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CHAPITRE III

COIiONIES ET PAYS PliACÉS SOUS L.E PROTECTORAT FRAIVÇAIS

Ali^érie, superficie^ population. — L'Algérie, avec une superficie de 418 kilomètres carrés, c'est-à-dire presque égale à celle de la France, dont les limites ne sont pas partout bien tracées, compte une population de 3.360.000 habitants, soit 10 habitants par kilomètre carré. Aujourd'hui cette population comprend 88 0/0 d'indigènes, 7 0/0 de Français et 3 0/0 d'étrangers. La proportion de ces derniers tend à s'accroître de plus en plus et bientôt elle dépassera celle des Français. En 1835 il n'y avait que 11.000 européens dans toute l'Algérie ; en 1843, on en trouve 95.000 ; en 1833, 130.000; en 1863, 237.000 ; en 1873, 320.000 et enfin en 1883, 400.000.

Organisation administrative. — Au point de vue administratif, on peut dire que le gouvernement actuel tend à assimiler l'Algérie à un département français. Le territoire est divisé, administrativement, en trois provinces, dont la direction est confiée îi un préfet qui aies mêmes attributions qu'en France.

Un décret de 1881 a délimité les fonctions du gouverneur général; il est l'interprète des divers ministères pour surveiller l'application des règlements de chacun d'eux. Le gouverneur n'est donc qu'un intermédiaire entre le pouvoir exécutif de la métropole et les préfets de TAlgérie, d'autre part le gouverneur possède un double caractère de fonctionnaire civil et militaire ; en cette dernière qualité il donne des ordres au commandant en chef des troupes résidant en Algérie.

Il y a encore quelques régions en Algérie qui sont soumises

exclusivement à rautorîié militaire, mais les circonstances qui obligeaient à la maintenir, tendent à disparaître. L'administration militaire s*étend sur quelques parties éloignées des grands centres ou touchant aux frontières ; toutes les affaires, même celles qui ont un caractère essentiellement civil sont de sa compétence. La population comprise dans la partie de TAlgérie administrée civilement est de 1.884.000 habitants ; l'autre moitié occupe le territoire soumis àTautorité militaire.

Chaque année le territoire de la première augmente au détriment de la seconde.

Chacune des trois provinces de TAlgérie possède un conseil général composé de Français, élus par des citoyens français, soit de naissance, soit par naturalisation.

11 y a, de plus, dans chaque conseil général, six conseillers indigènes nommés par Tadministration centrale.

Dans la partie du territoire administrée civilement, il y a des municipalités élues par les Français, les indigènes juifs et les indigènes mahométans ayant Tune des qualités suivantes : propriétaire foncier, fermier d'une terre, patenté, employé de l'Etat, du département ou de la commune, décoré de la Légion d'honneur ou de la médaille militaire.

Budget. — Le budget général de l'Algérie s'élève à 108.700.000 fr. par an sur lesquels 56.000.000 sont destinés à l'armée, 700.000 fr. à la marine et 52.000.000 de fr. aux services civils. Le budget de la guerre et de la marine est à la charge exclusive de la métropole.

Les recettes de l'Algérie ne suffisent pas à couvrir les 52.000.000 de Ir., montant des dépenses réservées aux services civils. En 1885, les recettes se sont élevées à 40.777.000 de fr., ce qui donne une somme de plus de 11.000.000 de fr. pour le déficit de l'année. Le développement chaque jour plus considérable qu'acquiert le régime civil, augmente les dépenses, mais la prospérité de cette colonie prend de l'accroissement, l'agriculture y a pris un grand essor par la plantation de la vigne, l'industrie s'y développe et l'on peut prévoir le jour où les recettes équilibreront les dépenses.

Les recettes du budget de l'Algérie proviennent des impôts qui suivent : Douanes maritimes, timbre et enregistrement, postes et télégraphes, contributions indirectes (monopole du tabac, de la poudre, etc.), contributions directes ou impôts sur la propriété foncière, patentes, etc. Contributions de guerre imposées aux tribus insurgées et enfin des contributions arabes dont le caractère est celui d'un impôt sur la propriété foncière.

494 StUÈaK PARTIE.

Ojoiine exemple citons le kockor on impiH sur la propriété colléeti%'e qui s*élève à 20 fr. par an et par 10 hectares, soit 2 fir. par hectare. Cet imp<jt frappé seulement dans la proTince de Constantine a produit 509.000 fr. en 1883. L'Ackour est un impôt sur les céréales qui varie d'un département à l'autre et qui atteint qoefqnefni9 far smwÊÊÊm 4» 2» Cr. pour 10 hectares semées de céréales. Il a produit 2.340.000 fr. en tS&L La Zekkat est un impôt sur les troupeaux, fixé chaque année par le goufeiacM général^ sans distinction de territoire : il est aujourd'hui de 4 fr. par dÉ»meau, 3 fr. par bœuf, 0 fr. 20 par mouton et 0 fr. 15 par chèvre.

Les chevaux et autres animaux domestiques en sontexempts. (Aii imp<H a produit 2.480.000 en 1883.

