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La Franc-Maconnerie

Dans le plan général de nos instructions du Carême, nous voilà donc parvenus à l'examen des princi paux obstacles qui pourraient faire dévier les "Aspirations du peuple canadien", et l'empêcher de pleinement répondre aux promesses glorieuses de son berceau.

L'un de ces obstacles m'a paru la célèbre utopie socialiste que l'on croit inséparable des jus tes revendications ouvrières, et dans laquelle on verse inconsciemment, sans réfléchir au profond désordre économique qu'elle introduirait bientôt dans ce vaste pays où la Providence nous ménage, avec ses largesses divines, le surcroît Sésirable du bien-être terrestre .

L'autre danger que je signale aujourd'hui à votre sérieuse attention réside dans les sociétés secrètes en général, et surtout dans cette société secrète par excellence qui a nom la FRA3TC -MAC COTERIE.

La Franc-Maçonnerie et le Socialisme ont de très proches affinités, les Loges ayant, plus d'une fois; officiellement déclaré qu'il fallait » commencer par détruire toute religion, toute loi civile, et finir par l'abolition de la propriété."

L'une et l'autre, d*ailleurs= cette société secrète et cette doctrine économiques constituent un dan-

( danger

ger international, et, à ce titre, méritent l'attention des hommes de toute race et de tout pays; là surtout, dirai-je, où la propagande impie paraît momentanément tenue en échec par la force des institutions politiques et la vitalité de l'esprit chrétien.

Il fut un temps, mes frères, où parler de Franc-Maçonnerie en Canada et même en Europe, semblait un jeu puéril; le maçon étant considéré, là-bas, comme un personnage inoffensif et ridicule, et chez nous^ comme un être imaginaire. Mais des événements se sont passés, dans la toute dernière période, qui ont ouvert les yeux aux plus détachés comme aux plus sceptiques des chrétiens militants. Le pape Léon XIII n'avait pas attendu ces faits justificatifs pour nous donner conseil et direction dans la matière. "Avant tout, faites connaître la Franc -Maçonnerie telle qu'elle est," écrivaitil en 1884, dans l'Encyclique "Humanum genus". Et deux années auparavant, il avait exposé de vive voix le même programme dans un discours aux prédicateurs du Carême.

Mes Frères, en abordant aujourd'hui eette question délicate, je n'invoquerai point d'autre appui ni d'autre excuse que l'autorité de la parole pontificale.

Au surplus, la secte maçonnique est plus facile à connaître qu'on ne le croit généralement, et si quelqu'un d'entre vous se livrait à une enquête de ce genre, il verrait bientôt ce qu'une information purement livresque peut fournir d'idées fondamentales et de faits suggestifs. Trois sources de renseignements s'of-

(frent

s'offrent aux chercheurs. Nous avons d'abord les bulletins de la secte et les documents officiels qu'elle met au grand jour, bien qu'on s'y applique parfois à donner le change sur les visées des Loges Bt le vrai tempéra ment du. maçon. On utilise, en second lieu, les aveux de certains affiliés trompés dans leur bonne foi qui su* rent se dégager à temps, ou se virent expulsés de la bande â titre de mauvais frères. Mais les plus sûrs té moins à charge, ce sont les papiers saisis par l'Etat dans les pays où la Maçonnerie fomentait des troubles et menaçait le pouvoir existant. C'est ainsi qu'à la fin du XVTII è. siècle, l'électeur de Bavière, mis au fait d'une conspiration ourdie par le grand -maître Weishaupt, ordonna des perquisitions chez les principaux "Illuminés", et fit publier nombre de pièces originales qui nous édifient parfaitement sur les principes, les méthodes et le travail secret de la société. Et c'est ainsi que, plus récemment encore, l'historien Crétineau-Joly reçut de Pie IX l'autorisation de publier des papiers secrets saisis par la police de Léon XII, et nous raconta les faits et gestes de la Haute Vente, une Loge de Turin qui avait reçu mission de préparer l'assaut final au Souverain Pontificat. De sorte que, mes Frères, après avoir consulté une faible partie de ces témoignages officiels, un simple profane est déjà mieux renseigné sur la secte que la majorité des maçons eux-mêmes, victimes des supercheries fraternelles et des lentes initiations.

