‹ La France a RomeChapitre 159 sur 177 · A NOTRE SAINT-PÈRE LE PAPE · texte numérisé non relu

A NOTRE SAINT-PÈRE LE PAPE

Saint-Père, des marins, des laboureurs de leur pays de Léon, bien loin en Bretagne, déposent leurs cœurs chrétiens à vos pieds.

Vous êtes notre Père, le Chef de l'Eglise, le Pasteur qui paît le troupeau de Jésus, le siège inébranlable de la vraie croyance, le Phare élevé qui éclaire le monde.

Tous les peuples de la Chrétienté mettent, dans ce temps, leur cœur, leurs forces et leur sagesse à vous soulager sous votre croix.

A leur exemple, nous tous, Bretons, nous vous soutiendrons selon notre pouvoir, nous sommes chrétiens et hommes de foi ; la foi ne tremble pas devant la mort.

Bien que délaissés de tous, excepté de Jésus et de sa Mère, quoique dépourvus de fortune ici-bas, nous ne sommes pas pauvres avec une foi vive, une charité ardente.

Sans îa foi nous ne poumons résister aux maux qui nous assiègent; sans amour nous mourrions, sans l'amour du Dieu qui sauve.

Si avec la foi et l'amour nous tombons parfois sur le chemin de la vie, nous acceptons le châtiment, et vous implorez pour nous la miséricorde.

Par nos larmes, nous demandons à Jésus qu'il accorde la paix à l'Eglise; à vous. Père saint et bon, de la santé, de la force pour terrasser le péché.

Par la puissance de Marie, vous triompherez du désordre qui monte comme une marée ; elle est votre obligée, Saint Père, et vous doit d'alléger votre fardeau.

11 y a sept siècles, un grand saint, saint Malachie d'Hibernie, vous a prophétisé croix sur croix ^ Saint Père.

S'il a annoncé la vérité (qui peut le méconnaître?) il ne parla pas de l'amour qui console votre cœur afñigé.

Semblable à une mère, toujours Pamour véritable, avant Forage, la foudre et les éclairs, appelle ses enfants et les met sur son cœur.

Père saint, votre cœur a appelé vos enfants, les Evêques, et tous avec empressement sont accourus à vos côtés.

Ils sont venus pour le bien des âmes, pour éclairer leur intelligence, pour prendre conseil du Ciel, pour vous témoigner leur amour.

Quant à nous, Bretons, qui tenons tous de cœur à la foi que, par la langue bretonne, les saints ont enseignée à nos ancêtres.

Nous voudrions, tous, suivre nos Pères, et avec eux aller, grands et petits, embrasser vos pieds et baiser l'empreinte de vos pas ;

Aller demander de la force pour résister au péché, aux souffrances, afin qu'en mourant en Bretagne, notre pays, nous puissions éviter l'enfer ;

Aller obtenir à la mère, à ses enfants, obtenir au père votre bénédiction qui les aiderait. Père saint, à marcher à votre suite sur le chemin du Paradis.

G. MILÎN.

Brest (Finistère), I"' novTinlire 18i;9.

Page 1