Ranke, Hardenberg, III, p
10. Ranke, Hardenberg. III, p. 522. Voir également Schiaden, ibid., p. 538. — ^i« den Papieren Schon's, II, p. 11. -- Haeusser, III, pp. 107-108. — Schladbn, Tagebuch.
Ces craintes étaient toutefois sans fondement. Plus la Prusse était réduite à ses propres ressources, plus elle dut se convaincre rapidemenl qu'elle n'avait à attendre son salut que d'elle-même. Napoléon commit, à son égard, une erreur de calcul manifeste *. Erreur de calcul qui lui était imposée * par le caractère exorbitant de ses conceptions et de ses projets européens, qui provenait, en tout cas, d'une méconnaissance voulue et complète des liens moraux, souvent indéfinissables, qui font la nationalité des peuples.
Le traitement infligé à la Prusse devait entraîner nécessairement à la rébellion un peuple assez formé déjà, par son bistoire antérieure, pour ne pas accepter, sans résistance, le sort des États de la Confédération du Rhin. En pourchassant avec une rigueur qui trahissait des préoccupations inconscientes, en froissant de toutes façons la nationalité prussienne, l'Empereur ne fit que hâter le moment où elle prit conscience d'elle-même '. Il niait volontiers les puissances morales et semblait porté à les personnifier, à les matérialiser, à croire qu'il les supprimerait, en écartant les personnalités ou les obstacles matériels qu'elles faisaient surgir. C'est ainsi qu'il lui plut d'attribuer à Hardenberg cette résistance latente, impuissante sans doute, mais cependant inquiétante, qui s'était révélée à lui dans le rejet de l'armistice de Charlottenbourg et des propositions de paix séparée, au mois de février 1807. Plutôt que de négocier avec Hardenberg, il aimerait mieux, disait-il, faire la guerre pendant quarante années *.
11 notifia, dès l'entrevue sur le radeau de la Meniel •"*, ses volontés formelles sur ce point à Frédéric-Guillaume, et, comme le roi de Prusse insistait sur les difdcultés qu'il éprouverait pour trouver un ministre : « Prenez », lui dit Napoléon ®, « Schulenburi;-, Zastrow ou
1. Voir le raisonnement qu'il lient lui-môme à Kaickrculh. Ha.nkk, //flrrfe/iAe///, III, p. in, son projet de prendre la Silésie, p. 500.