‹ La France a RomeChapitre 32 sur 177 · PIE !X ET LE CONCILE · texte numérisé non relu

PIE !X ET LE CONCILE

Le Seigneur s'est levé; la terre s'est émue;

Tout ce qui prie et croit élève vers la nue

Un regard d'espérance, et la Ville aux sept monts,

Dépouillant ses chagrins, ajoute à sa couronne,

Gomme un fleuron nouveau, l'espoir que Dieu lui donne

D'un monument sacré, signé des plus beaux noms.

Et pourtant quel rayon manquait-il à ta gloire, 0 cité des martyrs, cité de la victoire? Serait-ce, en notre temps, la suprême beauté Qu'imprime le malheur au front persécuté? Ou bien un jour du ciel égaré sur la terre, Gomme, il y a deux ans, celui du Gentenaire? Un de ces jours si beaux, si pleins de souvenir, Qui font dire aux chrétiens : Voir Rome, et puis mourir !

Non. D'un œil inquiet, le Vieillard magnanime Voit des fìls sans vertu s'avancer vers l'abîme. Et déserter à flots les parvis du saint lieu ; Il les voit, dédaignant son paciflque empire, Fiévreux de libertés, suivre un siècle en délire, A genoux devant l'homme et debout devant Dieu.

La voix qui saluait du nom d'immaculée

La ñlle de David, lis de notre vallée.

Alors a retenti jusqu'au fond des déserts,

Sur le sommet des monts, au bord des flots amers .

Et bientôt l'on verra sur leur chaise curule

Les Vieillards des saints lieux... Déjà l'enfer recule,

Mais en jetant sa bave et ses cris furieux

Au roi qui nous bénit et nous ouvre les Gieux.

C'est en vain qu'il est bon, ce vieillard plein de grâce^ Qu'en des chaînes d'amour son âme nous enlace : « Une couronne au front est une épine au cœur. » Le Vicaire du Christ porte trois diadèmes... Ses douleurs atteindront les limites suprêmes. Qu'importe! de son siècle il restera vainqueur.

Vers lui s'en vont nos vœux, nos prières, nos larmes; Pour le défendre, hélas ! ce sont de faibles armes. Quand il faudra du sang, nous mourrons sans effroi; On triomphe en mourant pour le Pontife-Roi. Quand ses yeux chercheront Notre-Dame de France, Puissent-ils rencontrer le nid qui se balance Aux ûancs du Mont-Anis; qu'il étende sa main, Et notre vie aura le Ciel pour lendemain.

Une religieuse de TInstitution de l'Enfant-Jésus.

(diocèse du puv)

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