CHAPITRE XI
ORGANISATION DÉFENSIVE DES CLÔTURES ET DEâ BOIS.
Organisation défensive des clôtures.
Les haies sont très-utiles, parce qu'elles cachent les tireurs et diminuent ainsi leurs pertes. On y pratique des ouvertures à hauteur convenable, pour observer le terrain et faire feu. Lorsqu'on veut protéger plus efiScacement les tireurs, on creuse en arrière une tranchée-abri dont les terres sont relevées contre la haie. (Fig. 6, pL V.) On peut, en outre, établir sur cette masse couvrante des bonnettes de 0™40 d'épaisseur et de 0°^25 de hauteur.
S'il est nécessaire de créer des couverts plus résistants, on construit un parapet en avant de la haie. (Fig.l4,pLV.)
Cette disposition permet aussi de mieux observer
le terrain, parce que le tireur peut se rapprocher davantage du masque de verdure.
Le parapet, ne devant être défendu que par un rang de tireurs, peut, comme dans le cas précédent, être pourvu de bonnettes.
Lorsqu'une haie est trop épaisse ou trop touffue pour qu'on y puisse pratiquer des créneaux, on établit, derrière, un rang de tireurs couchés, qui visent par les jours que présente le pied de ces haies, généralement peu garnies du bas. Ces tireurs se préserveront des feux de l'ennemi en construisant une tranchée analogue à celle de la fig. 4, pi. L
Les treillis et les grilles sont utilisés de la même manière que les haies. Il convient toutefois de prendre certaines précautions pour maintenir les terres déposées contre ces obtacles. On se sert, à cet e£Pet, de gazons, de planches, de fagots, de menus branchages, de gerbes de blé, ou de clayons, tressés entre les fuseaux, si l'obstacle est une grille.
Pour organiser défensivement une clôture en planches et en madriers ^ on y pratique des créneaux à 1°^30 au-dessus du sol, et on la renforce avec de la terre provenant d'une tranchée de 1°*00 de profondeur, creusée en avant. (Fig. 12, pi. V.)
On peut aussi construire derrière la clôture une tranchée de 0"^50 de profondeur, et élever contre la
paroi un parapet de 0™80 de hauteur; mais alors l'obstacle offre moins de garanties contre l'attaque de vive force et contre la destruction au moyen de saucissons de dynamite.
Les murs protègent parfaitement les défenseurs contre les feux de mousqueterie ; mais, battus par l'artillerie, ils produisent des éclats dangereux (à moins qu'ils n'aient 1°^00 d'épaisseur).
On tire au-dessus des murs, quand ils sont peu élevés ou qucmd ils ont trop d'épaisseur ou de dureté pour qu'on y puisse pratiquer des créneaux. Dans tous les autres cas, on emploie des créneaux pour donner plus de sécurité aux tireurs.
Lorsque le mur a moins de 1™30 de hauteur, on creuse, en arrière, une tranchée d'une profondeur égale à la différence et on construit, en avant, un fossé, pour augmenter les difficultés de l'escalade. (Fig. 13, pi. V.)
Lorsque la hauteur du mur permet d'y pratiquer des créneaux, on doit ou bien élever ceux-ci à un niveau tel, que l'ennemi ne puisse pas s'en servir ni les emboucher S ou bien creuser un fossé en avant du mur, comme dans le cas précédent.
Pour tirer au-dessus d'un mur élevé, on con-
^ Ils doivent, pour satisfaire à cette condition, se trouver à plus de S"K)0 au-dessus du sol.
310 LA FOBTinCATION IMPROVISÉE
struit, derrière, une banquette en terre ou une banquette en planches, soutenue par des tonneaux, des bancs, des tables, des chaises, etc. La banquette en terre a la propriété de couvrir les tireurs après que le mur est en partie détruit par l'ennemi. (Fig. 23, pi. V.)
Si le mur a au moins 2°^60 de hauteur, on peut établir, derrière, deux lignes de fusiliers; la première tirera par des créneaux et la seconde, par-dessus le mur, en montant sur une banquette en madriers, soutenue par des échafaudages; mais ce dispositif exige beaucoup de temps et l'emploi de matériaux que l'on n'a pas toujours sous la main.
Comme le moyen le plus facile et le plus sûr de vaincre l'obstacle que présentent des inurs élevés est d'y appliquer des saucissons de dynamite, il sera souvent utile d'établir la banquette à 0°*80 seulement sous la crête du mur. Les hommes qui tireront assis seront alors entièrement couverts, et ceux qui tireront à genoux ne seront pas plus exposés que s'ils faisaient feu en se tenant debout derrière une masse couvrante de 1™30 de hauteur. Lorsque l'ennemi s'approchera du mur, pour y appliquer des sacs de poudre ou des saucissons de dynamite, les défenseurs pourront l'atteindre en se mettant debout et en tirant, penchés en avant, au-dessus du mur.
