O LA FORMULE
En quoi pareil désir peut-il t'humilicr?. .
Tiens, vois, c'est à genoux que je veux t'en prier.. .
(// poic un gciwii ni terre)
GERMAINE, s'en éloiginnit
Non pas! .. je connais mieux ma dignité de femme...
GASTON, se relevant vexé
due de ma dignité d'époux je me réclame, SoutYrc-le donc aussi ! . .
GERMAINE, vivement
C'est ce que je disais :
Le fais-tu?
GASTON
iMon Dieu, non !
GERMAINE, agressive
Et si tu le faisais?. .
GASTON
De grâce!
GERMAINE avec j'en
Je ne puis t'interroger peut-être! . .
En prenant un époux nous nous donnons un maître, N'est-ce pas?.. C'est bie" là que tu veux en venir : L'homme doit commander et la femme obéir!..
GASTON
Fort bien! Ajoute donc : Cette loi, je la brave...
GERMAINE
Dit-elle que la femme obéisse en esclave?..
Non! .. nous dictant nos droits et devoirs à chacun.
Elle veut que l'époux garde le sens commun...
ècÈNE VI 3i
GASTON
Germaine, est-ce bien toi qui me tiens ce langage?.. Le diable, pour venir troubler notre ménage, A bien choisi son jour!. . duant à « ton cher Gaston «, Il tombe de son haut : tu le prends sur un ton!.. Pour la première fois je te vois révoltée . . .
GERMAINE Pour la première fois je suis ainsi traitée!..
GASTON
En esclave, as-tu dit!.. Toi!.. J'en suis ahuri!.. Et je n'ai plus le sens commun, moi, ton mari! .. Q.u'importe maintenant qu'ils soient ou non sottises, Ces mots malencontreux? il faut que tu les dises, Germaine : le débat, dès ce moment, n'est plus Q.ue de voir si, pour toi, mes vœux sont superflus . . .
GER.MAINE, 1res arrcléc Non!
GASTON Songe à notre amour!
GERMAINE
L'amour armé du Code!., (i)
G.\STON, se tcunuDil vers Gtriiuiinf
Allons, voyons, Germaine!.. Eh bien?
GERMAINE
Eh bien, je brode...
(l) Elle va s'nsseoir près (Je la table à ouvrage et reprend sa broderie. Gaston, d'abord hésitant, va s'asseoir à droite du guéridon et prend le journal. — Jeu muet. Long silence.
GASTON Tu boudes, veux-tu dire... Allons y songes-tu? »
GERMAINE, très nerveuse
De mieux en mieux : boudeuse! encore une vertu Q.ui depuis ce matin sans doute m'est échue!..
GASTON, conciliant La langue m'a fourché...
GERMAINE
C'est qu'elle est trop fourchue, Décidément. ..
GASTON {Ion de rcproct'c)
Germaine!. .
GERMAINE, /o»!r/(i»/ en larmes
... et je m'en aperçois, Hélas, cruellement aux coups que je reçois!.. Ah! je suis bien à plaindre !..
GASTON, très agité et se levant
Et vlan!., la cataracte!..
Voici que l'opérette est drame au second acte : Puisse le dénoûment en être plus heureux!..
GER.MAINE, sanglotant Et dire que tantôt encore... Oh! c'est affreux!..
GASTON
Germaine, en quel état faut-il que je te voie. Quand deux mots suffiraient à nous rendre la joie!.. Voyons, dis-les bien vite et que tout soit fini! . . Si je fus maladroit, j'en suis assez puni