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SUSPENSION

Ces graphiques à 3 dimensions représentent les résultats d'analyses chimiques de l’eau du lac de Neuchâtel. L'eau a été prélevée lors de 3 séries de prélèvements. Les flèches indiquent le

sens des variations des concentrations entre deux prélèvements.

En comparant les variations de la teneur en CO, et de la dureté temporaire, on voit que ces variations se font dans le même sens. Elles se font par contre en sens contraire de celles du car-

bonate de calcium en suspension (voir le tableau 20, page 68).

62 C. Portner Tableau 18 Variations de la température et de la dureté temporaire entre deux prélèvements

(a température; b dureté temporaire; / = croissance; \ = décroissance; © — sans

variations) Date du prélèvement 0m 5m | 10m {|-15 m | 20 m | 30 m | 40 m | 60m 1949-1950 nm | rt mana] CE dote 6 4 juillet 25 juillet — A ENNREANIE EP RN ET RO Eee NA 25 juillet! [Mesaiet it lol NI NAN ROGUE 28 juillet 29 juillet = EN FAO ON EN — — 29 juillet 4 août SIN AIRE ANA Re = 4 août 11 août À MEDIAS IL 0 NEO IE TON — — 11 août 29 août — RARE AGILAPNIEÉS = — 29 août 31 août — NI SSSR OR 31 août 8 sept. DO ENRE C7 IEEE NE — 8 sept. 15 sept. CR rs SN OR SET — 15 sept. 17 sept. EMI CO PAG ET — 17 sept. 20 sept. CECI SARA ET 7 A OS = = 20 sept. 26 sept. 7 QAR AN EE AE NN ESS Cr CL = 26 sept. 28 sept. LDAPE AN A AR 7ARECROIO Gt 28 sept. 30 sept. CREMON OM LONON ENS QUAI 30 sept. Ice ANSE SON ANCEE MC NO NZ) = 1Soctobren 2 octobem A SEA A A — 28 octobre |ROnovempro le PAR PNEUS OUR Onovembre MéidécemPrelN Al ANA DEAR ANA = crdécembren 7 VC ne RAA A 22 27 janvier 15 mars NO MONS ON OO NE On = =

116 cas, dont 10 sans variations. 86 variations en sens contraire, 8 variations dans le même sens, 12 sans correspondance de variation.

La solubilité du bicarbonate de calcium diminue lorsque la température augmente. Les valeurs de la concentration en bicarbonates de l’eau du lac en fonction de la température sont représentées dans la figure 9 ci-contre. Pendant la période de la stagnation d’été et celle de la circulation partielle d'été, les points se trouvent presque tous situés’ sur une courbe dont la concavité, contrairement à celle de la courbe de FREAR et JOHNSTON, est tournée vers les petites teneurs en bicarbonates. Pendant la période de la circulation d'automne, l’eau de surface se refroidit rapidement au contact de Pair. Il ne peut pas se produire une augmentation de la concentration en bicarbonates qui corresponde à labaissement de la température, la diffusion des ions bicarbonates depuis les zones profondes du lac étant plus lente que le refroidissement de l’eau par Pair. On obtient donc pour cette époque des valeurs de dureté temporaire de l’eau, plus faibles que les valeurs normales.

DE 10 , 20 25° Température en 0

Figure 9

Variations de la dureté temporaire en fonction de la température de Peau du lac de Neuchâtel

© —= Pendant la stagnation d'été et la circulation partielle d’été. + — Pendant la circulation totale d'automne et pendant l’hiver. /\ = Pendant la circulation totale d'automne. Prélèvement effectué à une profondeur où

l’eau n’a pas encore été entraînée dans la circulation totale.

Malgré toutes ces fluctuations, on peut justifier la relation simple suivante:

c étant la dureté temporaire en mg CO,Ca/l et { la température de l’eau.

L’erreur quadratique moyenne sur une mesure, calculée avec 113 données d'analyse, est inférieure à 4. Par rapport aux variations de la dureté temporaire de 35 mg CO;Ca/I, l'estimation au moyen de la formule (13) est entachée d’une erreur de 10%. Cette formule permettra cependant, grâce au grand nombre et à la qualité des mesures de A. QUARTIER, de se faire une meilleure idée des variations annuelles de la teneur en bicarbonates de l’eau du lac de Neuchîtel.

