BESSIN
Broncheclasie Scléro hyperplasique. — Mélaplasies épilhéliales
a) Vaste champ de sclérose élastigène entourant une bronche située en haut el au-delà de la préparation; le Lissu pulmonaire est devenu méconnaissable.
b) Métamorphose fibreuse et hyperp'asique de l'ensemble des couches constitutives de la bronche ; cette sclérose n'est pas uniforme, elle offre, surtout à droile, des traînées plus sombres, irrégulières, dans laquelle on peut réconnaître des preduclions élastiques désordonnées, la vascularisation de ce tissu cicatriciel est Très réduite.
€) Tronçons de fibres élastiques paraissant être le reliquat de lParmature élastique externe de la bronche sclérosée; quelques trousseaux élastiques beaucoup plus ténus semblent continuer en bas et-à droite, le cercle élastique péribronchique.
d) Artério'e bronchique atteinte de panartérile sténoante, ses (rois couches constitutives sont profondément altérées.
e) Segment de la paroi bronchique atteint de bronchopathie chronique atrophique, la bronchectasie est manifeste à ce niveau.
f) Revêtement épithélial atrophié, cuboïde, peut-être même stratifié étendu à toute la lumière de la bronche.
g) Vaisseau sanguin dilaté trouant les champs de sclérose élastioène,
tré en plus de l'extraordinaire fréquence des lésions bronchiques, la disposition prise par ces parasites dans les tuniques. Cette systématisation des spirochètes dans la bronche est capable d'expliquer la production même des |
lésions, il est imtéressant de l’étudier.
A) CHEZ LE FOŒTUS MACÉRÉ, la recherche est facile. Le-
VADITE @t CALMON (200) ont montré que :
« Ces spirochètes offrent une certaine résistance à l’influence nocive des ferments qui engendrent la macération aseptique. Cette résistance est due à la constitution particu lière de leur enveloppe ectoplasmique ».
« Au poumon : les lésions se caractérisent par une faible infiltration de polynucélaires, par la desquamation de l'épithèlium des bronches et de l’endothélium des alvéoles pulmonaires ; ces cellules sont confondues dans une sorte de masse albumineuse. Les spirilles sont en quantilé extrême. On les suit le long des capillaires pulmonaires, probablement dans les espaces lymphatiques périvasculaires ; mais il ne semble pas que les parasites soient situés dans la lumière des vaisseaux sanguins, On, reconnaît des spirochètes renfermées dans les cellules endothéliales desquamées. On trouve ces parasites en quantité maxima le long des parois des bronches, disposés parallèlement entre les fibrilles conjonctives et d'autre part contenus dans les cellules épithéliales bronchiques. La présence du spirille à l’intérieur des cellules de revêtement des alvéoles et des bronches, permet de penser que, dans certains cas, l’expectoration des malades syphilitiques pourraient contenir la spirochète de Schauduin et Hoffmann ».
De Kervizy (183) les a recherché et les a trouvé dans un cas de bronchectasie fœtale.
& Il y à une énorme quantité de tréponèmes dans les parois
RE 6 1 Te
alvéolaires, dans la paroi du vaisseaux et au milieu du sang
intra-vasculaire. F
Ces tréponèmes sont particulièrement abondants dans la paroi des bronchioles, et surtout dans le pus qu'elles contiennent ; les tréponèmes y constituent de gros amas. |
Le pus en renferme une si grande quantité qu'il y a infiniment plus de tréponèmes que de globules ». LE
Dans la même observation de Kervily a trouvé des préponèmes dans la rate, les capsules surrénales, le pancréas, le rein, dans les tuniques du duodénum où ils étaient en très grande abondance. Dans le foie il n’a pas pu en déceler un seul, et l’auteur conclut de ce fait que la répartition des tréponèmes
n'est pas toujours faite d’une façon homogène dans le sang.
Ecrzarpe (120), chez un mort-né avec pemphigus,
trouve:
Observ. n° 1: — Pneumonie blanche hérédo £ des deux poumons avec gommes caséeuses de la base du poumon droit.
Les {réponèmes sont dans l'hépatisation blanche où il y a pullulation intense de toute part sans aucune systématisation aussi bien dans le tissu interstitiel que dans les parois bronchiques et dans les vaisseaux et le sang de ceux-ci.
Suivant l'expression imagée de l’auteur argentin, ils
formaient une « riche cavalcade de tréponèmes ».
Bab (15) étudie la distribution du tréponème dans les
organes fœtaux sur 260 pièces. Il trouve
Le poumon atteint däns 87 pour cent des cas. - La peau — 66 Fe
Le foie ce 59,5 LUE
L'ovaire — 16,2 — Le nez La 41,7 -—- L'œil — 20 — Cordon ru 9,4 — Placenta; — te) 2e
Il se demande même à cause de ceite dernière constatation si le spirochète ne pénètre pas chez le fœtus par aspiration du liquide amnioiique ? ?