On peut également obtenir un double étage de feux lorsque le mur a seulement 2l°^00 de hauteur, en perçant des créneaux à 1°*30 au-dessus du sol et à 1™20 les uns des autres, et en formant une seconde rangée de créneaux, dans les intervalles des précédents, à O'^^O au-dessus du sol. (Fig. 17, pi. II.) L'ouverture intérieure des créneaux de la rangée supérieure a environ 0°^12l de hauteur et O'^SO de largeur, et l'ouverture intérieure de la rangée basse a environ 0°^20 de hauteur et 0°^12 de largeur'. Les dimensions des ouvertures extérieures varient avec l'épaisseur du mur. Les cré-
neaux supérieurs permettent le tir horizontal et incliné vers le bas, et les créneaux inférieurs, le tir horizontal et incliné vers le haut.
Les créneaux évasés vers l'intérieur préservent mieux les tireurs que les créneaux évasés vers l'extérieur; mais ceux-ci sont préférables, parce qu'ils permettent de mieux observer ce qui se passe dans le champ de tir. On construira donc de la sorte les créneaux destinés à la surveillance et au flanquement.
Quand l'épaisseur du mur dépasse 0°*60, on accé-
^ Ces dimensions ne sont données qn*à titre d*indication. Dans la pratique, les créneaux seront généralement des trous irréguliers sans forme définie.
1ère le travail en Tattaqnant des deux côtés ; on obtient alors des créneaux à double évasement, avec rétrécissement minimum de 0"*10.
Les créneaux horizontaux donnent un plus grand champ de tir que les créneaux verticaux, mais ils affaiblissent davantage le mur.
L'espacement des créneaux est, en général, de 1»00.
Organisation défensive des bois.
Le manuel du pionnier allemand donne, à cet égard, des indications très-précises, que nous résumerons en peu de mots.
Pour empêcher que l'ennemi ne pénètre facilement dans un bois, on forme un abatis d'arbres le long de la lisière que le défenseur doit occuper. Il convient que cet abatis soit flanqué par les parties saillantes du bois ou qu'il soit tracé de manière que ses diverses lignes se flanquent mutuellement.
Quand la lisière a un grand développement, on se contente de former des abatis aux saiUants, qui sont des points d'attaque.
Dans les bois de haute futaie, ^on^ empile entre les arbres de la lisière de grosses branches disposées en abatis.
Dans les bois composés de bouquets d'arbres ou de taillis^ on abat de petits arbres, à une distance de iO à 20"^00 de la lisière, et on les engage entre les arbres les plus avancés, restés debout.
Les tireurs se blottissent derrière le masque ainsi formé, en utilisant autant que possible les gros arbres pour se couvrir.
SU n'y a pas de gros arbres, on crée des couverts en terre derrière les points les plus importants du masque.
La fig. 7, pi. V, représente un couvert de ce genre, portant le nom de parapet-abatis^
La fig. 25 et la fig. 16, pi. II, en représentent un autre, qu'on forme en empilant transversalement des branches d'arbres sur les extrémités des grosses branches ou des petits arbres d'un abatis. On les maintient par des piquets et l'on consolide ensuite toute la masse à l'aide de gazons ou de terre.
On construit des parapets de ce genre en avant de la lisière d'un bois, pour flanquer de longues parties en ligne droite ou pour couvrir le débouché d'un chemin important.
La fig. 5, pi. V, offre un exemple de la première disposition, et la fig. 8, un exemple de la seconde. Les parties saillantes a et 6 sont flanquées par des
* Ce type est extrait de Touvrage du capitaine Brunner.
314 LA FORTIFICATION DfPROVISÉE
parapets-abatis servant également à battre les passages (indiqués par des traits pointillés) qu'il importe de laisser libres pour les besoins de la défense.
On barre les chemins des bois en jetant des arbres en travers ou en construisant des barricades défensives, composa de troncs d'arbres empilés, entre lesquels on serre de fortes branches formant abatis. {Fig. 19, pL V.)
Un point important dans Toi^anisation défensive des bois est l'amélioration des chemins existants et l'ouverture de chemins nouveaux.
Il doit y avoir une communication directe en arrière de la ligne des tirailleurs ; on la crée en coupant, sur une zone de 8 à 10"00 de largeur, les arbres et les taillis nécessaires pour la construction de l'abatis. Il doit y avoir, en outre, des communications directes entre la lisière, les soutiens et les réserves.
Lorsqu'un soutien doit occuper un endroit exposé, on l'abrite contre les éclats de projectiles et les éclats de bois au moyen de tranchées-abris ou de masques en bois et en terre. (Fig. 27, pi. V.)