Enfin le/>?:maest un impôt particulier aux trihus de la grande Kahilie et du désert. En Kahylie il prend la forme d'un impôt de capitation qui frappe tous les hommes en état de porter les armes, les plus pauvres exceptés. Ils payent, suivant leur fortune 5, 10 ou 15 fr. par an et par tête. La taxe sur les dattiers n*est perçue que dans les départements dWlger et de Constantine ; elle varie de 0 fr. 25 à 0 fr. 50 par pied de dattier. Le Lezma a produit 8HG.000 fr. en 1883. La moitié de la somme fournie par les contributions arabes est destinée au budget général de TAlgérie ; l'autre partie revient aux budgets départementaux qui, de plus reçriivent des subventions de FEtat, des municipalités et des particuliers. Les budgets départementaux sont spécialement consacrés aux chemins vicinaux et chemins de fer d'intérêt local. Le budget extraordinaire des départements est alimenté par les ventes d'immeubles et les emprunts. Les budgets ordinaires départementaux de l'Algérie se sont élevés en 1883 à 8.234.000 fr., les budgets extraordinaires se chiffrent par 5.383.000 fr.

Les budgets communaux sont alimentés par les droits addilionn<*ls sur les impôts des douanes ; ils portent le nom d'octroi de mer. Le produit de l'octroi de mer est réparti aux communes proportionnellement à leur population. Les budgets communaux ordinaires se sont élevés pour l'année 1883 à la somme de 21.000.000 de francs.

Li'Armée. — Le budget militaire de l'Algérie est, ainsi que je l'ai dit, entièrement a la charge de la métropole. Il s'applique aux troupes suivantes :

Chefs et officiers 2.165

Hommes de troupe 51 .482

Chevaux 14.850

L'artillerie de campagne compte 80 pièces.

L'Algérie ne donne à Tarmée qu'un nombre réduit d'hommes ; le recrutement ne donne que 2.500 conscrits par an, sur lesquels il faut déduire ceux qui sont légalement exempts du service militaire. Il en est de même pour le contingent fourni à la marine de guerre; Tinscription maritime ne comprend pas plus de 4.900 hommes.

Prospérité de l'Alfl^érie. — La France a fait en Algérie d'énormes sacrifices ; elle commence aujourd'hui à les voir fructifier car la prospérité de l'Algérie est réelle ; cette colonie est entrée dans la voie du progrès. La superficie des propriétés rurales appartenant à des européens était de 1.086.000 hectares en 1881 ; en 1884 elle atteignait 1.800.000 hectares. La population rurale a augmenté dans les mêmes proportions. Le nombre de fermes qui était de 146.000 en 1881, était de 170.000 en 1884. Les instruments d'agriculture dont la valeur était de 13.800.000 francs en 1881, avaient une valeur de 16.500.000 francs en 1884. La culture des céréales et de la vigne a pris un grand essor. La récolte du blé avait donné 6.600.000 quintaux métriques en 1881 ; elle en a donné 8.400.000 en 1884. La récolte^ de l'orge a donné 7.900.000 quintaux métriques en 1881 et 11.400.000 en 1884. Les lois favorisent en Algérie la production des céréales.

La culture de la vigne a pris une extension encore plus grande. Il y avait, en 1882, 16.600 hectares plantées de vignes qui donnèrent 327.000 hectolitres de vin ; en 1884, il y avait 56.000 hectares plantées de vignes et la production du vin atteignait 890.000 hectolitres. L'exportation des vins s'est élevée pour l'Algérie à 150.000 hectolitres pour l'année 1881.

L'exploitation de l'alfa, plante dont la fibre est très appréciée dans l'industrie, a pris en Algérie un grand développement. Il en est exporté 100.000 tonnes chaque année, dont la plus grande partie est envoyée en Angleterre. L'alfa sert à la fabrication du papier, et de sacs destinés au transport des céréales et du charbon de pierre.

L'Algérie fournit aujourd'hui à la régie française une certaine quantité de tabac. Mais la culture de cette plante semble y diminuer.

Bois et forêts. — Les forêts d'Algérie constituent une des grandes richesses de ce pays tant par les bois précieux qu'elles renferment que par les bois communs. La superficie couverte^ par les bois et forêts est de 2.785.000 hectares qui se subdivisent ainsi :

Bois de cèdre 38.000 hectares

Bois de tuya 160.000 —

Bois chêne-liège 436.000 —

Plus 2.100.000 hectares de chênes et de sapins.

De vastes étendues de forêts ont été brûlées par les indigènes et Fautorité militaire a dû prendre des mesures énergiques pour leur conservation.

Élei^a§^e. — On calcule que le nombre total d*animaux domestiques est, en Algérie, de 12.700.000. Les tribus du Sud se livrent principalement à Télevage qui comprend les chameaux, les chevaux, les moutons et les chèvres.