Or, il résulte de cette multiplicité d'informations documentaires que la Franc -Maçonnerie est une société internationale , secrète, anti-religieuse et antisociale . Avant de vous exposer ces divers attributs

(maçonniques

maçonniques, je désire me faire pardonner l'extrême sécheresse d'une étude oû la largeur des citations et l'entassement des faits m'ont paru plu$ utiles que les va gues sentences familières aux prophètes de malheur.

Internationale, je n'oserais affirmer que la Franc -Maçonnerie le soit au même degré que le Socialisme. Le Socialisme, comme organisation, est l'union des ouvriers de tout pays contre les capitalistes de tout pays. Des lois communes régissent cette formidable entité, et les ouvriers de chaque Nationalité doivent se conformer à ces lois, s'ils veulent bénéficier des se cours octroyés par le Conseil Général en temps de grève ou de chômage. Dans la Franc -Maçonnerie, au contraire, il est rare qu'une Fédération des loges nationales soit unie par un lien administratif aux Rites d'un pays étranger. Ce qui fait l'unité maçonnique, c' est la cohésion morale des " frères *' de toute race et de tout pays; c'est le mouvement d'ensemble contre l'Eglise et la société; en un mot, c'est l'esprit général - esprit d'hos tilité, d'hypocrisie et de mensonge - qui doit imprégner les sentiments, les paroles et les gestes de tout bon maçon. "Les franc-maçons ", prescrit textuellement Weishaupt, " doivent exercer l'empire sur les hommes de toute nation, les tenir réunis par un lien durable, leur inspirer à tous un même esprit." Et l'un des porte-plume officiels de la Confrérie a pu dire sans paradoxe: " Il "serait aussi absurde de supposer une Maçonnerie anglaise, "une française ou une allemande, que d'admettre des mathé- "matiques anglaises, et des mathématiques françaises ou

(allemandes ".

allemandes." Cela n'empêche point que de profondes scissions internationales ne se soient produites, à des époques diverses, dans le monde maçonnique. Cela n'empêche point non plus les groupements nationaux de revêtir un caractère particulier, d'évoluer dans leur sens propre, selon des exigences locales. Mais il reste avéré que la société elle-même a des visées universelles: elle ignore les Alpes et les Pyrénées, le Rhin et la Manche, comme elle se joue de l'Atlantique et de la ligne quarante -cinquième. Et ces considérations d'ordre général m'ont semblé opportunes pour mieux faire saisir à tous comment les ateliers maçonniques d'outre-mer ont pu rayonner leur influence jusque sur les bords du Saint- Laurent.

Le deuxième attribut de la Franc -Maçonnerie, c'est d'être une société éminemment seorète , et je né> négligerais volontiers cet aspect de la question, si l'on ne paraissait ignorer, en certains milieux, que la première dupe du secret maçonnique, c'est le maçon luimême. Que de fois j'ai entendu des catholiques bien intentionnés plaider la cause de Veuve et de ses filles formellement répudiées par l'Eglisef Quelques bribes d'informations locales, quelques vagues renseignements sur le mode d'initiation, les signes de reconnaissance, et les cérémonies d'usage dans les " tenues " maçonni ques, cela leur suffirait pour innocenter la confrérie devenue à leurs yeux pure institution philantropique. Et le plaidoyer finissait toujours, par cette rassurante formule : " QUAED OU VOUS DIT QU'IL IV Y A PAS DE MAL? "

