‹ La franc-maçonnerie est-elle juive ou anglaise?Chapitre 8 sur 24 · I. ClavL-l, pp. 137, iA · texte numérisé non relu

I. ClavL-l, pp. 137, iA

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supplices; ou bien au contraire on nous les montre liés entre eux d'un pays à Tautre, en possession de la richesse publique, disposant d'un pouvoir immense et mystérieux, et vivant secrètement au milieu d'un luxe inouï dans des palais féeriques que dissimule un extérieur sordide. Mais dans l'un comme dans l'autre cas, on nous donne ces conditions comme absolues et invariables, durant tous les siècles qui ont précédé la Révolution.

La réalité est tout autre ; et, ce qu'il importe de bien remarquer tout d'abord, c'est que la relig-ion a toujours été absolument étrangère aux événements qui concernent les Juifs dans notre histoire. Au moyen-âge, l'Eglise interdit aux chrétiens le trafic de l'argent; dans les premiers siècles, le commerce et l'industrie locales n'existent pour ainsi dire pas, et le travail se fait dans des ateliers qui dépendent des couvents; lorsque les gens de métier s'affranchissent des ordres religieux et s'organisent en corporations, une des principales préoccupations qui président à cette organisation est d'empêcher que les affaires et les travaux ne .soient accaparés par quelqu'un des mcndores de la corporation, ou par un petit nombre d'entre

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eux, et les règ-lements limitent les moyens de chacun. Les métiers ne paraissent pas assez lucratifs aux Juifs et ils s'en tiennent à l'écart. Au contraire, la banque, le commerce d'importation, leur offrent un champ libre, d'ailleurs merveilleusement approprié à leurs facultés. Ce sont les Juifs et les Lombards qui font le commerce avec l'Orient, ce sont eux qui font la banque et l'usure. Les Lombards devaient bientôt s'effacer devant les Juifs, qu'unissaient les liens puissants de la reliij^ion, des traditions, des mœurs, et d'une langue inconnue aux autres peuples.

Tant qu'il n'opère qu'avec des particuliers, le préteur, le financier peut s'enrichir, fiiais il ne peut avoir ce qu'on appelle [)roprement : la puissance de l'argent. L'extension même de sa fortune est limitée, comme le champ de ses opérations. Ce champ ne devient illimité et le préteur ii'acf|uiert la puissance de l'argent que le jour où il prête à des gouvernements, où il a dans les mains les eniprunts et les impots, et où il associe à la force de ses capitaux les pouvoirs de l'Etat. Au moyen-îjige, les Juifs sont partout banquiers d'Etat et ils ont la puissance de l'argent.

Tout irouvernement a besoin de l'appui de la

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finance, la finance a besoin de Tappui du g-ouveruement; voilà le fond de la politique intérieure. Le gouvernement et la finance sont donc forcément alliés et associés. Au moyen-âge^ les Juifs représentent la finance et sont seuls à la représenter; les souverains s'adressent à eux pour avoir de Targent, et leur octroient des privilèges qui leur permettent de se rembourser sur le pays. Les populations pressurées par les Juifs s'insurgent, les massacrent et exigent leur expulsion. Dès que les esprits sont calmés, le souverain leur donne l'autorisation de rentrer, autorisation qu'il leur fait payer; avec sa complicité, les Juifs recommencent leurs exactions, et dans le peuple aussi recommence le mouvement antisémite. Telle est^ en quelques lignes, toute l'histoire des Juifs au moyen-âge.

Voyons-en le détail.

Dans le bas Empire, à Rome, ils sont vite devenus les maîtres ^ ; leurs richesses, leur puissance, leur arrogance en ont fait un péril public, et l'empereur Honorius, autochtone, leur retire leurs privilèges et les exclut des fonctions à'agens.

i Sur la condition des Juifs après la ruine de Jérusalem, voy. GriKcne, vi, i. — Joscphe Antiq. jadaïq., \iv, lo; xix, /,.

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Théodoric, roi des Goths, conquérant étrang-er, disposant de la force militaire, mais sans racines dans le pays où il s'est installé et n'y trouvant qu'une administration financière qui appartient au pays, s'attache les Juifs, les protège et leur octroie de nouveaux privilèges; ce sont ses banquiers. En France, souslesMérovingiens, ils font le commerce des esclaves que l'Eglise interdit aux chrétiens ^ Au temps de Dagobert, ils afferment les péages "2. Ils finissent par être expulsés en 689.

Charlemagne, issu d'une famille puissante de propriétaires fonciers, souverain d'un peuple chez qui la terre représente la richesse et confère l'influence et l'autorité, a besoin d'argent pour ses expéditions et pour ses réformes. De même que Théodoric, il s'attache les Juifs et leur accorde des privilèges. Louis II leur octroie une charte, et, sous son règne, ils ont assez de crédit pour faire changer le jour d'un marché qui avait lieu le samedi ^. Sous les Carlovingiens, ils sont exempts d'impôts et représentés auprès de l'empereur par un haut

1 . Carlier. Dissert, sur i'élnt du commerce en France sous les rois de (a /" et de la n" race, p. 52. — Valois,Reru/n franc, I. 21, p. 287. — Basnai^e, t. XII, p. 428.

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