CommerGe. — Le commerce de l'Algérie a suivi une progression ascendante assez marquée. Le commerce extérieur s'élevait en 1831 à 8.000.000.000 de francs ; en 1841 à 71.000.000 de francs ; en 1851 à 87.000.000 de francs ; en 1861 à 165.000.000 de francs ; en 1871 à 306.000.000 de francs, et enfin en 1884 à 466.000.000 de francs. Sur cette dernière somme 290.800.000 francs proviennent des importations et 175.890.000 francs des exportations.

Ces échanges se font, en très grande partie, avec la métro pôle. Les importations de la France en Algérie se sont élevées, en 1884, à 217.000.000 de francs et les importations de l'Algérie en France, à 116.000.000 de francs. A l'exception des sucres, les produits français entrent en Algérie sans payer de droits de douane; les marchandises étrangères y sont soumises aux mêmes tarifs qu'en France. La protection accordée aux produits de la métropole esl donc évidente ; elle vient compenser les sacrifices que celle-ci s'impose en prenant à sa charge les frais de l'occupation militaire <le l'Algérie et en soldant le déficit qui se produit dans le budget général de cette colonie.

I/exportation des produits algériens est soumise également aux prescriptions des traités de commerce et de navigation que la France a signé avec divers gouvernements.

Dans le commerce extérieur de l'Algérie c'est l'Angleterre qui vient au second rang avec un chiffre annuel de 44.000.000 de francs.

Les vingt ports ouverts au commerce en Algérie ont donné un mouvement, en 1884, de 3.579 navires à rentrée, jaugeant 1.661.000 tonnes et 3.546 navires à la sortie, jaugeant 1.626.000 tonnes. Le tiers de ces bâtiments porte le pavillon français, puis vient l'Angleterre qui absorbe le quart du trafic généraL Le cabotage de cette même année porte sur 74.000 tonnes.

Instruction publique. — On compte en Algérie une faculté, un lycée, 10 collèges et établissements libres d'instruction secondaire et supérieure. En 1884, ces divers établissements étaient fréquentés par 3.531 élèves. Ce chiffre n'était, en 1875, que de 2.395 élèves.

L'instruction primaire comprend 197 écoles maternelles ou asiles avec 22.337 élèves contre 21.000 en 1882 ; 689 écoles primaires laïques avec 46.900 élèves et 141 écoles cougréganistes avec 11.616 élèves. Les chiffres correspondant à Tannée 1882 étaient de 12.352 pour ces dernières et de 40.320 pour les écoles laïques. Parmi ces élèves on ne compte, que 5.000 musulmans, tandis que le nombre des juifs est de 6.600.

Voies de communication. — Les routes se subdivisent ainsi :

Routes nationales 3.000 kilomètres.

Routes départementales 750 —

Chemins vicinaux 9.000 —

Les chemins de fer ont aujourd'hui une longueur de 1.800 kilomètres qui fournissent un produit moyen annuel de 18.000.000 francs, soit un produit moyen de 10.000 francs par kilomètre, somme inférieure de 6.000 francs au produit kilométrique moyen des chemins de fer delà métropole.

Poste» et télé^raplies. — 11 y a en Algérie 400 bureaux de postes et télégraphes dont les recettes s'élèvent à 2.000.000 francs par an pour les postes et 1.216.000 francs pour les télégraphes.

tfustice militaire. — Dans les territoires soumis à la juridiction militaire les commissions de discipline ont appliqué, en 1884, 8.049 amendes dont le total s'élève à. 145.000 francs. Les tribunaux mihtaires ont jugé 321 indigènes et ils ont rendu leur jugement relativement à 181 ; 17 condamnations à la peine capitale ont été prononcées.

Il y a quelques années la justice militaire appliquait des procédés très expéditifs pour juger et condamner les indigènes.

Aujourd'hui, non seulement cette juridiction s'étend sur un territoire bien moins grand, mais encore il a été établi un tribunal d'appel qui surveille scrupuleusement l'exacte application des lois.

Tendance à, l'assimilation. — Les tendances actuelles du gouvernement français ont pour but d'assimiler l'Algérie à la métropole en inculquant aux arabes les mœurs françaises, par la

498 SIYIfclME PARTIE.

langue et rinstruction. Les différences radicales qui existent en- Ire le christianisme et le mahométisme, la constitution de la famille qui en découle, opposeront toujours un grand obstacle à la réalisation de ce projet.

Le service militaire obligatoire imposé aux indigènes, si ceuxci étaient versés dans l'armée de la métropole, contribuerait puissamment à Tœuvre d'assimilation.

Les juifs algériens sont au nombre de 35.000. Ils jouissent des droits de citoyens français.

Tunisie. — L'occupation de la Tunisie par la France en 1882 fut, en quelque sorte, une conséquence de la possession de l'Algérie.

L'importance de ce pays, par son étendue et sa position dans la méditerranée orientale, est indiscutable. La fertilité de la Tunisie est bien supérieure à celle de l'Algérie, le produit du blé y est de 100 pour i. L'étendue territoriale de ce pays ne dépasse pas 118 kilomètres carrés et sa population est de 2.100.000 habitants. Les éléments naturels de cette contrée véritablement privilégiée suffiraient pour alimenter une population 40 fois supérieure à celle d'aujourd'hui. Le traité du Bardo, signé en 1881, a été des plus favorables à la poh'tique coloniale française dans le nord de l'Afrique et il a assuré la paix et la prospérité à la Tunisie.