(Qu'en

Qu'en savez-vous, de grâce, qu'en savez-vous? H' est-ce pas un fait dûment établi que les secrets de l'Ordre Maçonnique visent non-seulement les profanes, mais encore et en premier lieu les adeptes ? Et, remarquez-le bien, peu importe le grade honorifique ou les années &e service: soyez orateur ou vénérable, expert ou tuileur, maître ou compagnon, vous ne saurez même pas le nom de vos chefs avant d'être un frère parfait, ce qui n'est pas l'oeuvre d'un jour. En attendant, l'on a égard à votre faiblesse, et l'on vous nourrit de viande blanche ! Est-ce qu'on n'a point célébré jadis, à Paris comme à lyon, des couvents maçonniques où l'existence, la qualité, le nom et les attributions des supérieurs généraux figuraient même parmi les questions mises à l'étude ? Et souventes fois, on prépose à la direction apparente d'une loge le plus obscur des affiliés, un homme de paille qui reçoit le titre de "véné rable", tandis qu'à l'insu de tous, un simple subalterne dirige la manoeuvre, préside au moindre détail et correspond directement avec le Conseil -Général . Avec une singulière pénétration d'esprit, Weishaupt a essayé de justi fier l'anonymat de l'autorité maçonnique: " On reçoit plus volontiers" , disait-il, " les ordres d'un inconnu que ceux des hommes en qui l'on reconnaît peu à peu toutes sortes de défauts. " Puis il ajoute avec non moins de subtilité : " On ainsi mieux observer ses inférieurs

qui, de leur côté, font plus attention à leur conduite Voilà la dure consigne : taire ce que l'on sait, et vou loir ignorer ce qu'on prétend nous cacher. Et je n'insiste pas sur le châtiment terrible qui menace le maçon défiât eur

délateur, rebelle, ou trop inattentif au coup de maillet.

Mais c'est surtout dans la propagande des idées maçonniques et le recrutement des nouveaux membres qu'il convient d'user de prudence et de dissimulation; et les mandataires de l'Ordre reçoivent des instructions bien précises à ce sujet. Souvenez-vous, leur dit-on, que la franchise n'est une vertu qu'auprès de vos supérieurs. Tâchez; alors, de circonvenir l'opinion, ou mieux;de la fabriquer par vos paroles et vos écrits, par une pression constante sur les journaux, les revues, les agences télégraphiques. " Donnez -vous de l'importance", écrivait l'un des chefs de la Vente Piémontaise, "et , " de temps à autre, laisser tomber certains mots qui pro- " voqueront le désir d'être affilié à la loge la plus " voisine. Cette vanité du citadin ou du bourgeois de " s'inféoder à la Franc-Maçonnerie a quelquechose de si ** banal et de si universel que je suis toujours en admi- "ration devant la stupidité humaine." n'oubliez point que je cite, mes Frères. Et si vous jugez impossible de pousser plus loin l'impudence et le mépris de ses semblables,moi, dans la même circulaire, je les trouve affichés en termes plus odieux. Ecoutez ce mot d'ordre: " Pour vous donner droit d'asile au foyer domestique, " vous devez vous présenter avec toutes les apparences " de l'homme grave et moral. Ayez l'air d'être simple " comme des colombes. Puis, peu à peu, vous amenez vos " dupes au degré de cuisson voulue ! " Voilà, je pense, le code parfait de l'hypocrisie et du satanisme. Fautil s'étonner à présent que de nàifs jeunes hommes, des catholiques insuffisamment avertis se laissent prendre

(au

au mirage maçonnique et nous semblent déjà mûrs pour l'initiation ? C'est très simple: depuis des mois, des années peut-être, un maître-queux des loges tournait la broche, et les a amenés " au degré de cuisson voulue".

Le délicat maintenant et le difficile, c'est de leur exposer et faire admettre le caractère profondé ment anti -religieux d'une société qu'ils s'imaginent connaître mieux que vous. C'est pourtant par milliers, mes frères, que l'on pourrait citer les desiderata, les résolutions et les ordre-du-jour émanés des loges, et tendant de façon directe â la suppression de l'idée religieuse et du sentiment chrétien. Mes regards se portent en ce moment vers la France, non pas dans un esprit de déni grement systématique, mais parceque, récemment encore, des défections retentissantes y ont dévoilé les opéra tions de la Franc-Maçonnerie. Il semble également qu'une plus large publicité soit accordée aux délibérations de la secte dans l'ancienne mère-patrie. C'est ainsi que les journaux et revues de l'année 1904 renferment un compte-rendu minutieux de l'Assemblée Générale du Grand- Orient, convoquée à Parie. S'il faut les en croire, et

11 le faut bien, ce fut héroïque de jactance niaise, de prétentieux radicalisme, et parfois, de révoltante obcénité. Déjà, quelques vingt ana auparavant, au grand scandale des loges anglo-saxonnes, on avait biffé, en tête des documents maçonniques, ces quatre mots:" AU GRAED ARCHITECTE DE L'UHIVERS " , seule formule autorisant un vague déisme officiel au sein de la confrérie. Mais le

