‹ La franc-maçonnerie en FranceChapitre 97 sur 277 · ANGLAISE · texte numérisé non relu

ANGLAISE

Cette loge est généralement connue sous le titre de l'Anglaise n° 204. En réalité, elle porta le n° 363 en 1766, le n° 298 en 1770, le n° 240 en 1781 et le n° 204 en 1792 seulement.

L'Anglaise est une des plus anciennes L.'.de France et quoiquele G.". O.-. n'ait pas voulu reconnaître son ancienneté, à cause probablement de ses nombreuses cessations de travaux, il est certain qu'elle commença ses travaux avec un groupe de commerçants anglais le 27 avril 1732 ; son vén.\ était alors Martin Kelly. Ses débuts furent pénibles ; elle dut, faute d'adhérents, entrer en sommeil le 30 septembre 1733. Elle reprit ses travaux le 29 juin 1735, pour entrer dans un nouveau sommeil le 27 septembre suivant, et rentrer en fonctions le 26 février 1737; le 29 août 1740 elle constitua la Française à 1*0.'. de Rordeaux.

Le 29 août 1742, l'intendant de Guyenne, Roucher, lui intima Tordre de se dissoudre. Elle protesta et se réunit dans un autre local. Il semble qu elle ne fut plus inquiétée par les autorités, car ce fut une des L.'. les plus prolifiques de France. Elle fonda en effet : le 6 novembre 1745,

l'Heureuse Rencontre àl'O.'. de Brest ; le 30 juin 1746, une nouvelle L.'. dans la même ville. Peut être Saint-Jean des Amis intimes ; le 8 juin 1751, à Limoges ; le 19 février 1754, à Pons, l'Anglaise fille de Bordeaux ; le 4 février 1755, une L.'. sous le même titre à Cayenne ; le 29 juillet 1760, à Cognac ; le 7 mai 1765, l'Amitié à Périgueux ; le 16 juillet 1765, la Consolante des maçons à la Nouvelle-Orléans.

Le 3 mai 1746, le vén.\ de la Parfaite Amitié de Bordeaux, Vigner, se présenta à ses travaux pour demander s'il pouvait admettre des juifs. La réponse fut négative.

Le 30 novembre de l'année suivante, elle refusa d'admettre le juif Cappadoce, d'Amsterdam, et le 11 février 1749, malgré la recommandation de la Paix, O.*. d'Amsterdam, elle maintint son refus. Elle persévéra dans sa doctrine jusqu'au 8 juin 1810 en proclamant à cette date qu il n'y avait que les chrétiens qui pouvaient être initiés aux mystères maçonniques.

Le 15 avril 1749 elle avait signifié à la Française, O.*. de Toulouse, que si elle continuait à ne point faire prêter serment sur l'Evangile, elle ne recevrait pas ses visiteurs.

Le 2 août 1745, elle avait exclu ceux qui tenaient de près ou de loin au théâtre et avait refusé des musiciens de l'orchestre ; le 17 septembre 1748, elle proposa aux autres L.'. de Bordeaux de ne plus admettre désormais aucun comédien, danseur de corde et charlatan.

Pour des causes inconnues, elle fut obligée de suspendre ses travaux du 13 janvier 1761 au 31 janvier 1764. A peine réinstallée, en février 1764, elle mit à l'index la loge de Martines de Pasqually.

Après s'être rendue indépendante des puissances maçonniques françaises, elle demanda la confirmation de sa constitution à la G.\ L.*. d'Angleterre, qui les lui accorda le 8 mars 1766 en faisant remonter ses travaux à 1732. Puis, voulant rentrer sous l'obédience du G.- O"., le 6 septembre 1774 elle suspendit sa correspondance avec la G.\ L.-. d'Angleterre. Le G.'. O.'. ne l'admit que le 27 novembre 1780, pour prendre rang du 7 novembre 1778 seulement. Elle fut installée le 25 mars 1781. Son député était Desveux, négociant.

Le 15 juillet 1785, Chicou Saint-Bris, lieutenant des frégates du roi, étant vén.'., elle déclara suspendre sa correspondance avec le G.\ O.'. et se fit rétablir le 20 décembre 1783 par la G.*. L. . d'Angleterre, qui ne lui accorda que le n° 240.

Le 31 août 1790, elle forma un pacte fédératif avec quatre L.\ de Bordeaux : la Française, élue Ecossaise ; la Française d'Aquitaine ; l'Amitié et l'Harmonie. Ces L*. se séparent du G.\ O.'.

Pendant la Révolution, cette L.'. s'occupa beaucoup de politique. Le 13 novembre 1792, elle fit brûler les attributs du f.'. Mouchy, « proscrit par les lois saintes de la République ».

Le 28 novembre 1793, elle prend le titre de L.\ n° 204 dite Egalitc. Elle sollicita la visite du représentant du peuple Ysabeau, et décida que les fif.\ se tutoieraient. Elle suspendit ses travaux du 9 thermidor an II à brumaire an III, et en nivôse de la même année elle informe les autres L.". de Bordeaux qu'elle a repris son ancien nom C qu'elle n'aurait jamais dû quitter P.

Le 18 mai 1802 elle s'affilie à la L.\ mère Ecossaise de Marseille et se replace sous la dépendance du G.'. O.'. le 27 septembre 1803. Son

▼en.*, en 1808 était Bonan, notaire, et en 1813 et 1814 BillaUe-Faugère, propriétaire.

LOGE D'HÉRODOM

En 1744, un gentilhomme écossais de nom ineonnu aurait fonde à Bordeaux une L.\ de Perfection du rite d'IIérodom de Kilwining, s'il faut ajouter foi à un inventaire du suprême Conseil des Etats-Unis d'Amérique du 4 décembre 1802. Rien n'est moins prouvé.

AMITIÉ

Le 18 mai 1746, la G.'. L.\ constitua cette L.\ en faveur du vén.- . m.*. le comte de Pontac. Ses titres furent renouvelés par le G.'. 0.\ le 22 juillet 1774.

En 1776, elle comprenait 26 membres et 178 l'année suivante. En 1776, son vén.*. était Borel, négociant, et son député Bacon de la Chevalerie, Elle faisait adresser ses lettres à Goel de Milatié (L.\ de l'Amitié).

En 1777 son vén.-. était Baux, négociant, et son député de Baslerot, conseiller au Parlement de Bordeaux.

Ses brevets étaient de magnifiques gravures tirées sur parchemin et signés : « F. Boucher invenit 1765, Chofîard sculpsit 1766. » Les vén.-. furent : en 1778, Barretde Rivezol, conseiller à la Cour des aides, et de Groc. conseiller, puis président à la Cour des aides ; en 1781 et de 1787 à 1789, deBasterot ; en 1784 et 1785, Dudon, procureur général au Parlement.

Le 12 décembre 1781, elle donna une fête somptueuse pour célébrer la naissance du Dauphin. Elle correspondait avec 23 L.\ tant en France qu'aux colonies, dont 5 constituées par elle. En 1784, elle avait 332 membres presque tous négociants : le nombre diminua dans de grandes proportions les années suivantes.

Elle reprit sous l'Empire ses travaux qu'elle avait cessés en 1791. De 1808 à 1814, son vén.'. était Condole-Belle-Isle, propriétaire, son secrétaire était Beye, négociant, et son député Rcettiers de Montaleau.

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