Pour le lac de Zurich, lac eutrophe, le phénomène de la décalcification de l’eau a été étudié par L. MINDER (1923, p. 24). D après les données de ses analyses chimiques (effectuées pour les mois de janvier, mai, juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre), Pétude de la variation He

64 | C. Portner

la dureté temporaire en fonction de la température, montre (figure 10 ci-dessous) qu’il existe pour ce lac une correspondance presque aussi bonne que pour le lac de Neuchâtel, entre la valeur de la dureté temporaire calculée et celle mesurée.

La valeur de la dureté temporaire peut être calculée à partir de léquation suivante:

C= 119 — (f—8,0) 1,67 HS. (14)

c étant la dureté temporaire en mg CO,;Ca/l et {la température de l’eau du lac.

La valeur de la dureté temporaire de l’eau du lac de Zurich étant plus faible que celle du lac de Neuchâtel, il est normal que le terme constant soit plus faible dans l’équation (14) que dans l’équation (13). Il est intéressant de savoir que pour deux lacs si différents, le coefficient angulaire de Péquation est le même. On déduit de ces conclusions que dans les deux lacs de Neuchâtel et de Zurich, les variations de la dureté temporaire avec la température sont les mêmes.

Oo C0,Ca + mg/l.

(o] Lo] [o] L CHODMC=EMIEUR= 8,0) 1 6705 cé OC 120 | ° Oo o 110 | 100 | Oo - | L 1 ] 5 10 15 20 25°

Température en °C Figure 10

Variations de la dureté temporaire en fonction de la température de l’eau du lac de Zurich d’après les analyses de L. MINDER (1923, p. 20).

La formation du sédiment calcaire du lac de Neuchâtel 65 c) Correspondance entre la température et la teneur en CO:

La correspondance entre les variations de la température et la teneur en CO, est moins nette que celle établie en fonction de la dureté temporaire. Ceci est partiellement dû au fait que les mesures de la teneur en CO,, étant effectuées sur le lac, ne sont pas très précises.

Tableau 19 Variations de la température et de la teneur en CO: entre deux prélèvements

(a température; b teneur en CO,; / = croissance; X = décroissance; © — sans variation)

DE rnrcivement 0 m 5 m 10 m | 15 m | 20 m | 30 m | 40 m | 60 m

PISE à, 6 Toledo" real iaballsahe b 26 sept. 28 sept. 10 RO) MOI A PA OM AICAONSS 28 sept. 30 sept. OX LORS NOM ONRN ES EN E ZESAUEZES — 30 sept. SOC IODIENIEN 7711 RQ GT 72 CR = 13 octobre 2810010 bre) NE NUE MON NE TI CES ER IE = 28 octobre novembre NA | AISNE PARC ESS æ PMOVEmbIeNNS décembre NAN) REA EN 2) AA) ne =

8 décembre PRENE IS ANNE IR AS PEN TEE AE 27 janvier 1Stnars NC EN RS) ER OS ENS EX = =

54 cas, dont 1 sans variation. 28 variations en sens contraire, 12 variations dans le même: sens, 13 sans correspondance de variation.

Le plus grand nombre des variations de la température avec la teneur en CO, se font en sens contraire, c’est-à-dire qu’à une augmentation de la température correspond une diminution de la teneur en CO, et inversement.

Dans un système en équilibre, la solubilité du CO, dans l’eau décroît pour une élévation de température suivant les valeurs:

emperatite env 0e 102 AE Ce UC 40° C LURE CO, dissous dans 100 g d'eau 0,335g 0,232g 0,169g U,126g U,097g 0,076 g

La pression de vapeur du CO, est égale à une atmosphère.

L'étude des variations de la teneur en CO, de l’eau du lac avec la température montre qu'il n’y a pas de relation entre les valeurs obtenues pour un système en équilibre et celles mesurées pour Peau du lac (figure 11, p. 66). Dans le lac, pendant l’époque de la circulation partielle d'été, la teneur en CO, présente une valeur maximum pour une température de r10 C. Ceci est dû au fait que cette température de 11° C est celle de la

66 C. Portner

couche d’eau située à la limite inférieure de la couche de saut thermique, à Pendroit où il se produit généralement une accumulation du CO,. On peut expliquer cette accumulation de CO,, pendant l'été dans le voisinage de la couche de saut thermique, par les deux hypothèses suivantes:

1° L’échauffement de l’eau par absorption de énergie solaire chasse une partie du CO, par diffusion dans les couches profondes du lac, tout d’abord dans la zone située au-dessous de la couche de saut thermique où la température est plus basse.