12 septembre 1904, on prend, aès la première séance, une

(mesure

mesure définitive pour interdire l'entrée des loges aux candidats qui se réclament d'une croyance quelconque, l'un des frères s'écrie: " Hous sommes aussi profondé ment anti -religieux que nous sommes anti -cléricaux l " Et il est applaudi. Un autre déclare que " toute morale issue du Christianisme ou d'une religion quelconque est fausse, parce qu'elle est anti-scientifique." Et l'on vote l'impression du discours. Enfin un troisième ayant quelque lecture, espère " envelopper toutes les religions dans ce linceul de pourpre dont parle Renan et où dor ment les dieux morts. " Et ce frère, et cet autre, et ce troisième, et avec eux tous les misérables qui, de siècle en siècle, vouliirent tisser un linceul à l'Eglise de France, n'ont oublié qu'une chose: c'est que, de toile ou de pourpre, peu importe la qualité du linceul, si la mort n'est qu'apparente; c'est qu'en langage chrétien, le martyre c'est la vraie vie, et qu'ils ont beau régenter l'opinion, disposer des honneurs et des places, asservir le vote parlementaire, une heure sonnera où le peuple français, éclairé par les reflets du malheur ou les lueurs sanglantes d'une catastrophe, renversera ce pouvoir occulte et cette religion bâtarde et les enfouira, avec ou sans linceul, dans une terre méprisée!

Où l'on se trompe singulièrement, c'est quand on attribue ce caractère anti -religieux à la Maçonnerie française pour risquer ensuite une exception en faveur de la Maçonnerie anglo-saxonne. Cette distinotion peut n'être pas tendancieuse, mais elle croule en partie devant les faits. Ouvrez une enquête sur la maçonnerie

(anglo-saxonne

anglo-saxonne; auscultez -la en Angleterre ou en Amérique, et vous verrez qu'elle offre peu de différence avec ses soeurs de L'Europe latine.

Elle est moins radicale dans ses négations officielles, et semble respecter le nom de Dieu, je le concède aisément; mais ces réserves sont nulles au point de vue chrétien; et le nom de Dieu, dans les statuts de l'Ordre, loin de désigner notre Dieu personnel et créa teur, doit être pris dans un sens éminemment symbolique. Je ne vous dirai pas: croyez-en ma parole; mais croyezen les explications contenues dans un livre qui se pré sente comme le "vade mecum" des maçons d'Amérique: le "Rituel" du Dr. Makey; croyez-en l'étude approfondie de M.Claudio Jannet sur le sujet qui nous occupe; et croyez en surtout cette formule de réception dans une loge américaine: " Vous devez vous considérer " dit le Vénérable au candidat , " comme étant dans l'ignorance la plus complète sur tout ce qui regarde Dieu et le monde. C'est nous qui vous donnerons la lumière." De la part du récipiendaire, cela équivaut à une apostasie formelle.

Je oone^êy& également que la maçonnerie anglo-saxonne est moins vexatoire et tyrannique dans ses procédés vis-à-vis de l'Eglise. Il y a là, d'abord, une question de tempérament national. En second lieu, il ne faut pas oublier que la société se recrute ou bien parmi des athées de naissance, et l'on sait qu'un athée de naissance est moins sectaire qu'un apostat; ou bien parmi des protestants en rupture avec leur foi protestante, et ces

(derniers

derniers glissent fatalement et logiquement dans l'indifférence religieuse. Et voilà pourquoi, dans les loges anglo-saxonnes, vous ne rencontrez pas au même degré le fanatisme révolutionnaire et la manie perséeu trice qui contractent le visage de la Veuve dans les pays catholiques. Mais encore une fois, soyez persuadés que l'esprit général de la maçonnerie ne diffère pas d'un pays à l'autre. Et son premier principe, celui qui ne tend rien moins qu'à former des générations d'incrédules au moyen de l'école neutre, a trouvé dans la République voisine, une application rapide, et obtenu la sanction gouvernementale, grâce à la froide impulsion des Rites Américains nombreux et rayonnants depuis la fin du XVIII è. siècle.

