BORNHAK, II. n
Cette constitution, qui ne laissait en dehors d'elle que les grandes villes, les villes immédiates, et qui embrassait le pays plat, c'està-dire la presque totalité du territoire, s'était formée spontanément dans les provinces centrales, dans les Marches, en Poméranie, à Magdebourg. Elle répondait si bien aux conditions d'existence du nouvel État qu'elle s'étendit, dans le cours du xviii^ siècle, au reste du royaume'. A Clèves-Mark*, où le pouvoir monarchique n'avait eu qu'à mettre la main sur une organisation administrative toute faite, dans la Prusse orientale, où l'aristocratie très individualiste n'était point arrivée à ce degré d'organisation que supposait la constitution du cercle, le pouvoir monarchique n'avait point trouvé le contrepoids des assemblées de cercle. A Clèves, ces assemblées, qui se constituèrent dans la seconde moitié du xvii* siècle, prirent un caractère différent ', surtout un caractère moins aristocratique : les propriétaires non nobles, les paysans y étaient représentés. Dans le duché de Prusse^ l'administration conserva toujours *, grâce au point de départ différent, un caractère de centralisation plus accusé ^.
Lorsque la Silésie fut annexée à la Prusse, Frédéric II y transporta tout d'une pièce l'organisation administrative des Marches . Cette transplantation* montre d'une façon saisissante l'avance' que la Prusse avait prise sur le reste de l'Allemagne depuis que le Grand Électeur y avait jeté les premiers fondements de la souveraineté moderne. Moins de cent ans après les luttes soutenues par l'électeur Frédéric-Gnillaiime contre l'oligarchie de ses provinces, Frédéric II, maître de la Silésie, incorporait à la Prusse un territoire considérable où, sous la domination de l'Autriche, la constitution oligarchique s'était maintenue *. Le roi de Prusse paraît avoir eu, au début, l'intention de la respecter. Il y renouai en tout cas bien vile °. L'esprit de résistance aveugle de l'oligarchie aux efforts, aux sacrillces qu'exige TÉlal moderne, l'incapacité d'une administration llnancière qui épui-
i. ISAACS.MI.N, m, pp. 272, 318. — liOBMlAk, 11, p. 1S7.