle ; jamais il ne se préoccupa de son éducation ou de son devenir.
Cependant, lorsqu'il s'agit de faire le galant homme, il n'hésite pas à proclamer les devoirs paternels et maternels comme étant les plus précieux et les plus honorables. Que n'a-t-il pas dit qui ne soit agréable, touchant et flatteur pour les enfants de la surintendante Foucquet?
Lorsqu'il écrit au Dauphin, c'est pour le prier de prendre le plus grand soin du jeune duc de Bourgogne, son fils.
Sur cet enfant, ayez toujours les yeux,
Plus digne soin n'est pour vous sur la terre '.
Comme toutes les natures timides, La Fontaine sait mieux flatter de loin que de près. Par la parole il se trouve toujours embarrassé ; il ne peut se défaire de sa gaucherie. De loin, au contraire, avec sa plume, il manie fort bien la flatterie.