2° Le brassage de l’eau dans le voisinage de la couche de saut thermique produit à lui seul une augmentation de la saturation en gaz carbonique. Si l’on considère deux quantités égales d’eau, de températures différentes /, et #, ayant même degré de saturation s et que l’on mélange ces deux quantités d’eau, la température de l’eau du mélange sera (4 + #)/2 la suration en CO, aura la valeur 5 + 45.

La combinaison de ces deux facteurs permet l’explication de Pexistence d’une accumulation du CO, dans le voisinage de la couche de saut thermique.

Li l assis." 7 peer: | Il L l | l NET ET OT ET TT NT TEL Température en °C

Figure 11 Relation entre la température et la teneur en gaz carbonique pour le lac de Neuchâtel O — Echantillons prélevés pendant la circulation partielle d'été (mois de septembre et d'octobre 1949).

+ — Echantillons prélevés pendant la circulation complète d'automne (du 28 octobre 1949 au 8 décembre 1949).

/\ — Echantillon prélevé le 8 décembre 1949 à une profondeur de 110 m.

d) Relation entre la teneur en CO, la dureté temporaire et la concentration du carbonate en suspension

Nous pensons qu’il doit exister dans le lac une relation entre la saturation de l’eau en CO,, la concentration en bicarbonates et celle en CO,Ca en Suspension. Ceci en considérant l’équation:

CO; + H,0 + CO;Ca —+ (CO;H),Ca. (Ts)

On conçoit facilement que Paction du CO, sur le carbonate en suspension produise une augmentation de la dureté temporaire due à une dissolution du carbonate. Un mécanisme si simple peut cependant, par luimême, ne pas être suffisamment explicite. En effet, au point de vue quantitatif, la diminution de la concentration du CO,Ca en suspension dans Peau du lac, correspond-elle bien à Paugmentation de la dureté temporaire mesurée ? Par comparaison des résultats d'analyses des prélèvements des 4et 25 juillet 1949, on voit qu’à une diminution maximum du CO,Ca en suspension de 0,5 mg/l, correspond une augmentation de la dureté temporaire de 4 mg CO;Ca/I.

Profondeur 0m 5 m 10 m Diminution du CO,;Ca en

SUSPENSION RES EN. 0,1 mg CO,;Ca/l 0,25 mg CO,Ca/l 0,5 mg CO,Ca/l Augmentation de la dureté

temporaire. A4R 0 & 3,maCO;Cal 4m…ms CO;Ca/l 3 mg CO,Ca/l

L'augmentation de la teneur en bicarbonate n’est donc due qu’en partie à la dissolution du CO,Ca en suspension, la quantité de CO,Ca en suspension qui a été dissoute ne représentant qu'environ le dixième de l'augmentation de la dureté temporaire. Elle provient du mélange de la couche d’eau considérée avec de l’eau plus riche en bicarbonates. Pratiquement, les variations de la concentration du CO,Ca en suspension n’ont donc pas d’influence sur les variations de a dureté temporaire. Il est même fort probable qu’une partie appréciable de la diminution du CO,Ca en suspension soit due à la chute des particules. Si la vitesse de chute est assez forte, la dissolution du CO,Ca n’a pas le temps de se produire d’une façon appréciable.

L'étude des variations simultanées de la teneur en CO,, de celle du (CO,H},Ca et de celle du CO,Ca en suspension, montre (tableau 20) qu’il y a presque toujours coïncidence entre l’augmentation de la teneur du CO, et la diminution de la quantité de CO;Ca en suspension (figure 8, page61).

L'examen de ces quelques exemples montre qu’il existe une correspondance entre les variations de concentrations de CO,, de (CO,H),Ca et de CO;Ca en suspension. Cette correspondance n’est généralement pas très

exacte en ce sens que les zones de variations correspondantes ne se superposent pas exactement. Cependant, sans exceptions, les régions auxquelles correspond une augmentation de la teneur en CO, sont des régions où la dureté temporaire augmente et la teneur en CO,Ca en suspension diminue (et inversement).

