‹ La Franc-maçonnerie et les moyens pour arreter ses ravagesChapitre 1 sur 78 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

But et esprit de l'ouvrage.

Ce livre n'est pas un traité complet sur la Franc- Maçonnerie. Mon but, en récrivant, n'a pas été de raconter en détail les origines et les accroissements de cette secte satanique, ni d'exposer toute sa constitution, ni même de montrer les transformations par lesquelles elle a passé, pour aboutir enfin au panthéisme matérialiste et humanitaire. Je désire que mon livre soit lu surtout par les agriculteurs et les ouvriers, que la Franc- Maçonnerie trompe et exploite de la manière la plus indigne : et ils ne m'auraient pas assez compris, si j'avais envisagé la Franc-Maçonnerie sous des aspects qui, pour être bien saisis, exigent au préalable certaines données scientifiques. Ce-

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pendaQi j'espère avoir assez fait connaître son caractère pervers et les dangers qu'elle fait courir à la religion et à la société, pour que tout lecteur n'hésite pas à reconnaître en elle Veîinemi. Dans ma lettre pastorale du 21 mars 1881, je disais : « Écoutez ceci, chrétiens : Si le Pape est dépouillé de ses États, s'il est condamné à ne pas sortir du Vatican, sous peine d'exposer la dignité pontificale aux outrages dans sa ville de Rome ; si pas un prince et pas un peuple ne se lèvent pour venger les sacrilèges attentats dont il est victime ; et si les cathçliques en sont réduits à gémir sur la situation si douloureuse faite à leur père selon la grâce, n'ayant à lui donner que le secours de leurs aumônes et de leurs prières, c'est l'œuvre des sociétés secrètes. Si les nations sont agitées et penchent vers leur ruine ; si les pouvoirs sont minés dans leurs fondements ; si les monarques et les présidents de républiques eux-mêmes sont traqués et tués comme des bêtes fauves, c'est l'œuvre des sociétés secrètes. Si toutes les institutions sont ébranlées, sans en excepter les plus fondamentales, la famille et la propriété, c'est l'œuvre des sociétés secrètes. Si l'impiété et la tyrannie ont poussé l'audace et la cruauté jusqu'à fouler aux pieds tous vos droits de chrétiens, jusqu'à vouloir s'emparer de vos enfants, pour leur donner une éducation sans Dieu, c'est l'œuvre des sociétés secrètes. Si le clergé est vilipendé, calomnié, traîné dans la boue; s'il est le point de

mire des attaques de la presse impie et de toutes les basses passions soulevées contre lui, c'est l'œuvre des sociétés secrètes. Nous avons l'intention de vous le démontrer plus tard. » Eh bien, cette démonstration que j'ai fait espérer, je pense l'avoir faite dans ce petit ouvrage, qui est un cri •d'alarme, et, pour employer une formule devenue célèbre, je résume tout mon travail en disant : La Franc-Maçonnerie y voilà rennemi! Sous ce nom de Franc-Maçonnerie y]Q comprends toutesles sociétés secrètes modernes, qui sont sorties de ses jflancs ; car, dit le pape Léon XIII, les germes du socialisme, du communisme et du nihilisme couvèrent dans le sein de la Franc-Maçonnerie, aussitôt qu'elle fut organisée*. Ces légions qui ont juré de renverser tout l'ordre social, de ne reculer devant aucun forfait, de noyer le monde dans une mer de sang et de boue, pour accomplir l'œuvre de destruction universelle ; ces légions épouvantables qui forment la grande armée de l'Internationale répandue dans le monde entier, ont été vomies des antres ténébreux de la Franc- Maçonnerie. Les preuves de cette filiation sont si nombreuses et si frappantes que, pour quiconque a étudié les événements et les hommes de notre siècle, elle est un fait de première évidence. Je ne m'arrêterai doncpasà accumuler des témoignages,

i. « ut eDim primum conflari cœperant clandestinœ societates, quarum sinu errorum quos memoravimus, semina jam tum fovebantur, etc. » Encyclique Quod Apostolici, 28 décembre 1878.

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et il me suffira de rapporter celui d'un homme que les plus prévenus contre la parole d'un évêque ne trouveront pas, suspect. Dans son Histoire de la Révolution^ M, Louis Blanc dit : « Qui, dès 1792, proclamait l'athéisme, le panthéisme surtout, dont la déduction logique est la communauté des biens? Qui, dès ce temps, proposait l'égal partage des terres et s'écriait : Tout est à tous! il n'y a pour moi qu'une cité, un seul peuple, une même loi sociale, un même esprit public et un même Dieu en trois personnes : Moi, toi, lui? Qui, dès cette époque, transformait en club, sous le nom de Cercle social^ la loge maçonnique du Palais-Royal? Qui proclamait ces principes? Qui fondait un journal sous le nom de Bouche-de^fer^ pour les propager partout? Les chefs de la Maçonnerie, les Maçons illuminés. »

