‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 361 sur 570 · Aus den Papieren Schôn's, I, p · texte numérisé non relu

Aus den Papieren Schôn's, I, p

solide et scientifique, lui faisait défaut; il n'avait pas une conception claire de l'idée d'État, » — « Stein », écrit-il ailleurs, « me traitait d'idéaliste; s'il ne disait point métaphysicien, c'était par bienveillance pour moi et afin de ne pas employer de gros mots. Mais mon « esprit à système » lui était si désagréable qu'il s'en plaignit plus d'une fois à Hardenberg *. » Il fait allusion ailleurs aux passions antifrançaises de Stein, en expliquant comment il en vint à préparer l'ordonnance municipale du 19 novembre 1807. « Il suffisait », dit-il *, « que les Français n'eussent point alors de municipalités indépendantes pour que Stein cherchât le contre-pied.... Son esprit si vif et si pénétrant », ajoute-t-il ' dans un passage presque intraduisible, « lui permettait de s'assimiler facilement les idées; mais la préparation de l'homme d'État lui faisait défaut. Son éducation classique avait été superficielle; il était demeuré étranger à la philosophie de l'histoire. Il cherchait bien à donner à ses idées une base historique ; mais, en l'absence de toute culture philosophique, il traitait l'histoire comme une chronique. Malgré ses dispositions pour la philosophie, il avait contre elle une haine enracinée. En 1808, il n'avait rien lu de Goethe. Sur mes pressantes instances, il prit Faust, mais la puissante [)hilosophie et la haute poésie du livre lui échappèrent complètement *. »

Si Schôn rend, en somme, hommage à la valeur intellectuelle de Hardenberg et de Stein *, on sent, dans ses mémoires comme dans sa correspondance, à côté d'une tendance assez naturelle à s'attribuer le mérite de la réforme sociale, le dédain pour autrui et le sentiment de la supériorité.

La commission immédiate renfermait, avec SchOn, \m homme de haute valeur intellectuelle et de tendances assez différentes dont l'action n'y fut pas d'ailleurs des plus marquées : nous voulons parler de Niebuhr *.

i. Aiu de» Papieren Sciiftji's, I, pp. 11 «'l li'J.

2. Àut tien l'ufiieren Sciio.n'», I, p. 48. — Sur IVIoij^'iipnionl do Stein pour la Franrc «l In Itùvolnlion fraiivikisc. Skki.ey, l.ife and Timcx of'Slcin, I, pp. los, lii. — UKiiMAn». Scharnhoi'Mt, II, p. 31.

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