Tableau 20 Variation de la teneur en CO, en (CO;H Ca et en CO;C: en suspension © = sans variation)

(7 = augmentation; NX = diminution;

Date (1949) Teneur en CO, |Dureté temporaire MSIE spension 29faut81 aoûttuene — / 33à 15m N 10m (0,4 mg) — CMS NA LS (0,6 me) — TI A OPEN — 15 au 17 septembre — JMS 0 AMEN N 10m (0,4 mg) = D LOT N 30m (0,5 mg) — 22010 0 — 26 au 28 septembre / 30à 10m WEAR S'tEN 7 00m (05m) O 10à Om NE NEED LOMME NL. Sim ;:05:m£) = — RS in (DOME) — — N 40m (0,15 mg) 28 au 30 septembre NX 50à 14m NAS) à 231 / 50à 14m Dane HErn 22025 à dim 20 m (0,1 mg) OR 0m NV 14à 4m NL L13 à 9 m — ha A0 rm: 7 9à0m

En comparant les résultats des analyses de CO, et de CO; Ca pour différentes profondeurs, il est possible de trouver une coïncidence entre la profondeur où la saturation en CO, est minimum et celle où la teneur en CO;Ca en suspension est maximum.

Tableau 21

Profondeurs pour lesquelles la saturation en CO: est minimum et la concentration du CO;Ca en suspension est maximum

Profondeur à laquelle la saturation en CO; est minimum

Profondeur à laquelle la concentration en CO,Ca en suspension est maximum

Date (1949)

26 septembre 15 m 15 m 28 septembre 16 m 0 m et17 m 30 septembre 0à5m 0à5m 13 octobre 6 m 5 m 28 octobre 7 m 5m

9 novembre 5à10 m 5à10 m

8 décembre 0 m 0 m

Ces données montrent nettement l’étroite correspondance (à 1 m près) entre la saturation minimum en CO, et la concentration maximum en CO;Ca en suspension. Les facteurs autres que le CO,, en particulier la dureté temporaire, ne jouent aucun rôle dans la détermination de la zone de génération du CO,Ca en suspension.

Les agents qui déterminent la précipitation du CO,Ca pour une profondeur légèrement moins grande que celle de la couche de saut thermique, sont ceux qui fixent la position de la saturation minimum en CO,. Il est étonnant de constater que la saturation minimum en CO, ait lieu à une profondeur relativement assez éloignée de la surface.

Ce minimum de saturation du CO, est situé entre deux accumulations de CO, (pour ne pas dire qu’il résulte de ces accumulations de CO, ). 2 q 2

1° La première accumulation dont nous avons parlé à la page 66, se trouve à une profondeur légèrement plus grande que celle de la couche de saut thermique. A partir de cette zone la teneur en CO, décroît à la fois vers les couches profondes du lac et vers la surface.

2° La seconde accumulation de CO, se trouve en surface, ce qui paraît à première vue paradoxal, car cette concentration en CO, de l’eau de surface est supérieure à celle qui serait obtenue par le calcul en supposant que la répartition entre le CO, contenu dans Pair et celui contenu dans l’eau, suit la loi d'HENRY. Par le calcul, la concentration maximale en CO, dans l’eau serait de 1,3 mg/l. Or la concentration du CO, dans l’eau de surface du lac de Neuchâtel est comprise entre 1,8 et 3,5 mg/l.

Ce manque d’équilibre dans la répartition du CO, entre l’eau et Pair provient d’une continuelle accumulation du gaz dans l’eau, due en partie du moins à l’évaporation de l’eau.

La quantité d’eau évaporée par le lac de Neuchâtel a été déterminée par CH. Kopp (1859, p. 43). Des valeurs de même ordre de grandeur ont été obtenues par J. MAURER (1911, p. 554) pour le lac de Zurich et pour le Greifensee.

Si Pévaporation de l’eau produit une concentration des corps dissous dans le voisinage de la surface, les précipitations (pluies) produisent une dilution. D’après A. QUARTIER (1948, p. 105) la quantité d’eau évaporée annuellement est à peu près égale à celle reçue par le lac sous forme de précipitation, puisque le débit annuel moyen de Pévaporation est de 5,1 m/s, tandis que celui des précipitations est de 6,0 m°/s. Si, au point de vue du bilan, les quantités d’eau évaporées sont égales à celles fournies par les précipitations, les actions de concentration et de dilution de Peau

70 C. Portner

de surface sont alternées. On trouve encore là une nouvelle cause de la création d’un déséquilibre.