Je le reconnais, et c'est un devoir de justice de leur rendre ce témoignage, il y a des francs-maçonsquirepoussentle socialisme, le communisme, l'internationale et le nihilisme, et qui abhorrent les forfaits de ces nouvelles hordes dévastatrices, pires que les Huns, les Goths, les Vandales et autres barbares, qui sillonnèrent l'Europe et la couvrirent de ruines, pillant, incendiant, massacrant tout sur leur passage. Mais c'est là une heureuse inconséquence. Souvent les hommes sont moins mauvais que leurs systèmes, et, malgré l'influence pernicieuse de l'erreur, ils conservent encore assez de rectitude naturelle pour reculer

devant les forfaits exécrables qui sont les fruits naturels de leurs doctrines perverses. Mais il en est qui tirent les conséquences des principes et entendent appliquer rigoureusement la logique du mal. D'autres, sans avoir Faudace du crime, lui donnent leurs sjmapathîes et y applaudissent. Qu'at-on vu, à Paris, le 29 avril 1871, alors que la France était écrasée par d'immenses désastres et que l'ennemi campait encore aux portes de la Ville? La parenté, la consanguinité de la Franc- Maçonnerie et de la Commune se manifesta de la manière la plus éclatante et la plus solennelle. Sur un appel fait aux loges de l'Orient de Paris, dix mille francs-maçons s'organisent en procession dans la cour du Louvre, et, précédés de cinq membres de la Commune, ils se rendent, bannières déployées, à l'Hôtel de Ville pour féliciter et encourager la Commune. Là les bannières de la Maçonnerie se mêlent aux drapeaux et aux trophées de la Commune, les âmes vibrent à l'unisson, et de cette foule immense s'échappe le cri de Vive la Commune! Cri tout spontané, parce qu'il était la voix de la chair et du sang. Ensuite fut proclamée l'union inséparable de la Commune et de la Maçonnerie. C'était la conséquence naturelle de leur consanguinité. Parce qu'il avait tiré Eve du côté d'Adam, Dieu proclama l'union indissoluble de l'homme et de la femme, union si étroite, qu'ils sont deux dans une même chair. De même, la Commune étant sortie des^ flancs de la Maçonnerie,

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son union avec elle est inséparable, et il est bieD naturel que la Maçonnerie quitte tout et sacrifie tout, même ce qu*elle a de plus cher, pour adhérer à la Commune.

Encore une fois, voilà l'ennemi ! voilà le péril social I Jamais l'Église, la civilisation etThumanité n'en ont eu de plus formidables, jamais elles n'ont couru de plus grands dangers. Dans sa constitution Ecclesiam à Jesu ChristOj ea date du lu septembre 1821, Pie YII dit « que jusqu'alors les ennemis de l'Église l'avaient assaillie avec une violence, une ruse et une perfidie telles, qu'elle aurait infailliblement péri, si elle n'avait été bâtie sur la pierre inébranlable et si Jésus-Christ ne lui avait pas promis que les puissances de l'enfer ne prévaudraient jamais contre elle, mais que néan* moins la conjuration de ces hommes fourbes prédits par l'apôtre saint Jude, qui marchent dans les voies de l'impiété selon leurs désirs pervers, et sont organisés en sociétés secrètes, fait courir à l'Église et à la société un danger qui l'emporte sur ceux de tous les siècles précédents. »

Il y a quelques années, un homme qui avait l'un des plus hauts grades de la Franc-Maçonnerie, disait : « On va livrer un tel combat à l'Église, que, si elle survit, je serai obligé de croire à son caractère divin. » Ce franc-maçon avait mille fois raison. Si l'Église n'était qu'une institution humaine, sa ruine, sa complète destruction serait inévitable, et celui qui voit les machines inferna-

les avec lesquelles les sectes maçonniques attaquent ses remparts, peut à bon droit conclure d'une manière certaine et évidente que rÉglise, cette fois, sera détruite à jamais. Mais, cette fois encore, l'Église triomphera, parce qu'elle est revêtue de la force de celui qui a dit au premier Pape :: Tu es Pierre^ et sur cette pierre je bâtirai mon Église f et les portes de tenifer ne prévaudront pas contre elle, L'Église survivra à la crise, et le franc-maçon ne croira pas à sou caractère divin; ou plutôt, il y croira, non de cette foi surnaturelle qui est le commencement de la justification, mais de la foi des démons, qui, saisis de terreur, sous les coups de la justice et de la puissance de Dieu, sont forcés de croire qu'il existe, et le confessent, à leur manière en ïe blasphémante Après avoir cloué Jésus-Christ sur la croix, les Juifs dirent : Qu'il descende de la croix, et nous croirons en luL Jésus-Christ fit quelque chose de plus admirable^ que de descendre de la croix : il y mourut en Dieu. Le centurion romain confessa sa divinité; le soleil, la terre, les éléments, la nature entière le reconnurent pour leur créateur; mais le juif déicide ne le reconnut pas. Quand le divin crudr fié fut mis dans le sépulcre, le juif déicide assujettit par un lien de fer ' l'énorme pierre qui en fer-

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