Afin de pouvoir continuer la défense du bois après la perte de la lisière, on barre, de distance en distance, les chemins qui aboutissent aux points d'attaque et on crée une seconde ligne de défense
parallèle à la lisière; cette ligne est composée d'abatis et de couverts, longeant une large percée faite dans le bois, pour laquelle on utilise, autant que possible, les chemins existants et les clairières. On a soin de ménager dans cette ligne des ouvertures sufiSsantes pour assurer la retraite des troupes de la première ligne.
La défense de la seconde ligne doit être confiée aux réserves spéciales * . Les tirailleurs et leurs soutiens se reforment en arrière. Pendant ce mouvement de retraite, la réserve générale doit prendre de grandes précautions pour empêcher que l'ennemi ne s'avance par les côtes du bois et ne tourne ainsi les défenses intérieures.
V École de fortification de campagne, à l'usage des troupes du génie français, renferme les prescriptions suivantes :
« Pour empêcher l'ennemi de pénétrer dans un bois, garnir la lisière d'abatis derrière lesquels les défenseurs prennent position, soit en profitant du fossé qui généralement suit cette lisière et que l'on transforme en tranchée-abri, soit en s'installant dans une tranchée-abri plus ou moins large et peu profonde, dont le parapet vient s'appuyer contre l'extrémité de l'abatis.
' Nous désignons ainsi les réserves des tirailleurs.
pcu'apets-abatis servant paiement à battre les passages (indiqués par des traits pointillés) qu'il importe de laisser libres pour les besoins de la défense.
On barre les chemins des bois en jetant des arbres en travers ou en construisant des barricades défensives, composées de troncs d'arbres empilés, entre lesquels on serre de fortes branches formant abatis. (Fig. 19, pL V.)
Un point important dans l'organisation défensive des bois est l'amélioration des chemins existants et l'ouverture de chemins nouveaux.
Il doit y avoir une communication directe en arrière de la ligne des tirailleurs ; on la crée en coupant, sur une zone de 8 à 10°^00 de largeur, les arbres et les taillis nécessaires pour la construction de l'abatis. Il doit y avoir, en outre, des communications directes entre la lisière, les soutiens et les réserves.
Lorsqu'un soutien doit occuper un endroit exposé, on l'abrite contre les éclats de projectiles et les éclats de bois au moyen de tranchées-abris ou de masques en bois et en terre. (Fig. 27, pi. V.)
Afin de pouvoir continuer la défense du bois après la perte de la lisière, on barre, de distance en distance, les chemins qui aboutissent aux points d'attaque et on crée une seconde ligne de défense
parallèle à la lisière; cette ligne est composée d'abatis et de couverts, longeant une large percée faite dans le bois, pour laquelle on utilise, autant que possible, les chemins existants et les clairières. On a soin de ménager dans cette ligne des ouvertures suffisantes pour assurer la retraite des troupes de la première ligne.
La défense de la seconde ligne doit être confiée aux réserves spéciales ^ Les tirailleurs et leurs soutiens se reforment en arrière. Pendant ce mouvement de retraite, la réserve générale doit prendre de grandes précautions pour empêcher que l'ennemi ne s'avance par les côtes du bois et ne tourne ainsi les défenses intérieures.
V École de fortification de campagne, à l'usage des troupes du génie français, renferme les prescriptions suivantes :
« Pour empêcher l'ennemi de pénétrer dans un
bois, garnir la lisière d'€d)atis derrière lesquels les défenseurs prennent position, soit en profitant du fossé qui généralement suit cette lisière et que l'on transforme en tranchée-abri, soit en s'installant dans une tranchée-abri plus ou moins lai^e et peu profonde, dont le parapet vient s'appuyer contre l'extrémité de l'abatis.
^ Noas désignons ainsi les résenes des tirailleurs.
314 LA FORTIFICATION IBIPROVISÊE
parapets-abatis servant également à battre les passages (indiqués par des traits pointillés) qu'il importe de laisser libres pour les besoins de la défense.
On barre les chemins des bois en jetant des arbres en travers ou en construisant des barricades défensives, composées de troncs d'arbres empilés, entre lesquels on serre de fortes branches formant abatis. {Fig. 19, pL V.)
Un point important dans l'organisation défensive des bois est l'amélioration des chemins existants et l'ouverture de chemins nouveaux.
Il doit y avoir une communication directe en arrière de la ligne des tirailleurs ; on la crée en coupant, sur une zone de 8 à lO'^OO de largeur, les arbres et les taillis nécessaires pour la construction de l'abatis. Il doit y avoir, en outre, des communications directes entre la lisière, les soutiens et les réserves.
Lorsqu'un soutien doit occuper un endroit exposé, on l'abrite contre les éclats de projectiles et les éclats de bois au moyen de tranchées-abris ou de masques en bois et en terre. (Fig. 27, pi. V.)