Le problème de l’évaporation de l’eau et des précipitations doit être considéré sous deux aspects différents, suivant que Pon considère son influence sur la teneur en CO, de l’eau ou celle en (CO;H),Ca. L'eau de pluie ne contient pas de bicarbonates, mais elle contient environ 1 mg de CO, par litre d’eau (L. TROOST et ED. PECHARD, 1929, p. 88), alors que l’eau du lac, pendant l’été et une bonne partie de l’automne, n’en contient en moyenne que 2 mg/l. Il en résulte que si Peau de pluie occasionne une diminution de la teneur en CO, des eaux du lac, elle en apporte tout de même au lac une quantité importante. En comparant les dilutions produites par l’eau de pluie, on peut dire qu’elle occasionne une dilution deux fois plus grande de la teneur en bicarbonates que de celle en CO,. Pour bien mettre ce phénomène en évidence, le tableau 22 donne les valeurs relatives, sous forme de débits mensuels moyens, de linfluence de l’évaporation et des précipitations, sur la concentration en bicarbonates et en gaz carbonique de l’eau de surface.

Tableau 22

Valeurs relatives de l'influence de Pévaporation et des précipitations sur la concentration en

(CO;H)2Ca er en CO: de l’eau de surface

Influence de l’évaporation

Débits mensuels moyens en tenant compte des préci- Mois de en m/s pitations sur la concentration du:

Précipitation | Evaporation | (CO;H),Ca CO; ANT EN EE RE RTE 0,39 0,16 — 0,23 — 0,04 RÉVICREMORNRNES 0,36 0,20 — 0,16 + 0,02 MALE PRET 0,42 0,25 — 0,17 + 0,04 ANT EE RS Le ce 0,44 0,40 — 0,04 + 0,18 Mao LS ae 0,51 0,57 + 0,06 + 0,31 Aie dr ont 0,62 0,73 + 0,11 + 0,31 Tulle ee ere 0,58 0,91 + 0,33 + 0,62 AOÛT serrer 00 ioie 0,60 0,80 + 0,20 + 0,50 SEPT EE 0,54 0:55 + O,01 + 0,28 Octobre MEL RARE 0,57 0,26 — 0,31 — 0,03 Novembre. 44e. 0,48 0,18 — 0,30 — 0,05 DÉCTTEE LE 0,48 0,10 — 0,38 — 0,14 ÉPOUSER er 6,0 5,1 | |

Les valeurs positives indiquent un excédant de l’évaporation sur les précipitations, les valeurs négatives indiquent un excédent des précipitations sur l’'évaporation.

La formation du sédiment calcaire du lac de Neuchâtel ; FA

Le tableau 22 et la figure 12 ci-dessous font ressortir la différence entre Pinfluence des précipitations et de l’évaporation sur la dureté temporaire et sur la teneur en gaz carbonique, ce qui explique du même coup que les courbes dureté temporaire-profondeur ne semblent pas être influencées par ces phénomènes comme les courbes reneur en CO,-profondeur.

se > BR

Concentration de l'eau de surface

+ o rs

Dilution de l'eau de surface

| UD VO OV VI VI VI IX XXI XI mois Figure 12

Valeurs relatives mensuelles de influence de Pévaporation et des précipitations, sur la concentration en (CO;H C1 er en CO; de l’eau de surface

+ — Concentration en CO, O — Concentration en (CO;H),Ca

La figure 12 montre encore nettement que du mois de février jusqu’au mois d’octobre, les précipitations et l’évaporation tendent à produire une accumulation de gaz carbonique en surface. L’hiver, les précipitations sont nettement plus importantes que l’évaporation, il se produit, alors, dans le voisinage de la surface une légère baisse de la teneur en CO,, et seul est visible le phénomène connu depuis longtemps de la diffusion du CO, depuis le fond du lac vers la surface où la concentration en CO, est minimum.

En conclusion, l’alternance entre les précipitations et l’évaporation produit respectivement une légère dilution ou une forte concentration de l’eau de surface. Au point de vue du bilan, ces phénomènes enrichissent l’eau de surface en gaz carbonique.

Tant que les facteurs qui produisent un déséquilibre dans l’eau du lac subsistent, il y aura toujours formation et destruction des deux zones d’accumulation du CO, citées ci-dessus. La formation de ces accumulations provoque dans la région située entre eux un manque en gaz carbonique qui détermine la précipitation du carbonate de calcium.

