Bowring, roi. X, p
4. Sur le caractère critique de cette période historiqae, v. en particulier Hartley, Observations on Man, conclusion.
5. C'est la différence qui sépare les Newtoniens d'avec les Cartésiens. Descartes croyait aussi k la possibilité de constituer une philosophie non spéculative mais active, qui mettrait au service de Thomme les forces de la nature ; mais si, dans son encyclopédie, il y a place pour une biologie, il n'y a pas place pour une sociologie ; pour une médecine scientifique, mais non pour une morale scientifique, pour une politique rationnelle.
6. Hobbes, avant le temps de Newton, emploie déjà la métaphore de la gravitation pour définir le déterminisme moral : « Fertur... unusquisque ad appetitionem ejus quod sibi bonum et ad fugam ejus quod sibi malnm est, maxima autem maximis malorum naturalium, quœ est mors : îdque necessitate quadam non minore, quam qua fertur lapis deorsum ». — Il y a dans le De Homine (chap. xii, 14) les éléments d'un calcul des biens et des maux : « Bona et Mala si comparentnr, Majas est (cœteris paribus) quod est diuturnius, ut totum parte. — Et quod (cœteris paribus) vehemenlius, ob eamdem causam. Differunt enim Magis et Minus ut
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Majus et Minus. — Et (cœleris paribus) qnod pluribus Bonum qaam quod paucioribus. Nain generalius et 8pccialius differunt ut Majus et Minus. — Bonum recipere, quam non perdidisse, Melius. Nam rectius œstimatur propter memoriam Mali. Itaque convalescere quam non decubuisse, Melius. > — Sur les trois premiers points, comparer les trois éléments durée, intensité j extension^ dans l'arithmétique morale de Bentham. — Sur le dernier, comparer les axiomes de pathologie mentale.
7. V. cef>endanl ( A'ss^iy concerninghuman undenlnndiny , Book I, ehap. m, § 6; : (lod having, by and inst^jKTrabU* œnnoxion, jorncd virtue and public happiness together, and made thc practice fhoreof necessary to the préservation of Society..., it is non wonder, that every one should not only allovv, but reconiniend and niagnify tlioso rulcs to others, from whose observance of tliem ho is suiv to reap advantage to himself. He may, oui of inteœst, as well as conviction, try iip that for sacred ; which if once. trauiplod on and profaned, lie himsolf cannot be safe nor secure. — Cf. Book II, chap. xx, ^2. — Mais LiK'ke ajoute aussitôt que ces observations n'enlÙNcnt rien « au caractèn* d'obligation morale et éternelle que ces règles prt'seutent é>idemment ».
8. C'est seulement en 1695 que Locke annonce à Molyneux dans ane lettre privée, quelques additions « relatives à la connexion des idées, qui n*a point, que je sache, été jusqu'à présent considérée, et qui a, je le soupçonne, une influence plus grande sur nos esprits, que Ton n*y prend garde habituellement ». C'est effectivement dans sa quatrième édition de rossai, parue en 1700, que se rencontre, pour la première fois, dans le titre d'un chapitre (Book II, chap. xxxiii,), le terme d'à association des idées». Locke est donc bien l'inventeur de l'expression ; mais la doctrine était plus définie et plus compréhensivc chez Hobbes. Quelques-unes de nos idées ont une correspondance et une connexion natureUes l'une avec l'autre. Mais, à côté de cette connexion naturelle, a il y a, nous dit Locke, une autre connexion des idées, qui est entièrement due au hasard et à la coutume ; des idées qui ne sont en elles-mêmes nullement apparentées, viennent à être si unies dans les esprits de certains, qu'il est très difficile de les séparer ; elles restent toujours en compagnie et Tune ne pénétre pas plus tôt dans l'entendement que son associée apparaît avec elle, et, si elles sont plus de deux à être ainsi unies, toute la suite (gang), toujours inséparable, apparaît ensemble o. Bref, Locke ne se sert du principe de l'association des idées que pour expliquer la ténacité de certaines erreurs.
9. An Essay on the Origin of Evii, by Dr. William King, late Archbishop of Dublin. Translated from tbc Latin, with notes; Siiid a dissertation concerning thePrinciple and Crilerion of Virtue and the Origin ofthe Passions, by Edmund Law, M.A. Pellow of Christ Collège in Cambridge, London, 1730 ; 2d cd., 173:2 (le nom de Gay ne paraît pas dans le titre).