Si donc un jour ou l'autre, on vous proposait l'entrée dans ces confréries de rite et d'esprit maçonniques, formellement ou virtuellement condamnées par l'Eglise, qu'elles aient nom "Odd Fellows","Eils de la Tempérance" ou "Chevaliers de Pythias", n'oubliez pas qu'elles font la guerre sourde aux écoles confessionnelles et repoussent l'ingérence du prêtre dans les milieux où le besoin s*«û fait sentir davantage. Et si des apostats de marque ou des catholiques â l'eau de rose s'emploient à calmer vos méfiances et à surprendre votre bonne foi par l'étiquette frauduleuse de mu tuelle assistance et de philantropie, n'oubliez pas ce grave avertissement de Léon XIII: " Aucun homme, fût- "il protestant, musulman ou paien, ne peut devenir mem- "bre d'une société qui ne lui est pas connue comme au "moins naturellement honnête. Mail il est bien autre -

(ment

"autrement grave pour un catholique de faire partie de "ces sociétés louches ou positivement mauvaises que "l'Eglise a si souvent signalées à ses enfants. Cette " philantropie que l'on oppose avec tant de pompe à "la charité chrétienne n'est souvent qu'un laisser - "passer pour la marchandise maçonnique. Et ceux qui, "par eux-mêmes, n'ont pas les connaissances suffisantes sur ce point, doivent consulter leurs parents, "leur curé, ou leur confesseur." Vous voyez que Léon XIII quitte souvent le ciel des idées pour descendre sur le terrain pratique. Jamais je n'ai compris comme à présent la sagesse et la portée de cette parole du Pape qui n'est pas très-ancienne, mais que l'on croirait proférée hier aveo une intention spéciale â l'égard des Canadiens.

En effet, le péril maçonnique n'est plus â nos portes, il est au milieu de nous. On le nomme un péril par euphémisme, car c'est un mal existant. Oui, mes Frères , tandis que vous êtes rassemblés dans cette église pour les devoirs du culte, il y a audehors des personnages hypocrites et rampants, des "hommes-mensonge", qui raillent en secret vos " superstitions naïves", et n'osent vous provoquer, si ce n'est par des allusions lointainea et des malices détournées; qui rêvent en secret de vous inféoder à leur secte, et n'osent vous solliciter, si ce n'est par des démarches sinueuses et de furtifs essais.

Et pourquoi cette discrétion et cette réserve? l'intérêt, mes Frères. Ne cherchons pas plus

(loin

loin ni plus haut. Que voulez-Vous ? on a sa clientèle et son petit négoce pour le maintien desquels il faut

conserver sa réputation Et alors si les "frères"

jetaient le masque et faisaient du zèle ouvertement, cette brave population de Montréal ne pourrait-elle point S'aviser de leur couper les vivres? Donc mettons-nous à couvert et sauvons le pot-au-feu. D'ailleurs, oes catholiques sont si attachés à leur "credo" et si bien assujettis au 11 despotisme clérical, " qu'il serait fort maladroit d'aller heurter de front leurs " préjugés Il faut présentement se borner à semer le discrédit sur leurs prêtres. L'heure n'est point venue d'exhiber nos enseignes: en attendant, vive l'anonymat î L'heure n'est point venue de paraître au grand jour pour hâter la construction du Temple: en attendant, vivent lescatacombesî

Mes Frères, cette persistance à demeurer dans l'ombre, me permet de flétrir la secte sans injurier les personnes; mais elle ne saurait couvrir plus long temps les intentions criminelles des maçons de toute nuance, de tout grade, de toute race et de tout pays, ni leur dessein suivi de ravir à nos compatriotes = sous prétexte d'émancipation et de réveil intellectuel = la virginité des croyances et l'intégrité des moeurs.

le temps me manque à présent pour exposer les tendances anti-sociales de la Franc -Maçonnerie. Cependant le fanatisme de la secte, les commotions religieuses qui en résultent et le perpétuel attentat â la liberté de conscience; l'usurpation des pouvoirs et la

( réforme

réforme sociale objet de son ambition; et surtout cette discipline du secret qui a fait d'elle une puissance comparable au seul empire romain, est-ce que tout cela ne suffit point à démontrer qu'elle constitue un danger public aussi redoutable aux princes temporels qu'à la Papauté et à l'Eglise ?

