‹ La Forme Hémorragique de la Diverticulite du Côlon Ilio-PelvienChapitre 22 sur 29 · C. — HÉMORRAGIES BASSES COLIQUES, SIGMOÏDIENNES, RECTALES · texte numérisé non relu

C. — HÉMORRAGIES BASSES COLIQUES, SIGMOÏDIENNES, RECTALES

Celles-ci se manifesteront par des émissions de sang rouge. Nous écarterons rapidement toutes les hémorragies qui ne seront pas solitaires, s’accompagnant d’un contexte clinique.

Le cancer du gros intestin, dans sa forme habituelle, sera éliminé par un examen radiologique minutieux du côlon. Il en sera de même des tumeurs bénignes ou dégénérées et plus particulièrement les tumeurs villeuses.

Seau

Le contexte clinique nous permettra d’éliminer les hémorragies terminales de la tuberculose colique.

L'examen rectoscopique permettra d’éliminer les néoplasmes du rectum et les autres tumeurs de la région ano-recfale.

L'existence d’un syndrome dysentérique coexistant nous permettra d'éliminer aisément, après rectoscopie, la rectocolite hémorragique qui, dans sa forme hémorragique pure, peut donner des entérorragies très importantes.

Le contexte clinique nous permettra d’écarter les diverses sigmoïdites, qu’elles soient d’origine infectieuse, parasitaire (amibe) ou toxique (mercurielle).

Le problème le plus fréquent est soulevé par les hémorragies d’origine hémorroïdaire; s’il convient, à l’occasion d’une perte de sang par l’anus, de ne pas les ignorer, il ne faut pas non plus s’hypnotiser, en quelque sorte, sur quelques dilatations variqueuses et laisser passer une lésion sus-jacenté moins aisée à déceler. Le diagnostic est compliqué, du fait de l’existence d’une rectite sus-hémorroïdaire bien décrite par BENSAUDE et ses collaborateurs CaIN et OurY, et qui peut être cause d’entérorragies rouges abondantes.

Le vrai diagnostic est celui de toutes les hémorragies rouges solitaires.

Avant d'attribuer aux diverticules ilio-pelviens de telles hémorragies, il faudra éliminer diverses causes.

Il faudra rechercher avec un soin particulier les formes hémorragiques pures du cancer du gros intestin. Ce diagnostic est parfois très difficile, difficulté illustrée par l'observation suivante publiée en 1946 par MM. PaArPIN et DuBARRY.

M''° Lem..., soixante-cinq ans.

La malade vient consulter pour des pertes de sang par l’anus, au moment et parfois en dehors des selles.

L'examen montre du météorisme, un côlon gauche spasmé,

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encombré de matières. Toucher rectal négatif. Rectoscopie gênée par des caillots de sang venant de plus haut. Légère anite hémorroïdaire. Après lavement évacuateur, une nouvelle rectoscopie montre une ampoule rectale vide, à muqueuse pâle. À la charnière recto-sigmoïdienne, pénétration impossible. En insistant, on fait rabattre d’un coup, en volet, la face antérieure de la charnière qui a perdu sa souplesse, et on voit, de champ, une lésion en saillie, à surface irrégulière, de la taille d’une pièce de un franc, saignant légèrement, de caractère néoplasique.

La radiographie, après lavement baryté, n’avait montré aucune lésion.

Seule donc une rectoscopie particulièrement attentive avait permis de porter le diagnostic de néo de la charnière, diagnostic ayant eu comme conséquence une intervention chirurgicale du Professeur PAPIx.

La difficulté du diagnostic est encore accrue par la coexistence possible de cancer de l’intestin et de diverticulite, association particulièrement rare. Mayo prétendait qu’il y avait 30 % de diverticulite dans les cas de cancer du côlon; maïs les dernières statistiques de RANKIN et BrRowN montrent que cette association est peu fréquente : dans 227 cas de diverticulite, ils ont trouvé quatre fois un néo coexistant et, sur 679 cancers opérés pendant la même période, quatre seulement s’accompagnaient de diverticules.

Nous en apportons un exemple :

M. Sarraz.…., soixante-seize ans (observation du Professeur agrégé DUBARRY).

‘Le 26 juin 1946, amaigrisséement considérable depuis quelques années. Depuis quinze mois, rectorragie, sept à huit fois, dont trois importantes, sans épreintes. Selles impérieuses, actuellement une fois par jour.

Le toucher rectal met en évidence une bosselure non ligneuse à bout de doigt. Rectoscopie arrêtée à 15 centimètres.

La radio pratiquée montre des diverticules sigmoïdiens.

Diagnostic de néo-rectal.

Le 23 octobre 1946, nouvel amaïigrissement et deux autres

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