Après avoir établi son protectorat sur ce pays, la France garantit le paiement des intérêts de la dette extérieure tunisienne et les fonctions de la commission internationale de la dette publique cessèrent dès ce moment. L'existence de cette commission était d'ailleurs incompatible avec le protectorat. La dette tunisienne peut être amortie avec les ressources mêmes du pays; eHe ne dépasse pas aujourd'hui 123.000.000 de francs; les recettes du Trésor tunisien suffisent au paiement régulier des intérêts et de l'amortissement.

La perception des contributions produit 15.000.000 de francs par an, chiffre (lue n'atteignent pas les dépenses. L'excédent varie d'une année à l'autre et il est surtout employé à l'amortissement de la dette publique.

Le commerce extérieur de la Tunisie est de 145.000.000 de francs par an ; le mouvement de ses ports est de 300.000 tonnes.

Le commerce franco-tunisien s'est élevé en 1884 à 23.694.000 francs dont 9.939.000 pour les importations de Tunisie en France et 13.735.000 francs pour les exportations de France en Tunisie.

En 1885, les 23 millions tombèrent à 21.384.000 et le résultat de l'année 188G ne paraît pas être meilleur. Atissi la Chambre de

commerce de Paris après avoir constaté que les produits français sont frappés du droit de 8 0/0 à leur entrée en Tunisie et que les produits tunisiens importés en France continuent à être soumis aux droits élevés du tarif général, a-t-elle émis un vœu pour que les ministères compétents prennent des mesures qui facilitent les relations économiques entre les deux pays.

Les étrangers ainsi que les Français sont soumis à la juridiction des tribunaux français établis en. Tunisie.

La propriété des habitants autres que les indigènes est garantie par un système entièrement analogue à celui de Tact Torrens dans les colonies anglaises de TAustralie ; ce système, tout en accordant les garanties nécessaires aux propriétaires de terres cultivables, facilite beaucoup la transmission de cette propriété.

Une ligne de chemin de fer relie aujourd'hui Tunis au réseau des chemins de fer Algériens, et la construction d'autres lignes est à l'étude.

L'établissement du protectorat françaissur la Tunisie a donné, u squ'à ce jour, d'excellents résultats. Il a été établi au prix de légers sacrifices par la France et son administration a eu, dès le début, un plein succès. L'honneur en revient entièrement au gouvernement de la 3° République.

L'influence du protectorat s'est fait sentir principalement sur l'instruction publique ; on y compte 125 écoles où la langue française est enseignée. Les indigènes sont, par nature, portés à l'étude et les enfants admis dans les écoles arrivent en peu de temps à faire de grands progrès.

Par ce côté, la France pourra travailler plus fructueusement à l'œuvre d'assimilation en Tunisie qu'en Algérie.

Sénégal. — Cette colonie autrefois réduite à une bande de terre sur la cùte, s'étend chaque jour davantage dans l'intérieur où le protectorat est imposé aux peuplades diverses qui l'habitent. La véritable colonie ne compte qu'une population de 200.000 habitants, mais dans les régions de l'intérieur la population est assez dense.

Le Sénégal est un pays riche qui produit beaucoup d'arachides, des gommes, des résines, des baumes, ainsi que de l'or et des peaux. Le commerce annuel est de 47.000.000 de francs dont 29.000.000 avec la France.

Par sa position géographique le Sénégal présente une des meilleure routes pour atteindre l'Afrique centrale et ouvrir au commerce des contrées très peuplées. Le général Faidherbe conçut en 1862 ridée de remonter le fleuve Sénégal jusqu'à Kayes,

de construire une route reliée par des forts de Kayes au Niger et d'arriver par ce fleuve jusqu'à Tombouctou. Le général Faidherbe eut la gloire de commencer cette œuvre considérable et le lieutenant Mage construisit sur le haut Sénégal le port avancé de Médine. Mais le général dut rentrer en France et l'exécution de son projet en souff'rit. Cependant en 1877 le général Brière dr risle continua l'œuvre de son prédécesseur, depuis lors chaque année a marqué un progrès dans la politique coloniale de la France au Sénégal.

En 1883, une colonne de 340 hommes commandée par le colonel Borgnis-Desbordes atteignit les bords du Niger après avoir parcouru la distance de 1.600 kilomètres qui sépare Saint-Louis de Bammako. Ce dernier point marque l'endroitoù le Niger devient navigable. Il fut relié à Kayes par une série de forts et par le télégraphe. On commença la construction d'une route et plus tard celle d*un chemin de fer. Malheureusement l'établissement de cette voie ferrée souffrit maintes péripéties et les premiers 17 kilomètres revinrent à un prix tel que le parlement refusa de voter de nouveaux fonds. Ce chemin de fer est aujourd'hui exploitable sur une longueur de 34 kilomètres à partir de Kayes et l'état de la voie est loin d'être parfait. D'ailleurs la distance de Kayes à Bammako est de 600 kilomètres. On construit aujourd'hui une route carrossable pour relier ces deux points.

