‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 15 sur 570 · L'ÉTAT OLIGARCHIQUE. M · texte numérisé non relu

L'ÉTAT OLIGARCHIQUE. M

ment la force de l'aristocratie, c'est l'organisation financière \ L'Électeur dispose bien de quelques ressources, il a les droits régaliens, il a les revenus des domaines, revenus fort maigres, car l'administration en laisse beaucoup à désirer. Mais ces ressources sont absorbées par les frais de l'administration courante et les dépenses de la Cour, frais auxquels elles sufliseiit à peine à faire face *. Dès qu'il veut mettre sur pied la moindre force militaire, il est à la merci des Ëlats '. Il lui faut des autorisations, il lui faut des subsides; ces subsides ne sont jamais accordés qu'après des luttes sans fin et pour un temps très limité. Ils sont d'ailleurs couverts h l'aide d'impôts, consentis, répartis et perçus par l'oligarchie et qui souvent ne rentrent point. La plupart du temps, l'Électeur emprunte à la noblesse de la province et lui concède, pour l'amortissement des emprunts qu'elle administre sans contrôle, le droit de lever des impôts spéciaux *. L'histoire de ce temps porte à chaque pas la trace de l'incapacité, de l'étroitcsse de ces petits gouvernements aristocratiques, qui représentaient la dernière transformation du régime féodal '. Non seulement l'esprit provincial, la tendance à l'isolement, les domine; mais, même dans le cercle étroit où ils se renferment, on ne voit jamais percer chez eux la notion de l'intérêt général des collectivités qu'ils sont censés représenter, et qu'en réalité ils exploitent. Les pouvoirs que nos idées modernes accordent à l'État, lui sont attribués pour remplir une mission d'intérêt général. Les pouvoirs, beaucoup plus arbitraires, beaucoup moins contrôlés, que s'est attribués l'aristocratie dans ces petites oligarchies, elle les exerce exclusivement au profit de la caste et des individus '. Lorsqu'elle sent menacé le sort de la confession religieuse à laquelle elle s'est rattachée \ elle se décide parfois à quelques efforts, à quelques sacrifices. Ailleurs, c'est l'intérêt de la sécurité personnelle directement atteinte

1. Dkoysen, I, II, pp. 28, 41. — IsAACsoiiN, p. 153. — Bobmiak, I, p. 115.

2. RoitNHAK : die Éntwicklung der sâchsischen Amtverfassung. {Preuszische Jahrfjiicltcr, vol. LVI), p. 129. — Bohmiak, Geschichle des preussischen Verwaltungsrechts, I, p. 209.

3. Droysen, III. II, p. 18. — BoRNHAK, I, pp. 223, 231, 298, 325, 408.

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