Le Paijsan du Danube, loc. cil
3. Le Karelieref le Financier, t. II. ].. 21', f.iide II liv. VIII.
SON DIAniiNATIOX. — SA METHODE. — SA LANGEE 55
Mais le deuxième personnage n'est pas loin ; il demeure à cùté dans un somptueux appartement ; c'est un financier. Celui-ci est d'autant plus malheureux qu'il est plus riche. Aussi la joie qui liahite, en quelque sorte, chez son voisin, lui fend le conu' ; nous allons connaître le financier :
Son voisin, au contraire, t'tant tout cousu d'or, Chantait peu, dormait moins encor :
C'était un homme de finance.
Nous pourrions multiplier ainsi les exemples indéfiniment sans en tirer un nouveau profit.
Disons^nc simplement que l'action des petits drames du fabuliste se déroule toujours prestement.
Somme toute, son imagination est parfaite en ellemême, chaque fois qu'elle s'exerce à propos d'actions simples et courtes. L'entrée en matière et le dénouement sont toujours, dans ce cas, des chefs-d'œuvre du genre. En outre, cette imagination s'aide, avec beaucoup de goîrt,jd'une langue précise, quoique imagée. La Fontaine possède, sans conteste, à un degré éminent, le sens du mot juste et adéquat, du mot adapté, dirions-nous aujourd'hui.
Il est naturellement lyrique, émouvant et tendre. C'est sans efi'ort qu'il crée des métaphores et des images, qui font notre admiration. Passons aux exemples.
A-t-il à dépeindre un adolescent, qui sera un adulte d'ici peu de temps, il emploie une image touchante,
A peine son menton d'un mol duvet s'omlirage '. 1. T. p. 2:J9 : Poème d".U/o/(/s.
Et ces deux vieillards, qui n'ont, pour tout soutien, comme unique consolation, qu'un jeune adolescent, ne nous deviennent-ils pas sympathiques, dès que La Fontaine les a dépeints ?
un appui de roseaux
Soulageait leurs vieux aus '.
Lorsqu'il décrit la somptueuse campagne de Vaux, son enthousiasme est à son comble. Tout y est sublime et merveilleux. Son hTisme atteint ici son apogée :
Fontaines, jaillissez ;
Herbe tendre, croissez
F.e long de ces rivages;
Venez, petits oiseaux,
Accorder vos ramages,
Au doux bruit de leurs eaux 2.
Les animaux, qui dans l'espèce, recèlent toujours les travers dos hommes, ont trouvé, dans son œuvre, les appellations les plus heureuses. L'invention de La Fontaine se décèle jusque dans les moindres détails.
Voici, l'âne le « pelé galeux » ; le lion eu fureur qui, de rage et de douleur a frémit, grince des dents », pendant que passe d'un pas léger le vieux hôte des bois, << renard fin, subtil et matois ».
Et maître corbeau, madame la belette, compère le loup, ne nous deviennent-ils pas familiers, dès qu'il nous les a ainsi nommés ?
Cet homme s'en va chancelant : il est « plein du jus de la treille ». X'a-t-il pas laissé ses sens « au fond d'une