SURRICO, sur 13 eniants hérédos, trouve 12 fois des lésions pulmonaires.
Donrx (112), Grerke (144), Pascnen (255), Verse, Ropopi sont d'accord avec Levaditi pour montrer que le poumon fœtal vient tout de suite après le foie au point de vue de la fréquence de l'infection syphilitique. Une notion anatomique élémentaire peut expliquer facilement ce fait ; le poumon fœtal reçoit son sang immédiatement après le foie.
SCHLIMPERT (288) à donné une curieuse explication de
l'affinité du tréponème pour la bronche.
Nous la reproduisons sans la discuter
« Le tréponème a toujours tendance à gagner la surface externe des corps ou plus exactement la surface des cavités de l'organisme qui communiquent avec le monde extérieur. Ainsi, les spirilles qui sont apportés au sein des organes par voie circulatoire, cheminent entre les cellules hépatiques par exemple et se dirigent vers les ‘canaux biliaires, qu'ils arrivent à pénétrer et à traverser ; dans le poumon ils tendent à traverser l’épithélium bronchique ». |
l TOO
B. Chez l’Adulte
Bériel n’a jamais pu r2ettre en évidence le tréponème dans les lésions pulmonaires. Cette recherche est difficile ; les spirochètes se lysent très vite dans les tissus soumis à la putréfaction cadavérique. Les chercheurs argentins pouvant faire des autopsies très précoces ont trouvé, semble-t-il, assez facilement cet agent morbide.
On a recherché le tréponème de la syphilis dans les crachats ; l’expectoration constitue pour MM. Bezançon et de Jong (48) une « véritable biopsie » bronchique. Deux auteurs seulement l'ont retrouvé. Tous les autres et nous-même malgré de patientes recherches n'avons jamais pu le mettre en évidence.
- Rornscuirp (loc) pendant la période secondaire de la Sy
philis a constaté une réaction hilaire radioscopique pouvant appartenir à la bronche ou aux vaiseaux bronchiques. En même temps, il a trouvé dans quelques cas des TRÉPONÈMES dans les crachats. Il affirme qu'ils venaient bien de la bronche et qu'ils étaient ceux de la syphilis.
BuCHaxAN (39) rapporte une observation de phtisie syphilitique évoluant depuis un an sous lé masque de phtisie ordinaire.
Aucun bacille ne fut trouvé dans l’expectoration.
Infiltration des deux bases surtout à la base gauche où elle avait le volume d’une orange et celle de la base droite celui d’un œuf. Le diagnostic de syphilis pulmonaire fut établi. L'expectoration fut traitée par le Giemsa pendant 18 heures et il y trouva le spirochète.
I 'appliqua un traitement anti-syphilitique et la gué-
Bessiu
Bronchectasie atrophique en évolution. La Bronche désarmée
a) Tissu de sclérose développée dans l'atmosphère broncho artérielle el lalouée de quelques rares îlots anthracosiques,
b) Coupe chlique d'une artério!e bronchique englobée dans la sclélose,
ec) Paroi de la bronchectasis composée d'un réseau de fibres élasti-
ques très gièles au contact presque immédial du revêtement eylindrique épithélial; lPatrophie des parois brenchiques est ici extrème,
d) Tissu de sclérose péribronchique encore jeune, comme le montrent les nombreux capillaires et la richesse des éléments nucléaires infiltrés dans ses mailles.
e) Revètement épithélial de la bronche en voie d’atrophie marquée : les cellules sont cubiques ou cuboïdes el les noyaux petits et espacés.
f) Tissu de sclérose pulmonaire encore en activité ayant comblé les cavités aériennes en mutilant profondément leur armature élastique,
rison fut obtenue en trois mois. Des radiographies faites avant, pendant et après le traitement montrèrent les gommes (?) et leur disparition progressive.
Ges constatations sont très intéressantes. La question est trop importante pour pouvoir être résolue par l’examen de deux cas. C’est une longue étude à poursuivre.
Eutarne (190), sur des pièces fraîches, a montré la disiribution des tréponèmes dans les lésions. syphilitiques
pulmonaires de l'adulte
OBSERVATION VI (Elisalde)
Pneumonie syphilitique à la troisième période avec dilatation des bronches. Homme de 4o ans.
Découverte du tréponème de préférence dans Ja tunique adventive de la bronche, dans les formations lymphatiques et
quelques-unes dans Fadventice des vaisseaux bronchiques.
OBSERVATION II (Elisalde)
Gomme volumineuse à la base pulmonaire. Homme de 40 ans. Tréponème dans la paroi des vaisseaux et au niveau de la
paroi externe d’une grande gomme pulmonaire de la base.
