L. H. J. de Bourbon
Et le jour même, le duc d'Orléans, qui avait une foule de bonnes raisons pour ne pas trouver la demande indiscrète, s'empressait de répondre :
9 mai 1822.
Vous avez bien raison. Monsieur, de compter sur la satisfaction bien réelle avec laquelle nous voj^ons approcher un jour qui doit resserrer les liens qui nous unissent déià et nous donner un gage de plus de votre amitié pour nous. Si nous n'avons invité que .Mme de RuUy parmi les femmes de votre maison, c'est d'abord que nous n'ignorons pas qu'elle a l'honneur de vous appartenir particulièrement et ensuite c'est que c'est la seule que nous connaissions et quoique nous ayons su que les trois dames que vous voulez bien me nommer ont été présentées au roi et aux princes nos aines (2). néanmoins elles n'ont pas demandé à l'être à Mme la duchesse d'Orléans et à ma sœur, mais nous ne pouvons mieux faire que de nous en remettre à vous, Monsieur, pour faire â cet égard tout ce que vous jugerez à propos et vous
(1) La modeste baronne faisait insérer son nom entre les deux autres, place justement choisie d'ailleurs : In medio 3tat virlus.
(2) L'honneur d'une entrée à la cour avait en effet été obtenu pour Mme de Feuchères. Elle ne devait pas tarder à en être privée. Un ordre d'expulsion lui fut signifié au moment le sa séparation d'avec son mari. « Le roi, — dit Crétineauloîy, — avait jugé qu'une pareille femme n'était pas digne de s'incliner .sous le regard de la fille de Louis X\'I. » Comment cet écrivain s'est-il abstenu de toute réllexion lorsque, quelques années plus tard, la fille de Louis XVI admit cette même femme à « s'incliner sous son regard » ?
pouvez être bien sûr que nous recevrons toujours bien volontiers toutes les personnes qu'il vous conviendra de nous amener. C'est de tout mon cœur que je vous renouvelle l'expression du tendre, constant et sincère attachement que je /ous ai voué pour la vie.