‹ La formation du radicalisme philosophique (volume 2)Chapitre 22 sur 186 · PARESSE DE BENTUAM A PUBLIER · texte numérisé non relu

PARESSE DE BENTUAM A PUBLIER

race le plan du Panopticony la prison modèle, à Fadop* ion de laquelle il va consacrer plus de vingt ans d'efbrts infructueux* Mais son grand ouvrage théorique ne >araît toujours pas. En vain son ami George Wilson 'avertit de la publication du livre de Paley : beaucoup les idées de Paley sur les peines sont identiques i celles que Wilson a toujours tenues pour les plus mportantes parmi les découvertes de Bentham... Sentham répond par des plaisanteries : c'est la faute de irViison et de ses critiques, s'il s'est abstenu de publier 'ouvrage. Wilson proteste : « La cause en est à votre naturel. Avec le dixième de votre génie, et un degré aïoyen de constance, Samuel et vous seriez l'un et .'autre, depuis longtemps, parvenus à la gloire. Mais ^otre histoire, depuis que je vous connais, a toujours îté de courir d'une bonne idée à une meilleure. Cepenlant, la vie se passe, et rien ne s'achève. » En 1788, kVilson revient à la charge : qui sait si Paley n'a pas )lagié Bentham? Des épreuves ne se sont-elles pas jgarées, celles, en particulier, que Bentham avait x>niiées, en 1781, à lord Ashburton *** ? Enfait, malgré e succès immédiat obtenu par le livre de Paley, nalgré la paresse et l'indifférence de Bentham qui se aisse gagner de vitesse, il semble qu'on peut deviner léjà pour quelles raisons profondes Bentham, et non ^aley, est appelé à devenir le chef de l'école utilitaire. Paley est un prêtre : d'où le fondement théologique |u'il donne à la morale de l'utilité. Or, le caractère théoogique de son utilitarisme, s'il rend plus facilement

acceptable son enseignement dans une Université officielle, lui interdit de devenir jamais ce que veut être Bentham : il lui manque Tintransigeance du révolutionnaire et du doctrinaire. Lorsque en 1772, la question de la subscriptiouy de l'adhésion obligatoire aux trenteneuf articles fondamentaux de l'Église Anglicane, agite rUniversité de Cambridge, et qu'une pétition se signe pour obtenir la suppression de cette formalité, Paley, malgré sa sympathie pour le parti libéral, se dérobe, alh'îguant plaisamment qu'il n'a pas de quoi se payer le luxe d'une conscience **^ Bentham prend plus au sérieux les questions de conscience : il se souviendra, toute sa vie, avec quelle horreur, lors de son temps d'étude à Oxford, il vit expulser cinq étudiants méthodistes pour crime d'iiérésic ; avec quelle horreur il se vit obligé d'adhérer publiquemenl, sans la foi, aux trente-neuf articles : les angoisses qu'il éprouva ce jour-là, il les compare à celles de Jésus crucifié**^. Paley a beau, critiquant la théorie du « sens moral », exprimer, en des termes très voisins de ceux qu'emploiera Bentham, sa crainicî « qu'un système de moralité, fondé sur des instincts, trouve des raisons et des excuses aux opinions et aux pratiques élablics*'^ » ; il est lui-même un conservateur, dont le système apporte une justification à peu près complète à toutes les institutions établies, judiciaires aussi bien (jue religieuses et politiques. Bentham, entré au barreau sur le désir d'un père ambitieux, y plaide à peine une ou deux fois; déjà, disciple d'IIelvelius et de Beccaria, il lui répugne de

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