Dureté de l’eau de la Thielle
La dureté de l’eau de la Thielle est à peu de chose près la même que celle de Peau de surface du lac de Neuchâtel, à l'exception des périodes pendant lesquelles elle «refoule» dans le lac de Neuchâtel l’eau du lac de Bienne.
Tableau 8 Dureté de l’eau de la Thielle, à Thielle
Dureté de l’eau Dureté de l’eau de ; Date de surface de la Thièle DE du lac en mg CO;Ca/l en mg CO;Ca/l SAPAONC LOTO 115 (31 août) (99) refoule — 31,8 19 octobre 1949. 108 (13 octobre) 110 32,8 120 (28 octobre) 17 mars 1950 . . 139 139 78 14 mai 1950 : . Ii2 30
c) Influence des rives sur la dureté de l eau du lac
Pour simplifier le calcul du bilan, nous admettons que l'influence des rives est négligeable sur les échanges de CO; Ca avec le lac. Or, les échanges en eau, donc en bicarbonates entre le lac et les rives sont nombreux; ils dépendent des variations du niveau du lac. On peut, en effet, considérer le lac comme entouré d’annexes, formant un second lac dont l’eau est contenue entre les particules des terrains des rives. D’après le principe des vases communiquants, si le niveau du lac monte, le niveau de l’eau contenue dans les sables monte, une plus grande quantité de sable est ainsi imprégnée; si le niveau baisse, une partie de l’eau contenue dans les sables se déverse dans le lac. J. WISZNIERWSKI (1934, p. 183) a mesuré la quantité d’eau contenue dans les sables; elle est de Pordre de 15 à 30% (en poids) et dépend étroitement du caractère granulométrique de lPéchantillon. L’eau contenue dans le sable est soumise à l’évaporation. Si le niveau du lac restait le même durant toute l’année, le lac perdrait par évaporation de l’eau des sables, une quantité appréciable de CO,Ca. La dureté de Peau contenue dans les sables est plus grande que celle de Peau du lac. Pour le lac Wigry (Pologne), d’après WiszNIERWSkI, elle est le double de celle de l’eau du lac. L'augmentation de la dureté temporaire est encore plus sensible pour l’eau contenue dans la craie lacustre. Des mesures de la
La formation du sédiment calcaire du lac de Neuchâtel PA
dureté de l’eau contenue dans la craie lacustre de Cerlier, nous ont permis d'établir qu’elle pouvait atteindre cinq fois la dureté de Peau du lac. Cette forte teneur en bicarbonates est due à la décomposition dans le sable des matières organiques. Cette décomposition produit la formation de CO, qui, en abaissant le pH (W. et H. SCHMASSMANN, 1948), favorise la dissolution du CO,Ca. Dans la craie lacustre de Cerlier, le PH est de 6,7, dans la tourbe des Grands-Marais, il est compris entre $ et 5,5 (KELLERHALS, 1896).
On déduit de ces quelques constatations que le sable des rives du lac reçoit, lorsque le niveau du lac monte, une solution diluée de bicarbonates. Une part de cette eau est évaporée. Lorsque le niveau du lac baisse, le lac reçoit une solution plus concentrée de bicarbonates. Les deux actions agissent en sens inverse. Il n’est toutefois pas possible de démontrer qu’elles se compensent.
Des échanges d’une autre nature peuvent aussi se produire entre les rives et le lac. Les vagues peuvent par action mécanique casser les croûtes de CO;Ca sur les galets des rivages et former ainsi un sable- calcaire (J. PrA, 1937, p. 124) qui est entraîné vers les profondeurs du lac.
Par contre, les vagues peuvent aussi rejeter sur les rives de la vase et prélever de ce fait au lac du CO;Ca (WISZNIERWSKI, 1934, p. 177).
Pour le lac de Neuchâtel, ces deux phénomènes tout en étant de première importance pour la formation des sédiments des régions peu profondes (profondeur inférieure à 25 m) n’influent probablement plus la formation des sédiments des régions semi-profondes et profondes du lac.
Pour être complet, il faudrait encore tenir compte des sources souslacustres. Malheureusement, il n’existe encore aucune donnée à ce sujet. A. QUARTIER (1947, p. 82) pense que leur apport en eau, donc en CO, Ca, ne doit pas être important.
d) Calcul du poids de carbonate précipité annuellement dans le lac et dans ses annexes
La détermination de la dureté des eaux de toutes les rivières, y compris de l’émissaire, à une date donnée, rend possible l’estimation de la quantité de CO;Ca déposé dans le lac et ses annexes. Cette quantité est la somme des produits du débit annuel moyen par la dureté temporaire de chacune des rivières. Une telle méthode est critiquable puisqu’elle nécessite le produit de deux quantités qui ne sont pas correspondantes, la mesure du débit étant une moyenne d’une série de mesures, autre, la mesure de la dureté temporaire, étant une mesure faite à un jour donné. Cette manière de faire
22, C. Portner
peut cependant se justifier par le fait que la dureté des eaux des rivières varie assez peu dans le courant de l’année et peut être en première approximation supposée constante.
Il nous a paru nécessaire de faire au moins deux séries de prélèvements et d'analyses, à des époques où les duretés des eaux d’une même rivière difFèrent le plus, c’est-à-dire au printemps et en été. Les résultats de ces déterminations sont donnés dans le tableau 0.
Tableau 9
Bilan du CO;Ca précipité dans le lac de Neuchâtel en une année
ce 31 août 1949 17 mars 1950 Débit Nr a Te = | Rivière annuel | Dureté | CO;Ca | Dureté | CO;Ca 105 mÿ temporaire] 103%t [temporaire| 10°t - MR TRE | 1,08 235 25 228 25 ÉLPICTES TS OT RS PR RE ATEUSC LT Sr RL 4,17 208 83 195 81 ATrOn eu COS SEA 0,81 253 2 209 17 Orbe (Yverdon). . . . . 4,39 166 73 185 81 MAN CES Ne dre 0,34 214 7 187 6 Broyent Ai. NE EAU 4,22 145 61 189 80 Dhicllenelonlé) ee er 0,88 99 9 (110) 10 Ruisseaux . . … . . » . - 1,36 (180) 24 (180) 24 TORRES re 17,25 [170] 303 [188] 324 Thielle (émissaire) . . . 17,5 (117) 205 139 243
Les valeurs entre parenthèses sont des valeurs estimées. Les valeurs comprises entre crochets indiquent les valeurs de la dureté temporaire qu’aurait une rivière hypothétique qui serait la somme de tous les affluents se jetant dans le lac.
La quantité de CO,Ca précipité est donc égale pour la première estimation à 303 M0 Lt 20510 t — 08-10 TU CDCX La seconde estimation donne