la Maçonnerie, de nos jours, pèse plus ou moins sur tous les parlements, les cabinets, les chancelleries de l'Europe et d'Amérique. Elle ne travaille pas simplement à former un Etat dans l'Etat, mais un Etat dans le monde. D' Israël i était déjà premier ministre et devait assurément s'y connaître, lorsqu'il s'écriait dans un discours à Aylesbury :(£0 Septembre 1876) " Les gouvernements de ce siècle n'ont pas affaire seu - "lement aux gouvernements, aux empereurs, rois ou ministres, mais encore aux sociétés secrètes, éléments dont "il faut tenir compte; qui, à la dernière minute , peu- "vent détruire toutes les combinaisons; qui poussent à "l'assassinat et peuvent amener un massacre. " Encore une parole qu'on dirait prononcée cette année même, dans une assemblée protestataire, au lendemain de la tragédie de Lisbonne.

Aussi, mes Frères, ce qui me scandalise et m'épouvante, ce n'est point les machinations secrètes de la Franc-Maçonnerie, mais son existence même; c'est que, toujours secrète, elle continue de vivre et trouve grâce aux yeux du siècle. Comment.' voilà un siècle appelé siècle de lumières, et précurseur d'un autre auquel on ne trouvera point, sans doute, de nom suffisamment sonore et

(pompeux

pompeux; un siècle qui promène le flambeau de l'analyse à travers mille régions où l'humaine curiosité n'avait pu se donner carrière; un siècle pendant lequel on nous injecte, pour ainsi dire, l'intellectualisme et le tourment d'apprendre; et ce siècle ignore ou feint d'ignorer la ténébreuse Puissance qui préside à sa marche et conduit ses destinées ? Ce siècle qui nous révèle le mécanisme de la cité antique, ignore ou feint d'ignorer l'un des principes efficients de l'Etat Moderne ? Il tolère la grande"Bnnemie Sociale " sans lui faire exhiber ses titres, déployer ses enseignes, et démasquer ses batteries ? Quelle énigme, mes Frères, quelle énigme! Seule, une vue de foi pourrait la résoudre. Et la Foi me dit ceci : L'existence civile et le triomphe insolent des Loges, c'est le châtiment d'un âge incrédule, mai s encore épris de mystère et de symbolisme, honteusement réduit â remplacer le vieil Evangile par un "Credo" révolutionnaire, l'obéissance aux pontifes romains, par la sujétion à des maîtres anonymes, et la lithurgie sacrée par les demi-tours et les enjambées grotesques d'une soirée d'initiation !

J'ai maintenant fini une tâche ingrate.

Il fallait remonter d'abord aux sources exotiques du mal; mais je crois avoir parlé pour les hommes de mon pays et pour ceux de mon temps. Et j'ai parlé sans détours, bien que nous traversions une période de fermentation nationale. Le manteau que je porte a vu des époques plus travaillées, et je me croirais le fils indigne de St.

(Dominique

Dominique et de Lacordaire, si je taisais devant le peuple les vérités utiles, aux deux noblesses qu'il aime : L'EGLISE et la PATRIE !

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BIBLIOGRAPHIE AUTI-MACOOTIQUE

Les sociétés secrètes et la sofiiété Le Père Deschamps.

La Franc -Maçonnerie en France Georges Goyau.

Etudes sur la Franc -Maçonnerie contemporaine Paul Nourrisson.

Le Grand-Orient de France Jean Bidegain.

La Franc-Maçonnerie et la question religieuse .... Copin-Albancelli.

La gangrène maçonnique Dasté.

Le Problème de l'heure présente Mgr. Delassus.

Assemblée générale du G.O. de France, 1904 Paul nourrisson.

Gomment je suis entré dans la F. M. et comment j'en

suis sorti Copin-Albancelli.

" le Correspondant", 25 juin , 190b.

do 10 mars , 1899.

La "Revue des deux Mondes", 10 mars 1899.

Le secret de la Franc -Maçonnerie Max Doumic.

La Franc-Maçonnerie est-elle juive ou anglaise?.... Max Doumic.

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