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LES SIGNATURES

La signature ornée d'un signe maçonnique n'a jamais été obligatoire pour les initiés, ni dans leurs signatures courantes, ni même dans leurs signatures maçonniques. A cet égard, il n'y a pas de règles, et c'est par zèle ou par nécessité que certains d'entre eux, environ la moitié, ont adopté les trois points symptomatiques.

On peut donc affirmer qu'il ne suffit pas qu'une signature n'ait pas de signes maçonniques pour que l'individu qui l'a faite ne soit pas f.\-m.\ „

Par contre, il faut reconnaître que le hasard seul ou la fantaisie ne peuvent expliquer l'introduction, dans une signature, des signes particuliers que nous allons énumérer. On peut tout au plus admettre que, dans des circonstances spéciales, ces signes aient été employés

par quelques mystificateurs ou quelques vaniteux de franc-maçonnerie.

Je suis parvenu à établir 60.000 fiches, et j'estime que j'ai à peine dépassé la moitié du nombre des initiés français pendant une période d'un siècle environ. Or, parmi les signatures ornées des signes maçonniques, j'ai pu établir que 83 0/0 d'entre elles figuraient sur mes listes. 11 n'est donc pas téméraire d'admettre que si je n'ai pu identifier les 17 0/0 qui restent, cela tient à l'état incomplet de mes listes.

Quels sont les signes distinctifs les plus usités ?

1° Les 3 points en ligne :

2° Les 3 points en ligne entre deux barres :

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3° Les deux barres : — 4° Les 3 points en triangle :

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Et, plus rarement les signes suivants :

Le troisième et le dernier de ces signes sont moins probants que les cinq autres et on les trouve souvent à la fin d'un document pour indiquer qu'il est terminé. Le dernier accompagne quelquefois des signatures notoirement profanes, celle de Molière par exemple.

Le signe le plus ancien nous vient d'Angleterre, où il était adopté avant 1745 : les 3 points en ligne et, quelquefois, ces points entre deux barres.

Le plus ancien diplôme français dans lequel j'ai constaté l'emploi des trois points entre les deux barres est du 7 juin 1760. Ce sont les deux premières séries et les deux barres sans points qui sont presque exclusivement adoptées jusque vers 1771, et jusqu'en 1820, elles sont encore les plus généralement employées.

Vers 1771 apparaissent les 3 points en triangle. La plus ancienne signature que je connaisse sous cette

forme, est celle du baron de Toussainct, qui, non content de mettre cette variante après son nom, le faisait précéder du type n° 2. Sans compter les autres fioritures hiramiques.

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La première pièce imprimée du Grand Orient, contenant les 3 points en triangle, est une circulaire du 12 août 1774, et l'emploi de ces trois points est exclusivement réservé à indiquer des abréviations dans l'emploi des mots usuels : G.\ 0.\ pour Grand Orient, G.\ A., de l'U.\ pour Grand Architecte de l'Univers, etc. Les procès-verbaux originaux, jusqu'en 1791, les seuls que j'aie eus en mains, en font même un usage très restreint.

A partir de 1771, et surtout de 1781, le type 4 se substitue de plus en plus aux types 1, 2 et 3, et, à partir de 1820, il est le type presque exclusivement adopté.

En dehors de ces types, une grande variété de signes Bt d'abréviations sont, par contre, en usage, mais exclusivement dans des documents maçonniques.

Ainsi, le duc de Luxembourg fait toujours précéder sa signature du triangle lumineux, au centre duquel il place la lettre hébraïque Yoth.

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D'autres remplacent ce Yoth soit par un Gamma, soit par un G, soit par trois points.

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Les signatures font aussi presque toujours mention des fonctions : V.'. (vénérable) ; G.*. 0.*. (grand orateur) ; G.*, des S.*, et Arch.\ (garde des sceaux et archives) ; F.*. Terr.\ (frère terrible); M.*. E.\ (maître écossais) ; S.*. P.*. R.'.f (Souverain Prince Rose-Croix); K.\ D.*. S.*. (Kadosch) et pour les grades supérieurs 32e, 33<.

Dans les diplômes écossais, particulièrement, on indique soigneusement la longitude et la latitude de la loge, comme si l'on était en pleine mer. Les signes cabalistiques et les écritures puérilement secrètes sont multipliés. Lorsqu'ils parlent de leurs très respectable frères, ils portent le zèle jusqu'à écrire TTT.\ RRR/ FFF.\, dételle sorte que le signe perd complètement sa valeur abréviative.

Dans les loges du rite d'Hérodom de Kilwining, les membres se distinguent par des noms de convention, noms de vertus philosophiques ou morales, en supprimant une partie des lettres du mot : S. n. c. r. t. (sin-

çérité), P. r. s. v. r. c. (Persévérance). Le grade suprême Astharta s'écrit A. s. t. r. t. Dans la Stricte Observance, les membres se placent sous l'invocation d'une planète, d'un objet, ou d'une épithète élogieuse ; ils signent en latin, d'abord leur prénom, puis la- mention du grade de chevalier, puis le nom de la planète ou de l'objet. Ainsi : Ferdinand, chevalier de la Victoire (Ferdinandus Eques a Victoria), est le duc Ferdinand de Brunswick ; Hubertus Eques a Tomba sacra est le baron de Dalberg ; Carolus Eques a Leone résurgente est le prince Charles de Hesse.

Tous les brevets sont rehaussés de larges rubans multicolores auxquels sont attachés des sceaux enfermés dans des boîtes en fer-blanc et parfois en argent. Tel brevet en possède sept ; sur l'un d'eux j'ai relevé près de cent signatures, et quelles signatures !

Les Templiers ajoutent, en dehors de leurs grades interminables, une croix à deux branches.

Les Amis Réunis sont plus compliqués; voyez Doazan;

Certains mettent cinq, sept, neuf points et même plus ; mais le record de la complication appartient sans contredit à Martines de Pasqually :

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Toutes ces fantasmagories avaient pour but de satisfaire la vanité des initiés et d'exciter la curiosité des profanes ; cela avait un petit air mystérieux et cabalistique qui n'était fait pour déplaire ni aux uns, ni à certains autres.

Mais pourquoi les deux barres et les points?

Bien que je n'aie trouvé d'explication officielle dans aucun ouvrage, il me paraît que, sans être devin, on peut facilement en trouver une.

Les deux barres symbolisent les deux colonnes du Temple et les points les nombres mystérieux des grades maçonniques.

Dans la religion d'Hiram, car en somme la maçonnerie est une religion, les nombres jouent, en effet, un rôle considérable ; les f.\-m.\ leur attribuent des significations symboliques souvent bizarres.

Les trois premiers grades, les seuls que lesf.\-m.\ qui se disent sérieux reconnaissent : Apprenti, Compagnon et Maître, sont numériquement représentés parles nombres 3, 5 et 7, correspondant aux nombres de coups frappés dans les cérémonies initiatiques à ces divers grades. Dans les grades supérieurs, ils ne parlent pas de moins de 3 fois 3 et vont même jusqu'à 3 fois 3 répétés 3 fois 3 fois, ce qui fait 81, le nombre parfait. J'avoue que, dans mes recherches, je n'ai encore pu mettre la main sur la signature de ce maçon idéal.

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