‹ La fontaineChapitre 18 sur 123 · T. IX. p. 238-239 : Lellre à sa femme · texte numérisé non relu

T. IX. p. 238-239 : Lellre à sa femme

qui a l'air si iriste et si mélancolique ! Qui nous apprend la cause de sa mélancolie, si ce n'est La Fontaine? il faut à « Mignon » une caniusette. Nous n'en finirions pas de sitôt, si nous A'oulions citer tous les cas où le poète pense de la sorte.

En deuxième lieu, il se complaît, de temps à autre, à prophétiser. Mais n'en rions pas, car ce n'est pas en dilettante qu'il exerce ainsi son esprit; ce n'est pas non plus uniquement pour plaire, ni pour faire le courtisan : il prend son rôle au sérieux.

Et pourtant, il n'aime ni les devins, ni les faiseurs d'horoscope. Cela ne l'empêche pas de se plaire parfois à tirer gentiment « la bonne aventure » de quelques-uns de ses contemporains.

Ainsi il s'efforce, dans une « pétillante » poésie, de prédire l'avenir du plus jeune fils de la surintendante Foucquet. Du reste, en cela, il ne risque pas de se tromper. Si cet enfant a le talent de son père, les qualités de sa mère, s'il travaille, plus tard, et s'il est toujours sage, il sera « quelqu'un ». Mais comme tous les parfaits devins, le })oète s'autorise, lorsqu'il prophétise, de l'autorité de certains personnages mystérieux ; sa prophétie est inspirée d'en haut ; il n'est qu'un instrument do transmission :

Quelqu'un m'a dit qu'il sera du conseil, Sans y manquer, du Dauphin qui va naître;

Et remplira, selon son horoscope, Tous les éclios qui sont dans l'univers'.

Cet enfant fera toute sorte de choses grandioses. N'ost-

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