‹ La France a RomeChapitre 77 sur 177 · BOURRELLY · texte numérisé non relu

BOURRELLY

H) La rue fétide et la menthe sauvage.

LE CONCILE

Il semble que vous e ntendez passer dans les airs à t oute heure,

Des cris qui vous serrent le cœur.

Serait-ce, comme jadis, une mère qui pleure.

En disant que ses enfants sont morts ?

La pauvre humanité, on le voit, est bien malade :

L'homme s'est éloigné de Dieu ; Il ploie sous le fardeau de ses anciennes fautes.

Et la fièvre le ronge vif.

Quel est donc celui qui voudrait me dire

S'il y aura sur la terre un remède à tant de maux,

A moi qui vois les fiévreux, émus de colère, Crier qu'il n'y a point de malade ?

De remède, il n'y en a qu'un :

Ce sera la source pure, abondante du Vatican, Et Rome sauvera, la foi nous l'assure,

Rachel qui pleure et ses enfants.

Rome, si tes Césars te firent riche et belle

Par orgueil et par ambition, Pour nous catholiques, tu es la cité fidèle,

La grande reine des nations.

Que de villes, avant toi, sièges de grands empires.

Evanouies comme la fumée.

Etaient des fourmilières de sages et de fous! Aujourd'hui nous regardons : il n'y a plus personne.

Babylone, Memphis, que sont-elles devenues?

Et Thèbes, qui avait cent portes?

Et la riche Thadmor, la Sultane perdue

Dans son désert oriental ?

Toi, Rome, quand tu as vu que tant de villes anciennes

Sont dévorées par le temps, Tu as compris que de là-haut une main souveraine

Contre les siècles te défend.

Toutes tombent en poudre : toi seule es éternelle,

Et tu portes avec un noble amour Les saintes armoiries de Celui qui, en toi, gouverne,

0 Reine 1 la barque du Seigneur.

Les vagues de la mer, de celte mer nébuleuse,

. Agitée par l'esprit du mal.

S'agitent dans le gouffre et bondissent tumultueuses, Comme pour engloutir la barque.

Le Pilote est adroit; mais la besogne est rude.

Matelots, tenez les aubans ; Nautonniers, de toutes parts apportez-lui du secours;

Gourez, car le danger est grand.

Vous, Empereurs, Rois qui gouvernez le monde,

Vous devriez avoir presque peur; Il y a sous vos trônes un grand feu qui se cache

Et qui déjà brûle le sol.

S'il arrivait un -moment qu'une lave bouillanle

S'échappât de ce volcan, Rien ne pourrait vous sauver de l'avalanche ardente

Qui consúmerait tout soudain.

D'où vient le mal, gouvernants de la terre?

Si le volcan est allumé, Et si sur cette mer gronde le tonnerre,

Et si dans les airs s'est formé

L*orage des passions et des fausses doctrines

Qui ont dévoyé tant de cerveaux.

C'est que vous l'avez voulu. Frappez vos poitrines

Et saluez le saint drapeau.

Vers Rome, la grande ville, et dans la nef de saint Pierre,

Se réunit l'honorable assemblée Des prélats catholiques, qu'il fera plaisir à voir Autour du grand Pie Neuf.

Laissez-les arriver vers les saintes Assises

A travers terres, eaux, déserts.

Ils apportent la paix de Dieu, les Jurés de l'Eglise,

Pour le salut de l'univers.

Si vous donniez de l'élan et de l'appui au Concile,

Les peuples deviendraient meilleurs.

Pour les rendre soumis, il vous serait plus facile,

Quand ils seraient soumis au Seigneur.

C'est de cette seule manière que viendront le bien-être

Et l'ancienne paix du foyer.

Princes, allons ! commandez, courage! vous êtes les maîtres.

Coupez les racines du mal.

Quand, la loi à la main, vous punissez les injures

Qui sont faites à vos nations.

Pourquoi, princes chrétiens, contre tant d'impostures

Ne protégez-vous pas la religion ?

Depuis longtemps vous laissez dénigrer par le vice

Tout ce qu'il y a de plus honorable.

Pécaïrel (*) Ne voyez- vous pas que c'est là une injustice

Qui déjà retombe sur vous?

Vous aussi, vous riiez de Dieu et de ses ministres,

Comme les écrivains du temps.

Soyez des hommes nouveaux, commencez encor à croire,

Et vous n'en serez que plus contents.

(I) Ce mot siffniile ici : Que vous êtes à plaindre .'

Les troupeaux égarés, quand ils sauront que leurs pasteurs

Reviennent dans le bon chemin, Laisseront par là-bas la rue et la menthe sauvage

Pour courir vers les prés divins.

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