12 C. Portner

7. Conclusions sur le mécanisme de la précipitation du carbonate de calcium

Le lac est un domaine dans lequel Peau transporte de grandes quantités de gaz carbonique, de bicarbonates, de matières organiques et autres matières en suspension. Ce domaine n’est pas sans relation avec le monde extérieur puisque le lac reçoit entre autre par les précipitations du gaz carbonique et par les affluents, du gaz carbonique, des bicarbonates, des carbonates et des matières organiques.

La quantité de bicarbonates dissous dans le lac de Neuchâtel estimée en CO; Ca est d'environ 2: 10% t(14 km®: 137 mg CO;Ca/l). Le lac reçoit chaque année environ 300 : 108 t de CO,Ca. La précipitation du carbonate de calcium atteint 90-10 t, c’est-à-dire environ un tiers à un quart de Îa

Sy À a quantité reçue annuellement et un dix-septième de celle contenue dans le lac. L

La concentration des corps dissous dans Peau du lac varie dans le courant de l’année. Les continuelles modifications des conditions physiques font du lac un système qui est loin d’être un système en équilibre.

En surface, il se produit tantôt une concentration des corps dissous due à de l’évaporation de l’eau, tantôt une dilution due aux précipitations (pluies).

Pour une profondeur voisine de la couche de saut thermique, les facteurs qui influencent la température et la solubilité des corps dissous sont de deux ordres: Un facteur absorption de énergie solaire et un facteur mélange de couches d’eau, dû à Paction du vent. Ces deux facteurs s’opposent dans leur action, en ce sens que l’absorption de calories par l’eau tend à créer dans le lac des couches d’eau distinctes les unes des autres par la température et la concentration en sels dissous et que l’action du vent, en formant des courants lacustres, tend à produire un mélange de ces différentes couches d’eau. On assiste ainsi périodiquement à la prédominance de l’un ou de l’autre de ces deux facteurs, ce qui crée dans le lac de continuelles modifications de la composition chimique de Peau. Il se produit pour des profondeurs déterminées des accumulations de gaz carbonique, qui vont déterminer dans une certaine mesure les valeurs de la dureté temporaire et qui vont fixer la région de précipitation maximum du CO,Ca en suspension. Les modifications rapides des concentrations en corps dissous dans l’épilimnion ne sont pas produites par des réactions chimiques ou photochimiques, mais par le mélange de couches d’eau qui entraînent avec elles les corps dissous et le matériel en suspension. Les preuves de ces affirma-

tions sont fournies par le fait que les variations de la dureté temporaire ne correspondent pas quantitativement à celle de la teneur en carbonate de calcium en suspension et que celles de la teneur en CO, sont de beaucoup plus importantes que celles de la teneur en matière organique.

Contrairement à la théorie de la précipitation organique du carbonate de calcium, nous avons montré que les variations de la teneur en matière organique vont dans le même sens que celle de la teneur en gaz carbonique, ce qui prouve que c’est bien l’augmentation de la concentration du gaz carbonique qui, en favorisant l’assimilation par le phytoplancton, produit une augmentation de la teneur en matière organique.

Il existe encore une correspondance très précise entre la profondeur où la saturation en gaz carbonique est minimum et celle où la concentration en carbonate en suspension est maximum. Cette correspondance est si précise qu’il est possible de dire que la précipitation du carbonate de calcium dépend uniquement de la saturation en gaz carbonique.

Les petites particules de carbonate de calcium formées dans lépilimnion tombent en chute libre vers le fond du lac. De par la forme de la courbe carbonate de calcium en suspension-profondeur 1 est possible de prouver une dissolution de CO,Ca lors de la chute de ces particules vers le fond du lac. Cette dissolution est particulièrement intense pour la profondeur située légèrement au-dessous de la couche de saut thermique, pour laquelle la teneur en CO, est élevée.

Il a été possible, grâce au dosage direct du carbonate de calcium en suspension dans Peau du lac, de préciser le mécanisme de la précipitation du carbonate de calcium, pour le lac de Neuchâtel. Il n’est pas impossible que par un mécanisme semblable, on puisse expliquer la précipitation du carbonate de calcium dans un lac eutrophe. L’analogie frappante de la variation de la dureté temporaire en fonction de la température pour le lac de Neuchâtel (oligotrophe) et pour le lac de Zurich (eutrophe) en est la meilleure preuve.

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