OBSERVATION IV (Elisalde)
Homme de 48 ans ; preumonie Ÿ (1 période) base droite avec pleurésie séro-fibrineuse. Tréponème dans l’exsudat corti-
cal, dans les alvéoles, dans tous le tissus.
= OBSERVATION VII (Elisalde)
Symphyse pleurale gauche, pneumonie È (4° période). Bronchectasie généralisée poumon gauche. Anévrysme aortique
comprimant la bronche gauche.
Les lréponèmes sont retrouvés dans les mêmes conditions
que dans l'observation n° 6.
OBSERVATION VII (Elisalde)
Homme de 43 ans pneumonie y» (4° période) ; lobe inférieur gauche, ulcération de la bronche gauche par un anévrysme aortique et compression. ë
Tréponèmes uniquement dans la paroi des bronches dans
la tunique adventice.
OBSERVATION IX (Elisalde)
Femme de 28 ans, pleurésie séro fibrineuse gauche, pneumonie caséeuse syphilitique gauche. Anévrysme aortique.
Tréponèmes dans les zônes Iymphatiques avoisinant la plèvre. |
OBSERVATION X (Elisalde)
Homme de 38 ans, pneumonie caséeuse de la base droite, gangrène secondaire.
Tréponèmes dans tous les éléments du poumon.
OBSERVATION XI (Elisalde)
Homme de 51 ans ; broncho-pneumonie chronique È du du poumon gauche ; coronarite. Gangrène pulmonaire seecondaire.
Tréponèmes dans les bronches, les vaisseaux et même dans les alvéoles ; dans les zones de broncho-pneumonie.
OBSERVATION XII (Elisalde)
Homme de 54 ans ; symphise pleurale double, Bronchopneumonie chronique Y. Anévrysme sacciforme de la branshe gauche de l'artère pulmonaire. Aspect en éponge du poumon, avec grande dilatation bronchique.
{ Tréponème dans les formations péri-bronchiques lymphatiques et dans la tunique adventice, dans les funiques des vaisseaux.
Il conclut que
« Le lieu où le plus souvent et le plus constamment nous avons trouvé les tréponèmes est dans les parois des bronches à l'endroit qui correspond à leurs formations lymphatiques ; ensuite dans la paroi des vaisseaux et pendant les phases initiales des processus aigus d’hépatisation dans les alvéoles, ce qui nous fait croire que nous pouvons trouver le tréponème dans les crachats durant cette période ».
« Dans les gommes à l’état de crudité, on les trouve en quantité énorme et en état d'intégrité parfaite où nous les avons vus jusqu'à acquérir des grandeurs vraiment gigantesques ; à côté de ces types géants, il y en a d’autres courts avec 4, 5, 6 cu 8 festons ; d’autres types se font gros ct très courts, granuleux et rétractés, comme momifiés, en adoptant des formes très variées en S, V, U, en Y, en hamecçon, et finalement, étant en proie à des états de dégénération totale, corrélatifs aux mêmes processus qui ont lieu dans les tissus (zone de caséification, des gommes ou pneumonie), ils arrivent à la fragmentation granuleuse. »
« Morphologiquement, ils suivent de près la régression des tissus, c’est pour cela que dans la partie ramollie on ne trouve pas de germes, où ceux qui survivent ont des formes de régTeSsiON ).
« Mais le tréponème ne peut pas produire la gomme sans la
lésion des vaisseaux ».
En résumé. L'infection syphilitique du nouveau-né ou de l'adulte se fait par la voie vasculaire, c'est une véritable septicémie. Chez ‘le ‘ fœtus, le poumon est irrigué
après le foie, ce qui explique la prédominance des lé-
sions en première ligne sur cet organe et ensuite sur le poumon.
Sans vouloir reprendre la théorie de Schlimpert, l'apport du tréponème par la voie sanguine explique la prédominance des lésions sur les bronches (axe conjonctivo-vasculaire) et sur le tissu sous-pleural (charpente connective très vasculaire).
Il est facile de comprendre maintenant l'affinité du tréponème pour les bronches et pour la plèvre, de mèême que la formation des broncho-pathies et de la sclérose pleurogène syphilitiques.
Au niveau des bronches, la pullulation des tréponèmes se fait surtout au niveau des cellules épithéliales (entre et au dedans d'elles).
Le long des fibrilles conjonctives du chorion.
Dans la tunique adventice.
Dans les vaisseaux (à l'intérieur des parois et dans le sang circulant).
Dans les zones Ivmphatiques péri-bronchiques et souspleurales.
Ces notions très importantes facilitent grandement l'étude histo-pathogénique de la syphilis bronchique.
IT. — La Formation des Bronchopathies
L'étude d'un cas de syphilis acquise non compliquée de tuberculose observée par MM. Winar et LETuLLE (203 bis) permet de suivre toutes les péripéties de la bataille qui se