Afin de pouvoir continuer la défense du bois après la perte de la lisière, on barre, de distance en distance, les chemins qui aboutissent aux points d'attaque et on crée une seconde ligne de défense
parallèle à la lisière; cette ligne est composée d abatis et de couverts, longeant une lai^e percée faite dans le bois, pour laquelle on utilise, autant que possible, les chemins existants et les clairières. On a soin de ménager dans cette ligne des ouvertures suffisantes pour assurer la retraite des troupes de la première ligne.
La défense de la seconde ligne doit êb'e confiée aux réserves spéciales * . Les tirailleurs et leurs soutiens se reforment en arrière. Pendant ce mouvement de retraite, la réserve générale doit prendre de grandes précautions pour empêcher que Tennemi ne s'avance par les côtes du bois et ne tourne ainsi les défenses intérieures.
V École de fortification de campagne, à l'usage des troupes du génie français, renferme les prescriptions suivantes :
« Pour empêcher l'ennemi de pénétrer dans un bois, garnir la lisière d'abatis derrière lesquels les défenseurs prennent position, soit en profitant du fossé qui généralement suit cette lisière et que l'on transforme en tranchée-abri, soit en s'installant dans une tranchée-abri plus ou moins large et peu profonde, dont le parapet vient s'appuyer contre l'extrémité de l'abatis.
^ Nous désignons ainsi les réserves des tirailleurs.
314 LA FORTinCATION IlIPROYISÉE
p6irapets-abatis servant également à battre les passages (indiqués par des traits pointillés) qu'il importe de laisser libres pour les besoins de la défense.
On barre les chemins des bois en jetant des arbres en travers ou en construisant des barricades défensives, composées de troncs d'arbres empilés, entre lesquels on serre de fortes branches formant abatis. (Fig. 19, pi. V.)
Un point important dans l'organisation défensive des bois est l'amélioration des chemins existants et l'ouverture de chemins nouveaux.
Il doit y avoir une communication directe en arrière de la ligne des tirailleurs ; on la crée en coupant, sur une zone de 8 à lO'^OO de largeur, les arbres et les taillis nécessaires pour la construction de l'abatis. Il doit y avoir, en outre, des communications directes entre la lisière, les soutiens et les réserves.
Lorsqu'un soutien doit occuper un endroit exposé, on l'abrite contre les éclats de projectiles et les éclats de bois au moyen de tranchées-abris ou de masques en bois et en terre. (Fig. 27, pi. V.)
Afin de pouvoir continuer la défense du bois après la perte de la lisière, on barre, de distance en distance, les chemins qui aboutissent aux points d'attaque et on crée une seconde ligne de défense
parallèle à la lisière; cette ligne est composée d'abatis et de couverts, longeant une large percée faite dans le bois, pour laquelle on utilise, autant que possible, les chemins existants et les clairières. On a soin de ménager dans cette ligne des ouvertures suflSsantes pour assurer la retraite des troupes de la première ligne.
La défense de la seconde ligne doit être confiée aux réserves spéciales * . Les tirailleurs et leurs soutiens se reforment en arrière. Pendant ce mouvement de retraite, la réserve générale doit prendre de grandes précautions pour empêcher que l'ennemi ne s'avance par les côtes du bois et ne tourne ainsi les défenses intérieures.
V École de fortification de campagne, à l'usage des troupes du génie français, renferme les prescriptions suivantes :
ce Pour empêcher l'ennemi de pénétrer dans un bois, garnir la lisière d'abatis derrière lesquels les défenseurs prennent position, soit en profitant du fossé qui généralement suit cette lisière et que l'on transforme en tranchée-abri, soit en s'installant dans une tranchée-abri plus ou moins large et peu profonde, dont le parapet vient s'appuyer contre l'extrémité de l'abatis.
^ Nous désignons ainsi les réserves des tirailleurs.
316 LA FORTinCATION IMPROVISÉE
ce Quand le bois est de grande étendue, on se contente de garnir d'abatis les parties saillantes, dont les feux empêchent Tennemi d'aborder les rentrants.
c( On a soin de placer des poteaux indicateurs, ou mieux de mettre des sentinelles, à toutes les croisées de routes, pour indiquer aux défenseurs la voie à suivre.
<c 11 va de soi que, de même que devant toute position qui doit être défendue, il faut supprimer tout ce qui gêne ou masque les vues du défenseur et, par conséquent, raser les buissons et abattre les arbres placés dans le champ du tir. »
Cette prescription est trop absolue. Dans bien des cas, en effet, la défense sera moins entravée par des arbres laissés debout devant la lisière d'un bois que par des arbres abattus, à moins qu'on n'ait le temps de les enlever ou de les brûler.
Quant à la première prescription, elle est peu réalisable, en ce sens qu'on peut difficilement construii^e une tranchée-abri en arrière d'un abatis de lisière, dans un terrain obstrué par des souches et des racines.