RICHESSE PUBLIQUE
Il est très difficile de se rendre un compte exact de la richesse publique, car il est presque impossible d'en analyser les sources diverses et de les traduire en chiffres. Cependant ces calculs ont toujours tenté les économistes et j'en dirai ici quelques mots.
La fortune d'un peuple peut s'évaluer par le revenu ou par le capital. Le revenu national provient de la richesse acquise qui comprend les valeurs mobilières ou immobilières et du travail appliqué soit à l'agriculture, soit à l'industrie, etc.
De nombreux ouvrages ont été entrepris dans le but d'évaluer ces revenus : nous citerons le Traité des impôts de M. Ed. Vignes, les travaux de Moreau de Jonnès (1840), de M. Goudchaux (i848), de M. Hipp. Passy (1849), de M. Cochut (1849 et 1859), de M. Block (1860) et de M. de Parieu.
En rapprochant les divers résultats obtenus par ces auteurs, on peut s'assurer que les mieux qualifiés pour de telles recherches hésitaient, il y a vingt-cinq ans, à attribuer à la France plus de 12 ou 15 milliards de revenu par an, tout en constatant que la richesse générale avait fait depuis le premier Empire d'énormes progrès. Au lendemain de la guerre 1870-1871 les évaluations oscillaient encore entre 10 et 20 milliards*.
Mais depuis cette époque la France a vu sa richesse renaître dans de telles proportions que les statisticiens calculent son revenu annuel entre 20 et 30 milliards.
Etudiant l'impôt, M. Leroy-Beaulieu, dans la préface de son Traité de la science des finances, cherchait à se rendre compte du rapport existant aux divers degrés de l'échelle sociale entre les revenus des contribuables et le tribut payé au fisc (y compris le tabac, la poste, etc., — puis les taxes départementales et communales). Pour une famille d'ouvriers parisiens il arrivait à 10.8 0/0. Pour un millionnaire (80.000 francs de rentes) il trouvait 13 ou 17 0/0 selon la composition de sa fortune (meubles ou immeubles), il y a lieu de penser, en effet, que le taux moyen de la taxation, en France, s'éloigne peu de 15 0/0.
Or, au budget de 1887, les perceptions comprises dans ces
aïeuls, en ce qui concerne l'État, dépassent 2.800 millions de
francs ; avec les centimes additionnels, les droits d'octroi, on ar-
1. Nous prenons quelques-unes do ces données dans rintêressant ouvrage de M. A. de Foville, La France économique.
rive à 3 milliards 4/2 environ. Or, si ces 3 milliards 1/2 représentent 15 0/0 du revenu national, celui-ci est environ de 23 milliards de francs.
Analyse des revenus. — Les notes fournies en 1885 a la commission parlementaire de la réforme de l'assiette de l'impôt contenaient les estimations suivantes :
Revenus nets.
Propriétés non bâties 2.646 millions de fr.
Propriétés bâties 2.200 —
Valeurs mobilières (taxées à 3 0/0) 1 .595 —
Créances hypothécaires et chirographaires. 500 —
Dette perpétuelle de l'État 710
Dette amortisssble 10(5
Dette viagère 192 —
Ensemble* 7.979 millions de fr.
Distribution des fortunes. — M. Leroy-Beaulieu a consacré un chapitre de son Essai sur la répartition des richesses à l'examen des principaux documents statistiques au moyen desquels on peut se faire une idée de cette répartition dans les différents pays. Pour la France, M. Leroy-Beaulieu n'ayant plus pour se guider l'impôt sur le revenu a dû concentrer ses recherches sur Paris. Il estime que les statistiques de l'impôt mobilier « interprétées avec sagacité et circonspection » permettent de distribuer comme il suit les revenus de la population parisienne.
I. Ou suppose que la <l«'lle frauraisc est possédée tout entière par des
Fraiieais et, d'antre part, on ne. peut tenir compte des fonds d'Etat étrangi^rs en France.
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Revenus parisiens
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