‹ La franc-maçonnerie est-elle juive ou anglaise?Chapitre 17 sur 24 · QUI AVAIT INTERET A SUSCITER L AFFAIRE DREYFUS ET QUI EN A BÉNÉFICIÉ · texte numérisé non relu

QUI AVAIT INTERET A SUSCITER L AFFAIRE DREYFUS ET QUI EN A BÉNÉFICIÉ

Le seul intérêt qu'y pussent avoir les Juifs était un intérêt d'amour-propre : c'était d'innocenter un des leurs et de ne pas laisser pesercette note d'infamie sur un des fils d'Israël ; c'était encore de bien affirmer qu'on ne touche pas impunément à un Israélite. Mais ce n'était pas la première fois que chose semblable arrivait. On avait arrêté Arton, bien qu'à regret, on l'avait même emprisonné. Avant T Affaire Dreyfus, un autre israélite, qui d'ailleurs était charg-é de la politique étrangère dans un grand journal, avait

été signalé comme espion. Son journal Tavait exécuté en quelques lignes; les gens qui suivaient assidûment ses réceptions et lui déposaient des cartes portant a l'assurance de leurs plus dévoués sentiments» s'étaient empressés de déclarer qu'ils n'avaient jamais connu cet homme; et personne n'en avait plus parlé.

Les Juifs s'étaient tenus cois et ne nous avaient pas fait une « Affaire ».

Enfin Dreyfus avait été arrêté^ jugé et condamné en 1894; s'il s'était produit une irrégularité au cours de son procès, lui, ses avocats, sa famille, ses coreligionnaires et M. Joseph Reinach le savaient. Ils n'ont pas lancé l'Affaire Dreyfus en 1894, au moment du procès; ils ont attendu jusqu'à la fin de 1897. Pourquoi?

Les Juifs ont-ils beaucoup gagné àcette Affaire? Auparavant, en possession de la puissance financière, ils étaient déjà maîtres en France, ils y étaient entrés dans l'aristocratie, ils y tenaient leur place et on ne s'en tourmentait pas trop. Les antisémites étaient relativement peu nombreux et limités aux personnes qui étaient en rapports d'affaires avec les Juifs. A présent ceux-ci se trouvent nettement rangés dans le parti anti-

JUIVE OU ANGLAISE? Sy

français, et ils se sont rendus au moins suspects à la majeure partie de lapopulation^ qui jusque-là était indifférente à leur ég^ard.

Ce n'est pas tout; pour mener l'Affaire Dreyfus, il a fallu demander aux socialistes leur concours, et le payer; il a fallu leur faire des concessions. C'était leur donner de l'importance, reconnaître leur force et leur en donner conscience, et ce succès devait les enhardir encore. Pour les g'ens qui détiennent la fortune publique, qui ne s'en cachent pas, qui au contraire en font étalag-e, c'était jouer un jeu dangereux. 11 est bien vrai que le socialisme d'Etat, réduisant toute la nation en esclavage au bénéfice de l'Etat qui dépend lui-même des financiers, établirait définitivement romnipotence des Juifs. Mais cela impliquerait que le socialisme d'Etat s'établit parune transformation mécanique et administrative, sans secousse; or, parmi les socialistes, il v a les socialistes révolutionnaires, et même la grande masse des socialistes est révolutionnaire. Quelles que soient les théories ingénieuses oustupides de leurs chefs, pour les troupes l'idée socialiste se résume encette phrase très simple :(( 11 y en a qui ont trop et d'autres pas assez; » et les théories ne sont acceptées qu'autant qu'elles

promettent un remède à cette inégalité. Or le remède le plus simple, le plus immédiat, le plus aisément intelligible pour ceux qui n'ont pas assez, c'est de prendre directement à ceux qui ont trop ; et c'est à cette solution qu'ils se rallieront le plus volontiers. On s'efforce bien de canaliser ce mouvement révolutionnaire, on le dirige contre le a cléricalisme ». Mais on a fait la loi sur les associations religieuses en promettant aux déshérités le milliard des congrégations ; ils n'ont encore rien touché ; et ils commencent tout de même à discerner assez nettement, entre un curé de campagne et un banquier juif, qui des deux est le capitaliste. Que des hommes énergiques viennent à eux, assez désintéressés pour ne pas se laisser acheter, ne reculant pas devant une solution violente , mais réalisable pratiquement et immédiatement, les Juifs, isolés par l'Affaire Dreyfus des autres classes de possédants, seront les victimes d'une nouvelle jacquerie dont l'Affaire Dreyfus aura créé le foyer.

Tels sont les inconvénients qui ont résulté pour eux de celte Affaire, tels sont les très gros dangers qu'elle leur a préparés pour l'avenir, en échange d'une satisfaction d'amour-propre qu'ils

n'ont même pas obtenue. On peut dire que le bénéfice est mince et qu'il n'impliquait pas en tout cas la précipitation, la violence avec laquelle l'Affaire Dreyfus a été déchaînée.

L'Ang^leterre avait-elle un intérêt quelconque à l'Affaire Dreyfus? En a-t-elle bénéficié?

L'Ang"leterre est exclusivement une puissance maritime; pour soutenir sa politique, elle a besoin de s'appuyer sur une puissance militaire qui lui fasse sa besogne sur le continent. Cette puissance ne peut être la France qu'accidentellement et exceptionnellement; car si la France dominait en Europe par la force des armes, elle chercherait aussitôt à étendre plus loin son influence. Elle développerait alors sa marine et elle a pour cela tous les éléments : placée en quelque sorte au centre du monde, elle a des côtes qui s'étendent sur les trois grandes routes maritimes, la mer du Nord, l'Océan, la Méditerranée; elle a de l'argent, elle a la plus admirable race de marins. Avec la force militaire et la force maritime, la France serait une puissance complète ; elle serait maîtresse du monde, et le jour où elle aurait compris de quels moyens elle dispose, il ne serait pas aisé de lui arracher cette souveraineté.

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