‹ La formation du radicalisme philosophique (volume 2)Chapitre 6 sur 186 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

vingt-huit ans, publie son premier ouvrage, le Frag^ ment sur le Gouvernement, — 1832, c'est l'année de la réforme qui, pour la première fois en Angleterre, accorde aux dictricts industriels et, dans une certaine mesure, aux classes laborieuses, le bénéfice de l'électorat, et donne à l'opinion radicale la possibilité de s'exprimer et d'exercer une influence sur la législation nationale; mais c'est aussi l'année où meurt Jérémie Bentham, âgé de quatre-vingt-quatre ans, vénéré par un groupe de disciples comme un patriarche, un chef spirituel, presque un Dieu, dont James Mill serait le saint Paul. C'est, d'ailleurs, à la réforme théorique et pratique du droit que, de tout temps, Bentham s'est attaché; c'est en ces matières qu'il a été véritablement un inventeur. Si les réformateurs du régime économique et politique, et de la philosophie elle-même, finissent par reconnaître en Bentham un chef d'école, ce n'est pas que Bentham ait été, sur tous ces points, le principal ou le seul auteur des doctrines nouvelles ; il n'a inventé ni la loi de Malthus, ni la psychologie de Hartley; et, s'il a constitué la théorie utilitaire du radicalisme politique, il n'en a pas inventé le programme. Bien des individus, bien des circonstances ont collaboré à la formation du radicalisme philosophique. Quels individus? Quelles circonstances? Comment, aux environs de 1832, un grand nombre d'individus — les plus intelligents et les plus énergiques de leur gêné-

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ration — ont-ils été amenés à professer des <^ nions communes, une doctrine colleetiTe ? Et quel a été le rôle précis jiHié par Bentham dans la formation de l'école benthamique ? Ainsi prend une forme délinie le problème historique que nous essayons de résoudre.

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