‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 351 sur 570 · Hanke, Hardenberg, 111, p · texte numérisé non relu

Hanke, Hardenberg, 111, p

î). Ranke, Hardenberg, 111, p. 501. — Pehtz, I, p. 449.

Dès que la retraite de Hardenberg avait été connue, Stein était apparu * à tous les patriotes prussiens comme le seul homme qui fût en état, par ses défauts comme par ses qualités, par l'aprêté même de sou caractère, de faire face à la situation '. Il recevait de toutes parts, de la princesse Louise Radzivill ^, sœur du malheureux prince Louis-Ferdinand, de Finkenstein *, l'ambassadeur prussien à Vienne, de Niebuhr '. de bien d'autres encore ®, des lettres pressantes. On y sent percer l'anxiété d'une transformation nécessaire, la certitude que Stein seul a pour l'accomplir l'énergie voulue, la conviction que l'avenir même de la Prusse est attaché à sa décision. Il était à craindre que Stein ne refusât; les souvenirs du mois de janvier étaient encore bien proches; ils étaient certainement restés gravés dans un esprit qui n'était ni exempt de quelque aigreur, ni facile à l'oubli. Pour -Frédéric-Guillaume lui-même, le rappel de Stein était un cruel sacrifice d'amour-propre. Six mois à peine s'étaient écoulés depuis qu'il avait congédié celui qu'il considérait comme un ministre rebelle, en termes presque insultants, à la suite d'un conflit qui avait laissé dans l'esprit étroit et concentré du monarque ample matière à. griefs et à rancune \ Mais Frédéric-Guillaume, qu'on représentait alors comme un modèle de résignation ', était surtout une volonté désemparée', plus ({ue jamais incapable de faire prévaloir ses tendances dans le domaine des faits. Devant le sentiment général, la nécessité impérieuse, les instances de Hardenberg, il se résigna, après quelques hésitations, mais sans trop de diflicultés, au rappel de Stein. Dès le 10 juillet, Hardenberg put écrire, au nom du roi, à son successeur désigné *".

1. Aus den Papieren Schôn's, II, p. 5, AUenstein à Schôn. — Zu Schulz tmd Truli am Grabe Schën's, pp. 156, 157, 160, 161, 162.

2. Pkhtz, I, p. 399, lellre de Niebuhr; ibid., p. 401; lettre de Niehiil\r, du 7 janvier 1807, ibid., p. 405; de Kunlh.du 8 janvier, ibid., p. 407; lettre d'Arnim, ibid., p. 411.

Page 1