Une canonnière a pu être montée sur le Niger et tout récemment elle a parcouru ce fleuve jusqu'à Tombouctou, pénétrant dans des régions inconnues.

Le budget du Sénégal est de 3.000.000 de francs par an et les ressources du pays suffisent pour couvrir cette somme. Les budgets des municipalités s'élèvent à 400.000 francs.

L'occupation militaire est à la charge de la métropole, qui paye encore pour d'autres subventions une somme de 10.000.000 de francs par an.

IjCS pîvîèpes du 8ud« — Les territoires français dits des « Rivières du Sud » ou du « Bas de cote » sont situés sur la côte d'Afrique au Sud-Est du Sénégal. Ils comprennent d'une part le territoire de la rivière Cazamance, d'autre part, les territoires de toutes les rivières comprises entre le Rio Compony et la rivière Maïlali. Ces territoires sont très fertiles et se prêtent à un grand nombre de cultures variées mais il faut ajouter qu'ils entrent à peine aujourd'hui dans la première phase de la colonisation.

Golfe de Guinée. — Les établissements que la France occupe actuellement dans le Golfe de Guinée se divisent en deux

groupes ; ceux de la côte d'or comprenant les territoires d'Assinie et de Grand Bassan et ceux de la côte des esclaves réduits aujourd'hui aux territoires de Porto-Novo, de Grand-Popo et d'Agoué. Les établissements français fondés dans le bas Niger sont devenus récemment la propriété des anglais.

Le commerce dans ces régions consiste dans l'huile de palme que fournissent les indigènes en échange de rhum, de tabac en feuilles, de cotonades et de verroteries. Quelques plantations de café, ont été créées dans ces derniers temps avec succès.

Gabon et Con^o. — Les établissements français du Gabon et du Congo, régions qu'il est difficile de séparer, s'étendent depuis la rivière Campo au Nord, jusqu'à la pointe Chamba (confluent de la Loenia et de la Lubinda).

Dans la possession française du Congo rentre tout le bassin du Niari-Killiou et de l'Alima et la portion de la rive droite du Congo située entre la partie supérieure des rapides qui séparent le Congo moyen du bas Congo, et un point situé au-dessus de l'embouchure de l'Alima dans le Congo. Les richesses de ces pays consistent en ivoires, huile de palme, gommes, etc., mais bien que, par le traité de Berlin, l'Etat belge du Congo y ait été fondé, ainsi que d'autres colonies allemandes et portugaises, l'émigration ne s'y porte pas. 11 faut en chercher la cause dans le climat et les difficultés de communication.

Des fleuves comme l'Ogooué et le Niari ne sont navigables que sur une très petite étendue de leur cours. De là un obstacle prescjuc invincible à la pénétration du commerce européen dans ces riches contrées. L'exploitation commerciale du bassin du Congo moyen est relativement plus facile à cause de l'étendue considérable (l,70[) kilomètres) sur laquelle le fleuve est navigable et de l'étendue plus grande encore des voies navigables fournies par ses principaux affluents. Mais le Congo moyen est séparé de la côte par plus de 200 kilomètres d'un cours innavigable à travers une région montagneuse où la construction d'une voie ferrée ou même d'une simple route carrossable serait extrêmement coûteuse.

Obock. — Obock se trouve situé sur la côte orientale d'Afrique, en dehors de la mer Rouge, à 180 kilomètres environ du détroit de Bab-el-Mandeb. Les côtes du territoire possédé ou protégé par la France s'étendent depuis le cap Doumeirah, au Nord, jusqu'au Gubbet-Kharab, dans le fond de la baie de Tadjourah. Obock peut prendre une certaine importance commerciale par des communications avec le Choa et le pays de^ Gallos.

Au pointdevue maritime et militaire Obock présente de grands

avantages ; c'est le seul port français qui existe entre les côtes do la Méditerranée et les possessions françaises de la côte orientale d'Afrique et de F Asie.

Autrefois les navires français se ravitaillaient à Aden. Pendant la guerre de 1870 ce port leur fut fermé par l'application de YEnlistment Act en ce qui concerne le charbon. La nouvelle extension coloniale de la France à Madagascar, au Tonkin et dans TAnnani exigeait la possession d'un port à la porte de la mer Rouge. Ce n'est qu'en 1883 que la France a pris ofûciellement possession d'Obock.

Mayotte. lies Comores. — A Tentrée du canal de Mozambique nous trouvons Mayotte dans les Comores. La population de Mayotte est de 9.000 âmes environ, mais elle ne fournit qu'un très petit nombre de travailleurs à l'agriculture. Le nombre des européens y est minime.

Parmi d'autres îles importantes de cette région, nous devons citer Nossi-bé et Sainte-Marie-de-Madagascar.

lia Réunion. — L'île de la Réunion fait partie de Tarchipel des Mascareignes dans la mer Indes. La population de l'île es de 168.000 habitants dont 119:000 européens, 30.000 indiens 9.000 cafres, 7.000 malgaches, etc.

