CET
chialgie constante dans la région lombaire, sensation de membres battus, contusionnés, brisés.
motrice : grande faiblesse, courbature généralisée. psychique : lassitude, ennui, somnolence.
Appareil respiratoire :
Rougeur de la gorge et du pharynx, Catarrhe nasal et laryngé, sensation de gorge irritée avec toux sèche et douloureuse : Toux quinteuse.
Appareil digestif :
L'état de la langue est caractéristique. C’est la langue opaline et porcelainée, décrite par Faisans il y a trente ans.
Elle est humide, uniformément lisse, unie. Les papilles ne sont pas apparentes. La teinte blanc-bleutée la fait comparer à une mince lame d’émail, très adhérente. Elle se voit toujours sur la partie médiane et sur la base de la langue. Quelquefois elle est cachée par un enduit saburral dû à un catarrhe digestif; mais cetenduit n’est pas adhérent.
La langue opaline apparaît dans les 2-3 premiers jours de la maladie et persiste pendant toute sa durée. Elle indique que la maladie n’est pas guérie et qu’elle est encore sujette à une recrudescence.
Parfois le malade se plaint de troubles digestifs (vomissements, diarrhées, anorexie), mais normalement ces symptômes passent au second plan.
Il y a des cas aigus qui peuvent être mortels dans cette période de la maladie.
Les cas bénins durent quelques jours et après une convalescence «laborieuse », tout rentre dans l’ordre.
Dans les formes moyennes on observe après trois à quatre jours une chute de température de 2-39, accompagnée parfois de sueurs profuses, de défaillance du pouls et de cyanose du visage. Cette chute est bientôt suivie d’une reprise égale. TEISSIER en 1889 et son élève Menu, dans sa thèse, ont décrit ce phénomène sous le nom de V grippal. Ils considèrent cette défervescence comme caractéristique. Le V grippal a de nouveau été observé en 1918. Von JAGIc notamment distingue d’après la température trois stades dans la grippe (ascension thermique, V grippal, descente de la température). Il a remarqué que la formule sanguine variait selon ces mêmes stades. En France, BEZANÇON considère le V grippal comme cactéristique de la grippe.
La période d'état est celle qui suit le V grippal.
La fièvre est continue et présente des rémissions matinales. Tous les symptômes s’accentuent, le pouls devient très faible, accéléré, mou et dépressible : pouls hypotendu. Le myocarde est altéré et provoque souvent une mort subite.
Mais la période d'état s’annonce surtout par l’apparition des signes de localisation pulmonaire. Les manifestations pulmonaires se traduisent par de la Op et de la cyanose.
Les signes physiques sont faibles en comparaison. Cette faiblesse peut. s'expliquer par l'atteinte des muscles thoraciques et par la bronchoplegie (muscles de REISSESSEN), véritable paralysie pulmonaire, signalée par HUCHARD.
Le 19 —
"Les signes d’auscultation sont variables de siège et d'intensité. Ces variations sont journalières et l’on peut rencontrer toute la gamme des pneumopathies: congestion, bronchite muco-purulente, bronchite capillaire, œdème aigu du poumon, pneumonie lobulaire, bronchopneumonie.
La durée de cette période est de huit à dix jours en moyenne. La terminaison est annoncée par la chute en lysis de la température. Le pouls reste encore faible et accéléré. L’asthénie nerveuse est tenace, et un auteur à pu dire que la convalescence dans la grippe était une «seconde maladie» (RÉMOND de Metz).
Quand l’évolution est mortelle elle l’est le plus souvent par toxi-infection, œdème aigu du poumon, pneumonie, bronchopneumonie et surtout par D Se cardiaque.
On a pu établir plusieurs formes cliniques de la grippe.
Elles varient suivant la localisation dominante des symptômes, suivant leur intensité et suivant le terrain sur lequel elles évoluent.
C'est ainsi que suivant la localisation on a établi une forme nerveuse (asthénie et céphalalgie), une forme pulmonaire (congestive ou hémoptoïque, œdémateuse, asphyxiante [bronchite capillaire] pneumonique et
broncho-pneumonique) et une forme gastro-intestinale
ou pseudo-typhoïdique.