COMMÉMORATION DE DENAIN
Il y a eu deux cents ans le 24 juillet 19 12 que Villars, ayant battu le prince Eugène sous les murs de Denain, délivra la Flandre et sauva Paris de l'occupation étrangère.
L'anniversaire d'une de nos plus grandes victoires devrait donc être fêté dans tout le pays, et par l'Etat français le premier, s'il en existait un. Mais bien loin de là, les fêtes de Denain auront un caractère municipal, et il est d'ailleurs naturel qu'en la vacance du pouvoir la vieille Commune française sauve la face et l'honneur.
C'est la force de l'esprit qui fait le grand artiste comme, par contre, la déliquescence intellectuelle constitue un obstacle presque insurmontable à l'appréhension de la beauté.
La monarchie, en constituant un noyau d'organes éminents du salut public, constamment et uniquement inspirés et mus par la passion patriotique et l'intérêt de la dynastie, oppose à l'activité des particuliers des limites qui bornent aussi leur vue. Théoriquement, au contraire, une République ne défend aucune ambition à personne ; un particulier ou un groupe de particuliers sont fondés à tout prétendre : toutes les influences, tous les talents, partent à égalité. Des catholiques, absorbés par le souci de la prépondérance, nous
g lé DÉFINITIONS
ne disons pas de la religion ai du clergé, mais des catholiques en France, purent donc très bien estimer ce régime plus favorable qu'aucun autre à des ambitions qui se recommandaient de l'intérêt de Dieu. Ce fut la
grande erreur Initiale du Sillon, Maurras l'a dit, on rêva d'une théocratie. L'historien politique verra entre les ordres de Rome et le point de vue de nos catholiques français plus d'une divergence. Léon XIII put penser que si ce n'est pas à la papauté de restaurer en France la monarchie et s'il faut bien vivre à l'Eglise, la république, régime des partis, la soumet à ce dilemme d'être temporellement très puissante (sinon toute puissante) ou bien dépossédée même de sa juste influence sur la société. La monarchie est une paix vivante : elle souffre des partages, des tempéraments. Par définition, la république les exclut : avec elle, c'est tout ou rien.
Contre la pensée de Rousseau, c'est tout le positivisme qui proteste. Nous demandons simplement aux glorificateurs de Rousseau, lorsque, gravissant la pente du boulevard Saint-Michel, ils passeront à hauteur de la petite place de la Sorbonne, de tourner la tête vers le monument d'Auguste Comte. Alors, s'il se trouve parmi eux un seul honnête homme, il rebroussera chemin. Un peu avant lui, nous n'avons pas fait autre chose.
L'imagination n'est pas la faculté la moins indispensable pour bien conter le vrai.
Tout grand style est le signe d'une liberté.