CHAPITRE X
L'ENSEIGNEMENT RELIGIEUX DE LA MAÇONNERIE EST LA NÉGATION DE LA RÉVÉLATION ET DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
Avant d'examiner la valeur de cet enseignement maçonnique, posons aux maçons les deux questions suivantes :
1°. La doctrine des loges est-elle conforme à celle de l'Eglise Catholique et de la Révélation ?
S'il en est ainsi, pourquoi vous formez vous en société spéciale pour redire à des chrétiens ce qu’ils savaient déjà ? Pourquoi surtout vous vantez. vous d’une morale dont la gloire revient de droit à. J.-C. et à la société qu’il fonda pour perpétuer son enseignement ?
2°, Votre doctrine maçonnique, au contraire, estelle différente de celle de J.-C. et de l’Eglise ?
Mais alors que prétendez-vous donc nous donner de meilleur ? de plus propre à perfectionner l’homme et la société que la doctrine et la morale de PEvangile ?
Une pareille assertion n’est-elle pas un blasphême impie, un renoncement complet à l’autorité doctrinale de J.-C. et de son Eglise ?
Que les maçons répondent.
La Maçonnerie Anglo-Canadienne demande à ses
RE RP TE ETS EE LR Te TU Te De ONE de M 2 - dd a PES PA D Lee ‘LÉ LC de ET Const Tom - 5 EE SE SR RS SÉRS ESS dS
a PE PEN Re PPT UT NT MR DR Re M MR ee PA Ro PS ET Se en À a PT
membres de croire à l’existence de Dieu. C’est le premier et unique article de foi du symbole maçonnique.
Oui.—Mais le Dieu des loges n’est pas Celui que les chrétiens adorent.
Ce n’est pas le Dieu Unique dans la Trinité de Personnes, qui aima le monde au point de lui donner son Fils pour le racheter, son Esprit divin pour le sanctifier.
“ La Maçonnerie, disait un maçon italien en 1803, ne connaît qu’un Dieu Unique, immense, immuable, créateur et conservateur des mondes, en excluant toute idée hétérodoxe d'une filiation ou d’une procession co-éternelle et infinie.” (a)
Les loges canadiennes se font exactement la même idée de Dieu.
& Ta Maçonnerie ne définit pas expressément le concept qu’elle se forme de la Divinité. Elle demande seulement à ses candidats de croire à un Etre personnel, doué de facultés qu’il exerce selon son bon plaisir.” (b) à
Voilà pourquoi le juif aussi bien que le chrétien peut être admis dans les loges canadiennes.
Le Dieu de la Maçonnerie est donc la Divinité que les philosophes de Rome et d’Athènes révéraient dans le secret de leurs assemblées. C’est le Dieu que les rationalistes, les déistes, tous ceux qui rejettent la révélation, sans vouloir pourtant être athées,
(a) OI. Janet, t. III, p. 297.
(&) Annuaire mag. de Québec, 1881, p.
consentent encore à reconnaître et à adorer. La Maçonnerie le nomme tantôt le Grand Architecte de l'Univers, tantôt le Grand Géomètre ou encore l’Etre Suprême.
Pour connaître l’existence de ce Dieu Créateur et Maître-Souverain, les seules lumières de la raison suffisent à l’homme.
La Maçonnerie s’en tient là.
Elle regarde comme inutiles ou peu sûrs, les développements que la Révélation est venu ajouter à cette connaissance primitive de Dieu.
Elle ignore complètement la Révélation et la mission de l'Eglise ; et pour la conduite de la vie, elle ne demande de règles qu'aux seules lumières de la raison.
Cet enseignement eût été bon dans les écoles de Rome et d'Athènes.
Après dix-huit siècles de christianisme, il est insuffisant et incomplet.
Pour des païens, cette doctrine eût été un progrès.
Pour des chrétiens, c’est une décadence et une apostasie.
Que trouvons nous, en effet, dans cette doctrine des loges ?
Des principes élémentaires de morale naturelle “ des maximes humanitaires,” l'éloge de vertus toutes humaines, en un mot un enseignement purement rationaliste.
Voilà ce que nous voyons au 1er degré
La morale naturelle remplace la Morale surnaturelle et revélée.
Au second degré la Science se substitue à la Foi. L'homme est ainsi renfermé dans une sphère purement humaine.
L’élement surnaturel fait complètement défaut, Il est banni et de la croyance religieuse, et de la morale qui règle les devoirs envers Dieu, le prochain et soi-même.
Et pourtant la Maçonnerie donne cette doctrine, comme supérieure à toute autre doctrine, elle se vante d’être l'institution “ la plus morale qui exista jamais.” Elle se propose par ces instructions “ d'élever le niveau de l'intelligence, de faire progresser la morale et de conduire la société à sa plus haute perfection possible.”
Quelles conclusions tirer déjà ?
C’est que la Maçonnerie canadienne, comme la Maçonnerie continentale considère la Révélation et la mission de l'église, comme parfaitement inutile, sinon nuisible à l’hcmme et à la société.
Elle les nie pratiquement.
Si l’homme, en effet, par les seules lumières de la raison, peut connaître complètement ce qu’il y a à faire pour se conduire honnêtement et atteindre la perfection de son être, il faut en conclure qu’il n’a pas été atteint dans son intelligence et dans sa volonté par ce que les chrétiens nomment la faute originelle.
Si la faute originelle n'existe pas; l’homme n’a eu besoin ni de relèvement ni de rédemption.
Par conséquent l’Incarnation du Fils de Dieu, sa mission divine, sa médiation entre Dieu et l’homme coupable, la nécessité de la grâce, la vie surnaturelle, la mission de l'Eglise, ses dogmes et ses sacrements tout cela n’est que “ préjugés, superstitions, mensonges.”
Un maçon éclairé s'élève au dessus de ces croyances populaires... et les méprise.
Aussi dans ces trois premiers grades où elle forme l'esprit de ses membres par sa doctrine religieuse, la maçonnerie ne dit-elle vas un mot de Jésus-Christ et de son Eglise.
Jésus-Christ pour elle est non avenu.
Ce n’est pas un Dieu qu’il faut adorer et suivre. C’est un homme, un sage, si l’on veut, mais il n'a pas le droit de se substituer à la Raison humaine, et de marcher à sa place à la tête de l'Humanité.
Ces conclusions, ilest vrai, ne seront peut être pas aperçues par les naïfs ou les ignorants qui se présentent aux loges. Aussi la Maçonnerie ne comptet-eile pas sur ces gens là pour avançer son œuvre.
Elle s'adresse aux esprits cultivés et perspicaces. Eux, du moins, tireront facilement des principes maçonniques les conséquences qu’ils renferment.
À la place de la morale surnaturelle, ils prendront comme règle de leur vie, la morale naturelle et humaine ; ils remplaceront les dogmes révélés par
ce que l’on nomme aujourd’hui orgueilleusement la Science.
Ils cesseront’d’être Chrétiens pour devenir simplement des Rationalistes, des Franc-Maçons.