Les cultures principales de l'île sont la canne à sucre, le café et la vanille. La production annuelle du sucre est de 40.000 tonnes.

Le commerce de la Réunion s'élève à la somme de 31.000.000 de francs par an, dont près de la moitié 24.101.000 francs avec la France.

Le climat de l'île est salubre, ses terres fertiles, mais cette contrée si favorisée à tant de points de vue, est sujette à un fléau qui l'a désolée quarante et une fois depuis le commencement de ce siècle, les cyclones, effroyables ouragans qui causent les plus grands désastres.

Madagascar. — Cette île se trouve à une centaine de lieues à l'Est de la côte orientale d'Afrique, dont elle est séparée par le canal de Mozambique. Elle mesure 400 lieues dans sa plus grande longueur et sa superficie est évaluée à 590.000 kilomètres carrés dépassant ainsi celle de la France qui n'est que de 528.576 kilomètres.

Parmi les ports de Madagascar nous devons citer la baie de Diego Suarez qui est une des plus belles du monde et où on pourrait construire à peu de frais un port de guerre de premier ordre. Le traité du 17 décembre 1885 avec le gouvernement Hova donne

à la France la possession de baie de Diego Suarez. L'administration de la marine se dispose à y établir un port militaire.

Les productions de l'île sont nombreuses ; citons en première ligne le bétail qui se multiplie presque en liberté dans d'immenses pâturages. Le commerce d'exportation des bœufs est important. Une seule maison transporte pour une année seulement 12 à 15 mille bœufs à Maurice ; pour la Réunion le chiffre de l'exportation est de 5 à 7 mille. La quantité de peaux exportées est encore beaucoup plus considérable car les malgaches trouvent encore profit il élever des bœufs pour la vente du cuir seulement. L'exportation annuelle peut être évaluée à 5 ou 6.000 cuii*s.

Le mouton et le porc se trouvent dans toute l'île.

Parmi les autres produits de Madagascar, il faut citer le caoutchouc dont l'exportation est de 20.000 kilogrammes environ par an; le miel, dont la production peut s'élever à 6.000 litres et la cire dont on peut exporter annuellement 100 à 120.000 kilogrammes. La gomme copal et l'orseille donnent lieu aussi à des transactions importantes qu'il serait d'ailleurs facile d'élever si les indigènes étaient plus industrieux et plus travailleurs.

Les marchandises importées à Madagascar consistent principalement dans les toiles de coton écru d'Amérique, les guinées, les indiennes de qualité inférieure et les liqueurs.

Le traité du 17 décembre 1885 établit le protectorat politique de la France sur Madagascar quoique ce mot de protectorat n'y soit pas inscrit.

En effet, il met le gouvernement Hova dans la nécessité de passer par l'intermédiaire des agents français dans ses relations avec tous les autres gouvernements et il accorde à la France le droit d'entretenir à Tananarive un résident avec une escorte militaire.

Tonkin. — L'Indo-Chine française comprend le Tonkin au nord, l'Annam, la Cochinchine et le Cambodge.

Le Tonkin comprend les bassins du Song-Koï et du Thaï- Binh auxquels il faut ajouter une partie du bassin du Song- Kikung. Sa superficie est d'environ 90.000 kilomètres carrés.

On estime que le chiffre de la population est de 12 à 15 millions d'individus dont 20.000 chinois.

Le Tonkin est formé de deux parties physiquement bien distinctes : Le delta et la région montagneuse qui sépare le delta des provinces chinoises de Quang-Tong, Quang-Si et Yunnan.

Le delta affecte la forme d'un trapèze dont la grande base représentée par la côte, mesure environ 120 kilomètres, tandis que la petite base n'en a que 15, la hauteur étant de 125 kilomètres.

Toute cette vaste superficie est plate et s'élève à peine audessus du niveau de la mer ; elle est couverte de riches rizières. C'est dans le delta que Ton trouve les centres les plus importants du Tonkin, comme Hanoï, dont la population est de 70.000 habitants ; Nam-Dinh. 30.000 habitants ; Haï-Phong qui ne date que de 1875 et qui est aujourd'hui le plus grand port et l'entrepôt du Tonkin.

La région montagneuse entoure le delta ; elle se compose d'un massif montagneux dont les plus hauts sommets ne dépassent pas quelques centaines de mètres. Ce massif est traversé au nord-est et au sud-ouest par le fleuve Rouge» auquel il fournit tous ses affluents. Cette région n'est pas encore complètement connue.

Au sud du delta se trouve la magnifique baie de Ha-Long, au fond de laquelle se trouve le port peu fréquenté de Hone-Gac ou Port-Courbet.

C'est là que nombre de personnes compétentes proposent de créer le principal port du Tonkin.

Avec son delta si propre à la culture du riz et ses régions montagneuses dans lesquelles on pourrait élever des troupeaux de chevaux, de bœufs, de moutons et cultiver la plupart des plantes des régions tropicales, le Tonkin apparaît comme l'une des p»artie8 les plus riches de l'Indo-Chine. Son climat est plus saluhre et sa température moins élevée qu'en Cochinchine et qu'au Cambodge.

