VI INTRODUCTION
il fallait être radical pour être utilitaire (d'où la désignation de radicaux philosophiques), et que les adeptes de la morale de l'utilité étaient en même temps les théoriciens de la démocratie représentative et du suffrage universel? Mais, si l'on ne sait pas c^la, peut-on vraiment dire que l'on connaisse la morale utilitaire et le principe même de l'utilité ? Car ce qui érige une proposition en principe, c'est précisément la fécondité logique de cette proposition, le nombre dos conséquences qu'elle implique. Pour connaître vraiment le principe de l'utilité, il faut donc en connaître toutes les conséquences, toutes les applications juridiques, économiques et politiques. Nous essayons de rendre la connaissance de la morale utilitaire plus exacte en la rendant plus complète. Nous étudions Tutilitarisme intégral.
Or, pour étudier la doctrine à la fois dans son unité et dans toute s<i complexité, quelle méthode convient-il de choisir ? Pourrait-on, afin d'en simplifier l'exposition, supposer le radicalisme philosophiciue déjà constitué, et analyser l'ensemble des opinions philosophiques et sociales, théoriques et prati(|ues, qui pouvaient être celles d'un Stuarl Mill, aux environs de 4832? La méthode présente des inconvénients {graves. Suivant que l'exposition de la doctrine en mettrait mieux en lumière l'unité ou les contradictions, on nous soupçonnerait, dans le premier cas d'avoir employé,