LE NOUVEAU MINISTÈRE
Dans la constitution du nouveau ministère, le roi s'était décidé à suivre les conseils de Hardenberg*, de préférence à ceux de Stein, et la solution, à laquelle il s'arrêta, n'était faite pour satisfaire, ni le parti de la réaction conservatrice, ni le parti patriotique. Goltz, qui demeurait ministre, annonçait à Vosz, qui ne le devenait pas, que l'on écartait « les boute-feux qui menaçaient de faire un tort irréparable »; il lui faisait savoir, en même temps, que le choix des personnes serait fait sur les indications du baron de Stein, en faisant tomber ce choix sur des personnes connues par un esprit de modération, de calme et de mesure.
La politique de réformes intérieures n'était pas abandonnée '. Plus d'un des projets élaborés sous la direction de Stein, l'ordonnance sur l'administration provinciale, l'ordonnance sur la réorganisation de l'administration centrale, furent signés et devinrent définitifs sous le ministère de ses successeurs.
Scharnhorst ^ enfin demeurait, malgré les tentatives désespérées dirigées contre lui *. Kalckreuth, Zastrow, Lottum, Kôckeritz, York, tout le parti de l'ancienne armée avaient espéré le voir disparaître en même temps que Stein, et, de fait, il sembla un instant que leurs efforts aboutiraient. Ils accusèrent Scharnhorst, à propos d'un ordre qu'il avait donné sans consulter Frédéric-Guillaume III, d'empiéter sur la prérogative royale, et réussirent à intéresser l'amour-propre du roi. Ils voulurent en profiter pour faire rentrer au service quelques-uns des vieux généraux que Scharnhorst avait écartés et pour désorganiser le personnel nouveau qu'il avait constitué. Le ministre donna sa démission. Dans une lettre ambiguë où il distribuait impartialement les reproches à tout le monde, Frédéric-Guillaume III refusa de l'accepter, et Scharnhorst subit, sans insister, ce nouveau témoignage de l'incapacité morose du roi ".
Feldmarschall's von Boybn, I, p. 333. — ■ Aus den Papiereii Sciions, II, p. 60, clans une note écrite le 29 déc. 1808. — Zu Schtilz und Triilz am Grabe Sc/iôn's, p. 160. — Hakusser, III, p. 214. — Il paraît bien difllcile d'admettre que le roi ait subi, avec un regret marqué, la retraite de Stein comme l'indiquent Pektz, II, p. 282; ÏKEiTscHKE, I, p. 32'i, ct Scîiion lui-même dans un passage écrit beaucoup plus lard. Aus den Papieren Schôx's, I, p. 5G.