IV AVANT-PROPOS
Jusqu'à présent, sauf un très petit nombre, les historiens laissent de côté l'économie politique, les économistes s'abstiennent d'aborder l'histoire. Il est cependant une école très savante, qui extrait des trésors du sein des bibliothèques, mais elle répugne généralement à en tirer parti. Elle livre au public des blocs de marbre, qu'il ne lui plaît ni de tailler ni de voir tailler. Y porter une main profane, interpréter, dévêtir, débarbouiller seulement ces documents, vierges de toutes explications, inféconds par là même, c'est, aux yeux de ces maîtres trop scrupuleux, commettre une sorte de viol historique, réduire un texte inattaquable en une vile pâte à dissertation. De peur de faire mentir ce texte en le faisant parler, ceux-là préfèrent le voir se taire. Cependant, s'il se tait, nous ne saurons rien.
Longtemps nos yeux, dans le passé, n'ont aperçu que Técorce des choses, les modifications toutes extérieures des royaumes, les têtes qui dépassaient le niveau des foules, les faits qui dérangeaient le cours ordinaire de la vie.