TiKiTftciiKK, 1, p. 270. — Haeuhskm, 111, p
PICHTE ET SGHLEIERMACHER. 461
« Ainsi », écrit E. M. Arndt *, « arriva le jour où tous les sentiments, toutes les opinions, tous les préjugés disparurent dans le grand cataclysme. Ce que l'Empereur et les rois avaient abandonné et perdu, il fallut enfin que le dernier des citoyens y renonçât à son tour.... Ce fut lorsque l'Autriche et la Prusse eurent succombé dans les combats, que mon cœur se prit à les aimer, elles et l'Allemagne, d'un amour véritable, et à haïr les Welches de toute la passion concentrée d'une haine profonde. C'est lorsque l'Allemagne en vint, par ses divisions, à n'être plus qu'un néant, que mon cœur embrassa son unité. »
Et, chez Fichte *, la transformation n'est pas moins éclatante. S'il avait toujours eu une préoccupation plus marquée des événements contemporains, des questions politiques, il semblait encore en 1805', en matière de patriotisme, un disciple de Lessing. « Je le demande encore », écrit-il alors, « quelle est la patrie d'un Européen chrétien vraiment civilisé? d'une façon générale c'est l'Europe; en particulier, à chaque époque, c'est l'État qui se trouve à la tète de la civilisation. » C'est le même homme qui, deux ans * plus tard à peine, confond dans l'analyse d'une philosophie transcendante, le cosmopolitisme et le patriotisme ', assure, pour ménager les transitions, que c'est l'humanité qu'on aime et qu'on sert, en aimant et en servant sa patrie, et devient l'un des apôtres les plus ardents du patriotisme allemand et de la guerre d'indépendance. Non seulement, renonçant aux spéculations de la philosophie pure, il brave dans ses discours à la nation allemande, à Berlin même, en 1807 et 1808, la censure française, faisant la théorie du patriotisme avec la môme profondeur, avec la même puissance de généralisation philosophique avec laquelle Herder et Lessing lui avaient refusé toute justification quelques années auparavant *; mais, apportant dans ses déductions la violence la plus extrême, il déclare que l'Allemagne est la nation par excellence, que seule l'Allemagne peut concevoir le