ROME ET LE CONCILE
Sur l'air de la Chanson du petit mousse (marche)
0 Saint-Père, vous, qui vous attirez l'admiration de Funivers, à cette époque déplorable, vous avez été, vous êtes et vous serez toujours sans inquiétude aucune, et fort joyeux. Oui, Saint-Père, soyez gai, car le bon Dieu vous défendra par l'intermédiaire des bons habitants de la Basse-Bretagne, qui sont pleins d'ardeur jusqu'à la mort.
Préposé par le bon Dieu pour régner sur nous ici-bas, vous nous apprenez, par votre sainteté sans pareille, à suivre sa sainte loi. Continuez à régner, ô Saint-Père, continuez à régner sur l'univers chrétien : tous les habitants de la Basse-Bretagne vous seront attachés pour toujours.
Soyez béni, ô mon Dieu ! yous avez donné à notre bon Père du courage pour supporter, sans Jamais se plaindre, tant de créve-cœur : Pie IX se réfugier à Gaëte, chassé de Rome, sa patrie ! Personne n'a encore perdu le souvenir de la journée de Gastelfìdardo !
Que de fois, en outre, n'a-t-il pas été, dans son palais, menacé par les plus méchantes gens du monde, ingénieux dans l'art de faire tout ce qui est mal ! Mais Pie IX était toujours Pie IX! Quel Vicaire à Jésus-Ghrist ! Entendait-il parler de la mort, Pie IX était toujours joyeux.
Dieu est et sera avec vous : tenez donc bon, ô Saint-Père î Vous serez à jamais victorieux de celui qui est le domestique, le domestique du fils aîné de Lucifer, connu de tout le monde. Vous faire descendre du trône de saint Pierre^, cela ne lui sera jamais permis!
Vivez donc, vivez sans crainte, ô Père le plus digne d'être aimé ; vous aurez le secours de nos prières : c'est l'aide première que nous vous donnons. Et s'il arrive encore que vous ayez besoin du secours des bras de notre pays, un mot, s'il vous plaît, et les Bas-Bretons courront bien vite à Rome-
Si, avant cette époque où nous sommes, vous vez eu le cœur rassasié de chagrins, au moins
maintenant dédommagez-vous, car voici pour vous une joie sans pareille : Que de centaines d'évêques, ô bonheur! accourus à la hâte de tous les pays, pour obéir au désir de Votre Sainteté, vous, le meilleur de tous les pères !
Maintenant, Pape et Evêques qu'on ne saurait trop louer, réunissez-vous tous dans le plus saint des Conciles : ce sera bien agréable à Jésus-Christ. Vous avez l'esprit de Dieu, il vous donnera des lumières. Qu'il lui plaise de faire en sorte que plus tard nous accomplissions mieux sa sainte loi !
Vous tous, Pères du Concile, je vous remercie d'avance de toutes les peines que vous vous donnerez pour procurer la gloire du bon Dieu en ce monde. Que le bon Dieu vous récompense de tous vos pénibles travaux, en vous faisant voir tout le monde prendre le parti de Jésus-Christ !
Mais, un plus heureux dédommagement, ce sera d'entendre le bon Dieu appeler chacun de vous, à la fin de sa vie, pour monter à sa suite dans les Cieux. Pour mon compte, j'ai le plus vif désir de pouvoir contempler alors Pie IX dans la gloire, puisque je n'ai pas d'espoir de le voir sur la terre.