‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 42 sur 570 · FRÉDÉIIIG-GUILLAUME I" ET L'ÉTAT PRUSSIEN · texte numérisé non relu

FRÉDÉIIIG-GUILLAUME I" ET L'ÉTAT PRUSSIEN

Bayreuth, en témoignent, et Fôrster, le premier de ses historiens, a consacré la moitié de son histoire à des anecdotes, à des traits qui ne laissent aucun doute à ce sujet *.

Mais lorsque, plus récemment, l'histoire, allant au fond des choses, a cherché à saisir sur le vif les origines de l'organisation monarchique, lorsque l'école historique prussienne a cherché à laver la politique et la nation prussiennes du vernis déplaisant dont la couvrait le caractère légendaire de son second roi *, elle a trouvé sur tous les points les traces de l'activité féconde de Frédéric-Guillaume I". Les travaux de Ranke, de Droysen % de Schmoller *, les publications récentes extraites des Archives de l'État prussien ont donné de son rôle ^ dans la politique intérieure de la Prusse, de sa valeur, une impression qui ne détruit ® point la première, mais qui établit ce qu'elle avait d'incomplet. Il serait excessif de dire que leurs travaux aient réhabilité Frédéric-Guillaume \'*; ils ont du moins repris et remis en lumière les jugements qu'avaient portés sur lui, les juges les plus compétents ' : — Frédéric II d'abord, qui, malgré tout ce qu'il avait eu à souffrir de la violence de son père, était pénétré d'admiration pour son œuvre *; — puis, à la fin du siècle dernier, Schôn lui-même, qui, parlant du gouvernement intérieur de la Prusse, appelait Frédéric-Guillaume 1" ' le plus grand de ses rois.

le mouvement anli-prussien, au commencement du siècle, en Allemagne, par un représentant de l'écolo histori(iue prussienne. Dkoyskn, Geschichte der preussischen Politik, IV, iv. Zur Kritik der Quellen. Die Markç/rdfin von Baireuth, pp. 33-36.

1. ScHMOLLEK, Imiere Venoalluiuj iinter Friedrick-Wilhelm l. [Preussische Jahrbilcher, XXV, p. 576.). Voir les jugements de Foebsteh, Roedenbicck, Schlosser, Pehthes, BiEDERMANN, Stenzel ; la sévérité de l'école libérale allemande.

2. Treitschke, 1, p. il. — Stadelmann, Pufjl. aus den k. p?; Slaatsarcfi., II, p. v, 30. — RosciiER, Geschichte der National-Oeknnomie , p. 361. — Bornhak, II, p. 3.

3. Droysen, IV, u, 1; V, 3, p. 6-12. — Voir la critique des travaux de Ranke et de Droysen par Schmoller (Prewisische JahràUchei; XXV, p. 570). — Bohhhak, II, p. 3.

4. Schmoller {Preuss. Jahrbûcher, XXVI, p. 16). Voir la critique et la nomenclature complète des travaux de Schmoller {Histurische ZeUschrift, LVII, pp. 487-497).

5. Ebenbûrtig der Siein-Hardenbergschen. Schmoller {Preuss. Jahrbûcher, XXVI, p. 11).

6. Schmoller (Preiiss. Jahrbûcher, XXV, p. 576). — Bornhak, II, p. 3.

7. Stadelmann, Publ. aus den k. pr. Staatsarch., Il, p. v; XI, p. 8.

8. Droysen, V, ui, p. 12. — Schmoller, die Enlslehung des preuss. Heeres {Deutsche Rundftchau, XII, 1877, p. 264). — Schmoller, Innere Verwalliing unter F.-W. I. {Preuss. Jahrbûcher, XXV, p. 576.) — Stadelmann, Publ. aus den k. pr. SI. archiven, II, p. 8.

9. « ... Preussen's grôszie Innere Kônig », dit Schôn. — Voir Ernst Meier, Die Reform der Verwalluiigs-organisationunter Steinund Hardenberg,p. H. — Schmoller {Preuss. Jahrbûcher, XXVI, p. 16). — Stadelmann, Publ. aus den k.pr. StaatS' arch., II, p. 2. — Treitschke, I, p. 282.

Il avait trouvé, après la mort du premier roi, son prédécesseur, les domaines désorganisés ', l'administration dans l'indiscipline et la confusion, les finances en déroute, les ressources de l'Etat prodiguées en dépenses de luxe, les troupes engagées au loin dans des entreprises qui avaient plus d'intérêt pour l'Autriche que pour la Prusse, tandis que les Russes, les Suédois, les Polonais, les Saxons traversaient le territoire des Marches sans même s'y faire autoriser *.

11 n'avait pas seulement, ce qui resta la part la plus connue de son œuvre, transformé ^, perfectionné, étendu l'organisation militaire créée par son aïeul le Grand Électeur; il avait rétabli l'ordre dans l'administration *, et dans les finances, par une économie, par une simplicité de vie légendaires; il avait, en modifiant l'organisation municipale, achevé de réduire les patriciats urbains des grandes communes; il avait accompli celle œuvre vraiment extraordinaire de colonisation, qu'on appelle le rétablissement de la Prusse orientale, et qui repeupla une province à moitié déserte; il avait surtout formé de ses mains l'administration centrale ^ et l'administration provinciale.

Ces notes heurtées, bizarres, sans orthographe *, ces phrases à peine construites, bourrées de loculions françaises, indéchiffrables, courtes et brutales, dont il ornait les marges des rapports (|iii lui étaient soumis, avaient fait partout sentir l'effet d'un esprit d'organisation de premier ordre '. Par un lent et persévérant travail, il avait complété l'œuvre du Grand Électeur, perfectionné l'instrument dont on put mesurer la valeur aux succès de Frédéric II *. Ainsi s'était déve-

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