‹ La Franc-maçonnerie et les moyens pour arreter ses ravagesChapitre 76 sur 78 · Exode f XYii · texte numérisé non relu

Exode f XYii

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Ciel, etla fortune se rangera de leur côté : Atukces fortima jttvat. Quelles leçons nous ont données les sectaires! Un livre maçonnique imprimé à Bruxelles en 1829 et intitulé : Délie cause italiane neir evasione del Imperalore Napoléons dalF Elba, raconte que, dans le mois de mai 1814, les francs-maçons d'Italie réunis à Turin envoyèrent auprès de Napoléon, à TUe d'Elbe, un émissaire pour l'engager à prendre possession de toule ritalie et à rétablir l'Empire romain. Dans la dépèche qu ils lui adressèrent, ils disaient : « Sire, un seul cri de vous, un seul pas suffiront pour faire lever la nation entière. Dites, comme Dieu à la lumière : Que l'Italie se fasse, et l'Italie se fera. » Ils lui firent aussi connaître les bases fmdameniales de la future constitution de fEmpire romain renaissant^ et lui exposèrent le plan à suivre pour atteindre le but : Tromper les monarques; tromper les peuples, selon la maxime d'un ancien, rappelée par Ûoniesquien^ qu'il estnécessaire que le peuple croie beaucoup de choses fausses, et en ignore beaucoup de vraies. Quant à la question très difficile du Pape ; attendre d'être forts, et alors faire ce que l'on jugera opportun. Après avoir rapporté ce fait, la Civiltà Cattolica fait les réflexions suivantes : « Que d'année^ se sont écoulées avant que ces projets aient porté leur fruit! Déjà en 1814 ils étaient anciens. Ils passèrent ensuite auxcarbonari, de là, à la Jeune Italie de Mazzini. Et travaillant toujours, con-

spirant toujours, affilant toujours leurs épées dans Tombre, les sectaires sont arrivés aux tentatives malheureuses de 4848 et 1849; puis aux entreprises exceptionnellement fortunées de 1859 et 1860; puis au 20 septembre 1870, qui couronne cet édifice presque séculaire. Rappelons-nous ces très longues vicissitudes par lesquelles les ennemis de rÉglise en Italie durent passer, avant de compléter, leur organisation et de faire quelque chose de considérable dans Tordre pratique, afin que, par l'exemple d'autrui, les catholiques apprennent à réprimer leurs impatiences, et ne demandent «lux institutions catholiques naissantes que ce qu'elles peuvent donner ; et, en attendant, qu'ils les secourent, les encouragent, les propagent, afin qu'elles fassent chaque jour davantage *. »

A la persévérance dans l'action il est nécessaire de joindre la persévérance dans la prière; car, dans l'armée de Dieu, la prière est une force nécessaire, qui doit essentiellement faire partie de son organisation. C'est pourquoi saint Gyprien, en terminant son beau livre de f Unité de l Église Catholique^ propose pour modèle de cette unité les premiers chrétiens, « qui n'avaient qu'un cœur et qu'une âme, et qui persévéraient unanimement dans la prière avec les femmes, et avec Marie, mère de Jésus... C'est pourquoi leurs prières étaient efficaces, et ils pouvaient demander à

l.No du 20 mai 1882.

Dieu avec confiance tout ce qu'ils attendaient de sa miséricorde. Mais, chez nous, Tunanimité est tellement amoindrie, que la puissance de l'action est brisée. Alors les chrétiens vendaient leurs maisons et leurs terres, et comme ils ne cherchaient que les trésors du ciel, ils en offraient le prix aux Apôtres pour secourir les indigents. Mais maintenant nous ne donnons pas même la dlme de notre patrimoine, et, au lieu de vendre, nous ne pensons qu'à acheter, et à augmenter nos avoirs. C'est ainsi que la vigueur de la foi s'est tarie en nous, et que la force des croyants s'est énervée. » Telle est aussi, je crois l'avoir démontré, la cause de la faiblesse des chrétiens à notre époque.

Rétablissons donc parmi nous l'unité qui a fait des Apôtres les conquérants du monde, et leur a donné la force de détruire l'idolâtrie : en même temps, que, dans toutesles paroisses, dans toutes les familles, dans tous les cœurs, la prière monte sans cesse vers Dieu. Le ministère de la prière doit être plus actif et plus universel, aux époques critiques et dans les grandes calamités. Les grandes calamités n'ont pas été épargnées à la France : sans parler de l'écrasement de ses armées et de sa puissance, que de fléaux, dans l'ordre moral et religieux, sont venus fondre sur les institutions qui ont fait sa force et sa gloire ! Une invasion d'insectes avait dévasté la Judée : Les restes de la chenille y les sauterelles les avaient

mangés; et les restes du bruchus^ la nielle les avait mangés *. La vigne était détruite; le figuier^ r olivier^ le pommier^ tous les arbres s'étaient des-séchés. A ce fléau succéda une guerre atroce qui sema partout la désolation. La Franc-Maçonnerie est figurée par les insectes destructeurs : elle s'est abattue sur la France, oîi elle attaque, ronge, pulvérise et anéantit tout. Avec le fléau de la Franc-Maçonnerie, la France a subi celui de Finvasion, et de quelle invasion ! Dieu fasse qu'elle ne soit pas suivie d'une autre plus terrible encore, qui porterait peut-être avec elle l'épitaphe à graver sur le tombeau de notre patrie : Finis Galliœ! C'est donc bien le cas de recourir à ces actes tout particuliers de pénitence, et de faire monter vers le ciel ces supplications que le prophète recommandait au peuple de Dieu : Maintenant donc^ dit le Seigneur, convertissez-vous à moi de tout votre coeur, dans le jeûne ^ dans le pleur et dans le gémissement; et déchirez vos cœurs ^ et non vos vêtements ; et convertissez-vous au Seigneur votre Dieu, parce qu'il est bon et miséricordieux, patient et d'une grande miséricorde^ et pouvant revenir sur le mal dont il vous a menacés. . . Sonnez de la trompette dans Sion, consacrez un jeûne, convoquez une assemblée. Assemblez le peuple; sanctifiez l'assemblée; réunissez les vieillards, rassemblez les petits enfants et ceux qui sont encore à la mamelle; que

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