‹ La France a RomeChapitre 107 sur 177 · L'EGLISE · texte numérisé non relu

L'EGLISE

« Tu es Petrus !.. Portée inferi non preevcdebunt adversus eam.yi

(Mait. XVI, V. 18).

Rome, des plus beaux jours l'éclat se renouvelle ! A ton appel déjà le Concile assemblé Proclame dans tes murs, Jérusalem nouvelle, Les éternels décrets que l'Esprit-Saint révèle. Déjà les Enfers ont tremblé.

Chaste épouse du Christ, sainte Église, ma mère, En toi de tes enfants le cœur s'épanouit. A ses lèvres, méchants, portez la coupe amère... Sous le souffle de Dieu votre rage éphémère Comme l'éclair s'évanouit.

Qci pourrait dignement raconter ses victoires? Mais pour les remporter quels furent ses soutiens? Nos martyrs ont pourtant foulé tous les prétoires ; Leur sang a fait germer sur tous les territoires Une semence de chrétiens.

Des persécutions ouvrons le catalogue.

L'Église eut à combattre un peuple démagogue, Qui d'abord immola son Fondateur divin.

Pour renverser la Croix, bientôt la Synagogue Redoubla d'efforts, mais en vain.

Plus tard des Empereurs l'audace souveraine D'une humaine hécatombe ensanglante l'arène, Appuyant des faux dieux les zélés sectateurs. Voyez autour du cirque où Satan les entraîne Plus de cent mille spectateurs.

Pour préparer leur âme à ces luttes austères, Les martyrs ont puisé dans nos divins mystères La force d'affronter les plus cruels tourments. Aux cantiques pieux les tigres, les panthères Mêlent d'affreux rugissements.

Tout à coup, l'œil sanglant et la gueule écumante, De sa cage bondit l'hyène dévorante.

Auprès d'elle on entend d'affreuses légions Répéter à l'envi d'une voix frémissante,

Ces mots : « Les chrétiens aux lions î »

Gomme un chêne grandit sous le fer qui Témonde, Mutilé par un schisme ou sous un glaive immonde, Votre culte, ô mon Dieu, sans cesse rajeunit. La Foi se fortifie et gouverne le monde, A mesure qu'on la bannit.

Eglise de Jésus, jamais tu ne succombes. Les reliques des Saints brillent aux catacombes, Quand l'ombre de l'oubli couvre les conquérants. De Tibère et Néron qui trouvera les tombes ? Où sont les restes des tyrans ?

Aux persécutions succède l'hérésie :

Le mensonge à la bouche, au cœur l'iiypocrisie, De nos dogmes sacrés niant la vérité, Ces traîtres recouvraient leur lâche apostasie Sous une fausse austérité.

Ils renversaient le temple et profanaient nos fêtes, Ces indignes pasteurs, ces loups, ces faux prophètes; Ils jouaient à l'autel un rôle audacieux, Et pour mieux déguiser leurs honteuses défaites, Empruntaient la langue des Gieux.

Du mensonge ils savaient les tristes privilèges. Aussi, comme les Juifs, ces hordes sacrilèges. En souffletant le Christ, fléchissaient les genoux. Mais voici des périls, voici de nouveaux pièges Dressés par l'Enfer en courroux.

De l'Incrédulité rédigeant le symbole, Ils pensaient arracher la Croix du Capitole, Ces sages d'Alembert; Jean- Jacques et Volney, Quand l'Irréligion choisit pour chef d'école Le patriarche de Ferney.

Et le marbre vivant d'une fille perdue, Effrayant les regards de la France éperdue, Remplaça de l'autel les pieux ornements. De Voltaire au démon l'âme déjà vendue Redoubla ses ricanements.

Mais l'Église voguant, intrépide nacelle, Au milieu des écueils, vers la rive éternelle, Gomme l'Arche, autrefois, sauva les passagers. Pontifes, à travers la tempête nouvelle. Guidez-nous, divins Messagers.

L'horizon s'assombrit sur nos têtes coupables, Mais Pierre est infaillible, et ses mains vénérables Du céleste Vaisseau tiennent le gouvernail. De l'Abîme jamais les portes exécrables Ne prévaudront sur son bercail.

A. TURGY, Prêtre.

Castelnaudary. — Octobre 1869.

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