DIOCÈSE DE LA ROCHELLE
A SA SAINTETÉ PIE IX
0 Souverain Pontife, Évéque et Roi de Rome, Digne Représentant de Jésus-Christ fait homme, Je dépose à vos pieds le tribut de mes vœux. Je suis un humble enfant de la vieille Armorique Qui veut, toujours pareille à la vestale antique, De la lampe sacrée alimenter les feux.
Chaque pas que l'on fait sur le soi de Bretagne, Dans le creux du vallon, au flanc de la montagne, Jusque sur les menhirs on distingue la Croix; Nos pères, réunis à la grande Vendée, En invoquant le Christ sont morts pour une idée. Et de lenrs libertés ont défendu les droits.
Salut, noble vieillard, successeur de saint Pierre î Pour vous j'adresse au Ciel une ardente prière. Et prosterné vous-même au pied du Crucifix, Yous implorez le Dieu de la miséricorde, A Tunivers entier vous prêchez la concorde, Comme un père jaloux du bonheur de ses fils.
Recevez des Bretons le respect et Thommagef Vous êtes le Vicaire et la vivante image Du Dieu qui resplendit aux sublimes sommets; Et, Jésus-Christ Ta dit de sa bouche immortelle i (( Contre la sainte Éghse et sa base éternelle, Les portes de l'Enfer ne prévaudront jamais. »
Tant qu'un souffle de vie, animant nos poitrines, Réchauffera nos cœurs au feu de vos doctrines. Nous, Bretons et chrétiens, nous soutiendrons vos droits Et, tant que les rochers de la rude Armorique Braveront la fureur des ûots de l'Atlantique, L'Armor sera fidèle au culte de la Croix.
Honte aux vils apostats, à ces enfants parjures
Qui sur leur sainte Mère ont vomi des injures !
Honte aux nouveaux Judas qu'on voit, pour un peu d'or
A d'infâmes bourreaux livrer le divin Maître !
Le perfide baiser dont se servit le traître
Ne souillera jamais les lèvres de l'Armor.
Vertus, malheurs, vieillesse, ont orné votre tête D'une triple auréole. A travers la tempête, Vers le port du salut vous guidez vos enfants ; Qu'importe l'ouragan! L'arc-en-ciel d'espérance Annonce à l'univers la fin de la souffrance, Et le Pape et la Foi sont encor triomphants.
Saint Père, bénissez notre vieille patrie Qui par un souffle impur ne fut jamais flétrie, Et qui conserve intacts les principes du beau. Bénissez la province en dévoûments féconde, Oii la Foi, propageant sa racine profonde, Jusque sur le sépulcre allume son flambeau.
Poursuivez, en guidant la barque de saint Pierre, Sous les regards de Dieu, votre longue carrière. Saint Père, bénissez deux immortelles sœurs Que la Foi réunit : la France et la Bretagne! Dans la noble patrie où régna Gharlemagne, "Vous trouverez toujours de vaillants défenseurs.
Pierre MAURIÈS,
Sous-bibliotJiécaire de la ville de Brest.
Brest, le 28 Novembre 1869.