.10. Selon Gay, <r notre approbation de la moralité et toutes les affections sans exception, se réduisent finalement à des indications de la raison rela-
tites au bonheur privé, et ne se rapportent qu'à des choses qui sont conçues comme des moyens tendant à cette fin ; la vertu, c'est « la conformité à une règle de vie, qui dirige les actions de toutes les créatures rationnelles en ce qui concerne leur bonheur réciproque : conformité à laquelle tous sont obligés dans tous les cas ». Le bonheur, c'est « la somme des plaisirs ». ^obligation, c'est, par une conséquence de cette définition de la vertu, « la nécessité d'accomplir, ou de s'abstenir d'accomplir une action, en vue d'être heureux ».
11. Le problème à résoudre est de savoir pourquoi tous les hommes n'ont pas conscience d'avoir le bonheur pour fin unique de toutes lears actions, mais se croient animés de passions diverses, ayant toutes des objets distincts et irréductibles. Gay répond : « D'abord nous percevons ou imaginons quelque bien réel, c'est-à-dire une aptitude à promouvoir notre bonheur, dans les choses que "nous aimons et qne nous approuvons. Noos prenons par suite du plaisir à ces choses ; et l'idée de ces choses est à ce point attachée et associée dans nos esprits à l'idée du plaisir que l'une ne peut se présenter sans que l'autre soit aussi suscitée. Et Vassociation demeure mémo après que ce qui forma d'abord la connexion est tout à fait oublié, ou peut-être a cessé d'exister, et a été remplacé par son contraire^. Ainsi s'expliquent, par des complications diverses d'une passion unique, l'avarice, l'amour, la vengeance. Ainsi s'explique non seulement l'exagération, en intensité et en durée, de nos passions, mais encore leur transfert à des objets impropres, les illusions de la passion. L'association des idées rend donc également compte, dans la théorie des passions, du normal, et de l'anormal. Son ioflucnce apparaît plus considérable encore, fait observer Gay, si l'un tient compte, à côté des associations dont nous sommes les auteurs, de celles que nous apprenons d'autrui, et qui naissent de l'éducation.
li. Observations on Man^ his frame, his duly^ and his expectcUians, — Hartiey est encore l'auteur d'un opuscule intitulé : Conjedurœ quœdam de sensu, motu et idearum generatione (publié dans Parr's Metaphysical Tracts, 1837), appendice à un traité de médecine, où, « sous forme de démonstrations mathématiques (eo quod hœc forma commodissima videatur ad rerum discuticndarum vim et mentem rite assequendum), il développe la même doctrine. Ses « conjectures » sont, dit-il, empruntées « ex bac Theoria, qualis ab Anatomicis et Mcdicis jam elaborata est, collata cum ils, qu£ Newlonius deVibrationibus per Animalium cerebra propagatis, Lockius autem, et post eum alii Yiri célèbres, de Associationis in mentem humanam vi, tradidere». Il compte sur sa doctrine : l** pour développer la connaissance du système nerveux ; 2* pour expliquer les phénomènes /le la mémoire et de l'intelligence animale; 3* pour fonder la vraie logique; 4*> pour réformer la morale.
13. On Man, Part. I, chap. m, prop. LXXXMII. Natural philosophy... Its parts are mechanics, hydrostatics, pneumatics, optics, chemistry, tbe
théories of the several manual arts and tradcs, mcdicine and psychology or the theory of Ihc human mind, with that of the intellectual principles of brute animais.
14. On Man^ Part. I, chap. i : « La méthode qui convient pour philosopher semble être de découvrir et d'établir les lois générales de Faction qui affectent le sujet considéré en partant de certains phénomènes choisis, bien définis et bien vérifiés, et puis d'expliquer et de prédire les autres phénomènes par ces lois. C'est la méthode d'analyse et de synthèse recommandée et suivie par Sir isaae Ne^^ton ». — Hume, en raison, peut-^tre, de la singulière incertitude de sa position logique, semble, en même temps qu*ii se déclarait newtonien en psychologie, avoir hésité à introduire trop de fixité et de rigueur dans l'expression des faits de conscience : il n*emploie le terme de « phénomène « qu'accidentellement (par exemple TreaUsej Book I, Part II, Sect. V, éd. Oreen, vol. 1, p. 364). — Il parle des c principes B de l'association, et n'emploie le mot de « loi » qu*au sujet des phénomènes physiologiques qui accompagnent la sensation, Treatise, Book I, Part IV, Sect. 1 (Vol I, p. 476) : The spirits being diverted from iheir natural course, are not governed in their movements by the same laws, at Icast not to the same degree, as when they flow in their usual cbannel.