Annam. — L'Annam est représenté par une bande étroite de terrain située le long de la mer de Chine et limitée dans l'intérieur des terres par une chaîne de montagnes qui suit une direction à peu près parallèle à celle de la mer. On évalue sa superficie à 2:2.01)0 kilomètres. On ignore quelle est la population de TAnnam, mais il n'est pas probable qu'elle atteigne un million d'individus.

L'Annam se divise en deux parties, l'Annam septentrional qui se confond sans délimitations précises avec le Tonkin, et l'Annam central.

Le premier comprend les vallées des deux fleuves Song-Ha et Song-Ca qui sont fort belles et très riches et il est limité au sud par le contrefort montagneux du Deo-Ngan.

L'Annam central présente un grand nombre de rivières qui descendent de la chaîne montagneuse de l'Annam et vont, après un trajet assez court, se jeter dans la mer. Celle-ci accumule à l'embouchure do ces rivières des bancs de sable et des dunes qui ont déterminé la formation de lagunes.

Les villes de TAnnam ayant quelque importance sont très peu nombreuses ; citons Qui-Nhonc qui est le centre d'un commerce important ; Hué, la capitale actuelle du royaume et Torane qui est le port de Hué.

Cochinchine. — La Cochinchine a la forme d'un vaste trapèze ; ses points extrêmes sont le pays des Moïs au Nord-Ouest ; la pointe de Camau qui s'avance dans la mer de Chine au Sud- Est ; le cap Ba-bé à l'Est et le petit golfe d'Hatien à l'Est.

Sa superQcie est d'environ 100.000 kilomètres carrés. Elle compte environ 1.600.000 habitants ; la partie du delta est de beaucoup la plus peuplée. Celte population comprend 1.500.000 annamites, 105 000 cambodgiens, 50,000 chinois, etc. Le nombre des européens est d'environ 2.000.

La Cochinchine se divise en deux parties ; celle qui est située au-dessous de la latitude de Saïgon est absolument plate et formée par les terres d'alluvion qu'entraînent les fleuves et les rivières. C'est la région des rizières, des marais, des salines.

Au nord de Saïgon, le sol de la Cochinchine est beaucoup plus élevé ; c'est là que viennent se terminer les ramaux méridionaux de la longue chaîne de montagnes qui séparent lAnnam de la vallée du Mékong. De vastes forets entrecoupées de belles clairières couvrent ces régions montagneuses où chaque repli du terrain présente un cours. d'eau. Dans cette région, les rizières sont moins nombreuses et moins riches, mais la canne à sucre et le mjirier les remplacent sur les bords des cours d'eau et la culture du café, du roucou, etc., pourrait y être entreprise avec succès ; l'élevage des grands bestiaux y serait facile. Cette région est aujourd'hui presque inculte.

La Cochinchine est l'un des pays les mieux arrosés du monde et les plus fertiles.

Un chemin de fer relie Saïgon capitale de la colonie à Cholon qui est la principale ville de commerce de la Cochinchine.

Une seconde voie relie Saïgon à Mytho située sur l'un des bras du Mékong.

Saïgon, la capitale, est une ville de 70.000 habitants ; c'est le meilleur, le plus sûr et le plus abordable de tous les ports de rindo-Chine.

Le commerce extérieur de la Cochinchine est d'environ 85.000.000 de francs par an, dont 35.000.000 pour les importations et 50.000.000 pour les exportations ; celles-ci se composent presque exclusivement de riz.

H en a été exporté :

S06 SIXIKME PARTIE.

En 1881 29.516.000 francs.

En 1882 11.200.000 —

En 1883 57.315.000 —

Cambodu^e. — Le Cambodge se trouve au nord de la Cochinchine et comme celle-ci il est formé en sa majeure partie d'une plaine basse d'alluvions. Il est baigné au sud-est par le golfe de Siam. Le Cambodge est arrosé par le Mékong et il renferme le Grand Lac et ses affluents, inépuisable vivier de masses énormes de poissons qui, séchés, fumés, salés, transformés en huile et en préparations diverses, alimentent une foule d'industries variées et donnent lieu à un commerce considérable.

Le Cambodge a été placé sous le protectorat de la France par un traité signé en 1863 avec le roi Norodom.

Li'Inde. — La France ne possède dans Tlnde que cinq établissements épars, quatre sur la cote de Coromandel : Karikal, Pondichéry, Yanon et Chandernagor ; un sur la côte de Malabar: Mahé ; et neuf comptoirs ou loges : Surate, dans le golfe de Cambage, Calicut sur la C(He du Malabar, Mazulipatam et Francepett au Nord de Pondichéry, Cassinbazar, Yongdia, Dacco, Balauore et Patna dans le Bengale.

Les cinq établissements que nous citons plus haut ont une superficie de 56.000 hectares environ et une population totale de 283.000 individus. Quant aux a loges » leurs territoires n'appartiennent pas à la France qui a seulement le droit d'y établir des comptoirs.

