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CHAPITRE III

I. Son imagination. — Jean de la Fontaine n'est pas un homme qui puisse, purementet simplement, se contenter d'idées abstraites. Bien qu'il soit on un certain sens un psychologue, il aime à traduire d'une manière saisissante tous les faits psychiques qu'il a observés. Il faut avant tout qu'il rende concret ce qui est abstrait et visible ce qui est invisible. Il s'efforce aussi de vivifier ce qui est inerte, ce qui ne parle pas. Puisque, par exemple, les plantes respirent, se nourrissent, elles méritent d'être animées, de devenir parlantes ^

Tout parle dans l'univers;

Il n'est rien qui nait sou langage 2.

Les idées abstraites qu'émettent, toutes nues pour ainsi dire, les philosophes ne sauraient le satisfaire. « Concréter », rendre objectif, telle est bien une des tendances les plus fortes de son imagination.

1. T. I, p. 130": liv. II, fable I, Contre ceux qui ont le rjoût difficile.

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