‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 278 sur 570 · Ranke, Hardenberg, 111, p · texte numérisé non relu

Ranke, Hardenberg, 111, p

'iiîî. LES ORIGINES DU PARTI NATIONAL.

le signe manifeste que Frédéric-Guillaume III tenait encore à cette politique alors que la nation commençait à la juger.

Le roi avait, dans ses lettres du 15 et du 18 octobre *, demandé la paix à Napoléon. Il lui avait envoyé Lucchesini -. L'Empereur voulait, avant tout, recueillir les fruits d'une victoire dont il ne pouvait encore mesurer l'étendue. Néanmoins, le 22 octobre au soir ', à Wittenberg, Duroc apportait à Lucchesini les conditions de paix de l'Empereur : la Prusse devait être limitée à la frontière de l'Elbe, conserver Magdebourg, payer une contribution de guerre de 100 millions de francs, et abandonner l'Alleningne entière à l'inlluence française.

Lucchesini lui-même hésitait à accepter *, et Duroc ajoutait ^ que l'Empereur ne désirait point la paix, qu'il était fort irrité contre les Russes, qu'il voulait les réduire, et que les conditions de paix ne seraient maintenues qu'autant que de nouveaux succès ne viendraient point modifier la situation ®. On pouvait deviner ce que signifiait ce langage dans les habitudes de la diplomatie napoléonienne. Lucchesini, n'osant consentir, écrivait le 25 au roi, lui demandait des instructions et l'autorisation de conclure ^ Les Français semblaient chercher surtout à gagner du temps *.

Frédéric-Guillaume lll avait cependant adressé, le 26°, à Napoléon, une nouvelle lettre du môme style que les premières; le retour même de Lucchesini n'avait point sufli à lui ouvrir les yeux. Tandis que le parti de la résistance voyait dans les exigences de Napoléon un motif de plus de faire les derniers efforts, le parti de la i)aix, au contraire, voulait qu'on acceptât et qu'on acceptât de suite, alin de ne pas laisser au vainqueur le temps d'accroître ses exigences. Beyme, lui-

1. Hankk, Uardenberrj, III, pp. 209-210. — Hakissem, III, p. 45.

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