PniLiPPSON, I, pp. 14, n
Au début du xviii^ siècle, sous Frédéric-Guillaume I*', comme la noblesse ne recherche pas assez au gré du roi le service militaire dont les rigueurs sont pesantes, le souverain exerce une véritable presse : bon gré mal gré, il faut que les tils de famille aillent à l'armée, où l'on manque d'officiers \
Jamais, peut-être, l'intervention jalouse de l'État Providence dans tous les domaines de la vie publique ou privée, n'a étouffé et bridé à ce point les initiatives -. Même ces propriétaires à peu près libres de la Prusse orientale, qu'on appelle \esKôùner, sont soumis, dans leurs procédés de culture, à l'intervention la plus oppressive. Le progrès s'opère sous l'œil des dragons que le roi envoie surveiller la plantation des pommes de terre '. Frédéric II ne veut point que ses sujets boivent de café, de crainte que le numéraire ne sorte du pays. Il les incite, sans succès d'ailleurs, à remplacer le café par la Biersuppe \
Dans ces régions situées encore aux limites de la civilisation, sur ces vastes plaines sableuses, sur ces territoires slaves ravagés si souvent par les longues guerres de l'Etat prussien, l'œuvre de la civilisation, maintes fois interrompue ou détruite, est sans cesse à reprendre. Frédéric II a fort à faire avec ses Obotrites et ses Luitizes — comme il écrit, en raillant, à Voltaire — ; surtout avec les demi-barbares de la Prusse occidentale, auxquels l'administration a charge d'enseigner à se vêtir et à se tenir propres \ Lui et ses prédécesseurs ont à peupler, à coloniser, à repeupler plus d'une fois des territoires déserts, et,
\. Lehnann, Scliarnhorst, II, pp. 57, 58. — Le Junker lui-même reçoit i\ l'annéedes coups de plat de sabre, Marwitz, I, p. 46. — Lehmann, Scliarnhorst^ H, p. 117. — Theitschke, I, p. 42.
2. Voir le rt-f,'iemcnt de Frédéric-Guillaume I" sur le déjeuner du directoire général lorsi|uc les séances se prolongent. Bou^mak, II, p. 61 — « Jedoi per.iiinliche Hehafjr isl unn-hilUich dem Staal.tzwecke çjcopfert. » Pnu,iPPSON, 1, p. 17. — Sous Frédéric-Guillaume il, on propose l'intervention de la police pour remédier à l'élévation du prix de la main-d'uuivre. Piui.U'i'so\, 11, p. ISl. — Voir, StatiKi.MANM, l'uhl. nus den k. pr. Slattlsttrcliiven, XXV, p. 110, la juslilication du système par Hos('lier : système rigoureux, sans doute, dit-il, mais nécessaire |>our faire d'une nation misérable connue la l'russc, une grande puissaïu^c euro|)éenne.
3. Theitschke, I, p. 76. — Stadei-mann, l'uhl. ans den k. pr. Staat.inrchivi'n, II, pp. 133, l.Ul, 13S). — La chambre provinciale de Hronil)erg, en 17S1, chargée de veiller k ce <pie les paysans mettent sunisammcnl d'engrais sur leurs champs. Stadklmam^, I'ii/jI. nus den k. pr. Staalsarchiven, XI, |i. 70.