Surtout une force militaire, Ranke, I-II, p
lopper à l'intérieur la prospérité matérielle * par les travaux publics. par la tolérance qui appelait en Prusse les persécutés de tous les pays *, par ces colonisations qui ont contribué dans une large mesure à peupler le nouveau royaume. Il avait fait plus : il avait affranchi son pouvoir politique et son action extérieure de tout contrôle. Les historiens nationaux de la Prusse ont flétri avec une passion rétrospective, mais vivace, l'organisation oligarchiqtie qui dominait en Allemagne au xvii^ et au xviii" siècle. Pour eux ce fut la mission essentielle de la Prusse de substituer à l'État oligarchique, l'État moderne ^ à ce qu'ils appellent l'État territorial, l'État national ^. Ils hésitent parfois entre le désir de ne point isoler la Prusse du mouvement général de l'Allemagne ^, et le désir d'affirmer la supériorité que lui assurait sa nouvelle organisation politique *. Mais c'est bien celte dernière impression qui domine, et il faut s'y arrêter. La Prusse â montré, au sein de l'Allemagne morcelée et impuissante des deux derniers siècles, une vitalité politique particulière, une capacité exceptionnelle à réaliser l'idée d'État '. Ce n'est point sans raison que l'école historique prussienne a cherché dans cette phase obscure de son histoire intérieure, l'explication et le germe du développement éclatant et rapide dont son histoire extérieure a plus tard offert le spectacle. La révolution effectuée dans la première moitié du règne de Frédéric-Guillaume détermina le sort futur de la Prusse. Elle lui assura, au sein de l'Allemagne, une situation à part, une prépondérance incontestée, et, bientôt après, une puissance d'absorption irrésistible *.
1. Droysen, III, m, p. 186; V, m, p. 14, sous Frédéric II, V, ui, p. 34.
2. DiioYSKN, III, p. ISii; V, m, p. H. — Voir cependant, sur la tolérance du Grand Klcetcur, son tcslamenl politique. Rankk, I-II,p. tlOl. — Puilu'pso.n, I, p. 3"0.