‹ La forme et la vieChapitre 173 sur 243 · NIL · texte numérisé non relu

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Bf partie moyenne du corps; A y tète régénérée; Cl, C|, deux queues régénérées. — A droite, forme supposée de la lésion.

En 1887 O. et R. Hertwig* avaient observé que des spermatozoïdes pouvaient s*introduire dans de pareils fragments et que le développement commençait. Boveri' reprit ces expériences avec des œufs d'Echinides et conduisit l'évolution jusqu'au stade Pluteus. Il eut soin de choisir deux espèces, Sphœrechinus granularis et Echinas microtuberculatns, telles que leurs Pluteus fussent fort différents et faciles à reconnaître l'un de l'autre. Or, quand un spermatozoïde d'Echinus s'introduit dans un fragment énucléé d'œuf de Sphœrechinus, le Pluteus qui résulte de la segmentation est toujours identique en forme à celui de TEchinus. Comme, d'autre part, la fécondation métissée d'un œuf complet par un spermatozoïde produit un Pluteus de forme intermédiaire entre les deux types parents, BovBRi croit pouvoir de ses expériences tirer la conclusion que c'est le noyau qui est le s^ecteur des qualités héréditaires.

Nous voyons quant à nous les choses autrement. Nous avons insisté sur l'identité essentielle entre les deux sortes d'éléments génitaux. Or, parfois un œuf est capable de se développer sans fécondation par parthénogenèse; un spermatozoïde jamais. Pourquoi? Parce que son cytoplasme est en quantité trop faible pour collaborer avec le noyau à l'accomplissement des phénomènes de nutrition et d'assimilation ; introduisez ce spermatozoïde dans un fragment énucléé, qui est juste le cytoplasme manquant : autrement dit faites une greffe, et l'élément génital peut vivre. S'il évolue et donne un embryon, c'est juste le pendant du côté mâle de la parthénogenèse femelle ; et si l'on s'étonne de voir reproduire la forme du parent mâle tout seul, c'est une question de perpétuité des caractères par la greffe que l'on pose et non une question d'hérédité par fécondation.

Sur les Cœlentérés, Wetzkl^ a tenté quelques expériences de greffe. Il a pris pour objet d'études l'Hydre d'eau douce. Une région orale empruntée à un Polype se soude et vit parfaitement sur le pied d'un autre Polype. Deux régions orales peuvent aussi être juxtaposées; elles se soudent, vivent quelque temps ensemble et finalement se séparent par scissiparité. Il serait intéressant de reprendre cette expérience sur un type à polarité moins marquée que celle de l'Hydre.

Chez les Cœlentérés, Wetzel n'a pas réussi la greffe d'une espèce sur une autre.

Il faut encore signaler les curieuses expériences de Trembley qui consistent à enfoncer une Hydre dans la cavité d'une autre. Il n'y a soudure, c'est-à-dire greffe, que si l'Hydre intérieure a été préa-

1. O. et R. Uertwig. Ueber den Befruchlungs- und Teilungsvorgang des thieriachen Etes unler dem Einfluss àuaaerer Agentien. Jena, 1887.

2. BovERl. Archiv, fur Entwickelungtmechanih der Organismen. t. II, 1895.

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