‹ La Forme Grave Du Pied Des TranchéesChapitre 23 sur 24 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Il existe, en plus des trois formes cliniques ordinairement décrites du pied des tranchées, caractérisées respectivement par la rubéfaction, la phlyctène et l’escarre, une quatrième forme que l’on peut appeler forme grave (Kirmisson) ou forme septicémique (Chauvin).

Cette forme est caractérisée par l'association de lésions locales profondes et de phénomènes généraux graves: Sphacèle massif du pied remontant plus ou moins haut, de l'articulation de Lisfranc à la tibio-tarsienne. — Etat inflammatoire plus ou moins marqué de la jambe, jusqu'au genou. — Etat général septicémique avec températures élevées (entre 3% et 40°) et courbe en clochers.

Cette forme, dans laquelle l'infection est indéniablement en eause, paraît être due non pas à la: généralisation exceptionnelle d’un processus infectieux spécifique ordinairement localisé au pied sous forme de pied des tranchées, mais bien par l’adjonction, à une froidure grave, d'une infection secondaire sépticémique. Ce qui fait sa gravité, ce n’est pas tant l'élément gelure que l'élément infection surajoutée.

LME Au point de vue thérapeutique, ces formes nous paraissent échapper aux règles générales d’expectative ordinairement admises dans les cas de gangrène sèche, ou peu étendue, ou superficielle. La gravité de Pétat général ordonne l’ablation d'urgence du foyer septique. Le saucisson au ras de l’escarre serait le traitement de choix de ces gangrènes humides à infection hypervirulente, comme il est indiqué dans toutes les lésions très hautement septiques des membres.

VU ET PERMIS D'IMPRIMER : - Vu. ET APPROUYÉ : Montpellier, le 10 juin 1919. Montpellier, le 7 juin 1919. P: le Recteur, Le Doyen, Le Vice-Président du Conseil de l’Université, MAIRET.

S. DAUTHEVILLE.

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