La ville de Pondicliéry est à 143 kilomètres au Sud-Ouest de la ville do Madras, à laquelle elle est reliée par le chemin de fer côtier de Madras à Nagapatanam. Par celte ligne ferrée, Pondichéry est en relations avec le système des voies ferrées de Tlnde anglaise. D'autre part, le port de Pondichéry est le plus sûr de tous ceux du golfe du Bengale. Il pourrait donc prendre, dans l'avenir, une importance considérable.

La population française ou de descendants de français est de 2.000 individus; la population indienne s'élève à plus de 40.000 individus.

Pondichéry produit des « guinées » étoffes de coton particulièrement destinées à la côte orientale d'Afrique et cette industrie y prend chaque jour un plus grand développement. La filature de Savana fait fonctionner à la vapeur 20.000 broches et 500 métiers à tisser ; elle occupe 1.700 ouvriers, hommes et femmes.

Le total des importations et des exportations se chiffre par

44.000.000 de francs par an, dont plus de la moitié avec la France et les colonies françaises.

Karikal est situé à i40 kilomètres au sud de Pondichéry. Sa superficie est de 13.515 hectares et la population de la ville est de 35.000 individus ; les deux autres centres les plus importants sont la Grande-Aldée, qui compte 24.000 habitants et Nédouwcadou, 35.000.

11 y a très peu d'européens à Karikal et le commerce y est de peu d'importance.

I/établissement de Yannon est situé à 140 lieues au nord de Pondichéry; sa superficie est de 1.429 hectares; sa population de 4.400 indiens, 5 européens et 44 descendants d'européens.

L'établissement de Chandernagor est situé dans le fond du golfe du Bengale sur la rive droite de l'Hougly. Sa superficie totale est de 940 hectares, sa population de 90 européens, 208 descendants d'européens et 32.000 indiens.

Mahé est situé sur la côte de Malabar ; sa superficie est de 5.909 hectares ; sa population de 15 européens, 144 descendants d'européens et 8.280 indiens.

Le commerce extérieur de l'Inde française s'est élevé, pour 1883, au chiffre total de 32.234.000 francs dont 15.800.000 avec a France et les Colonies françaises.

Colonies fk>ançaifiies en Océanie. — Les établissements français de l'Océanie forment, d'après leur position géographique, deux groupes distincts, les orientaux et les occidentaux. Les premiers sont formés par l'archipel de la Société, l'archipel des Tuamotu. l'archipel des Gambier, l'archipel des Marquises, l'île Râpa, l'île Clipperton. Les seconds sont formés seulement par l'achipel Néo-Calédonien.

L'archipel de la Société est divisé en deux groupes d'îles, celui de Taïti ou Iles du Vent et celui des Iles sous-le-Vent.

Le groupe taïtien comprend cinq iles : Taïti, Mooréa Mahitia, Tabuemanu et Tetiara.

Taïti a une surface de 104.215 hectares ; la population est de 26.600 habitants dont 1.600 européens.

En 1883, le commerce d'importation a été de quatre millions de francs et celui d'exportation d'une somme un peu moindre.

Dans le groupe des Iles Sous-le-Vent, nous citerons l'île de Haïatéa qui compte 1.200 habitants.

L'archipel de Tuamotu s'étend au Sud-Est de celui de la Société sur une longueur de 2.000 kilomètres ; il est formé de nombreuses îles, dont quelques unes seulement Anaa, Rairoo, Fakarava ont quelque importance. La population de cet archipel est

(le 7.270 habitants qui vivent surtout de la pêche de Thuître perlière.

Le petit archipel des Gambier est situé au Sud-Est et à une petite distance de celui de Tuamotu. Mangaerva est Tîle la plus importante du groupe.

La superficie totale de ces îles est d'envion 3.000 hectares ; la population ne compte qu'un millier d'individus.

L'archipel des Marquises est situé à 250 lieues au Nord-Kst de Taïti et comprend deux groupes d*îles. La population qui paraît diminuer dans de grandes proportions n'était, en 1885, que de 5.776 habitants, sur lesquels on ne compte qu'une cinquantaine d*Européens.

L'archipel de Tubuai est situé au Sud-Est de Taïti. Les îles de Tubuaï et Rurutu sont seules dignes d'être citées ainsi que celle de Râpa que Ton peut considérer comme une dépendance de cet archipel.

Les établissements français de l'Océanie occidentale se composent actuellement de la Nouvelle-Calédonie et de ses dépendances immédiates (îles Nou, N'guéa, Guéri, des Pins, etc) et les groupes des îles Loyalty, des Huon et des îles Chesterfield.

La Nouvelle-Calédonie possède une superficie de 2.102.195 hectares.

La population totale de la Nouvelle Calédonie et des îles Loyalty dépasse 60.000 habitants dont 3.525 français; 630 autres européens ; le corps de troupe, officiers et soldats, 3.015 ; les transportés qui s'élevaient en 1883 à 11.358; enfin les indigènes, Néo-Hebridais, Africains, etc., au nombre de 25.000 pour la Nouvelle-Calédonie et 17.000 pour les îles Loyalty et dépendances.

Le meilleur port de la Nouvelle-Calédonie est Nouméa qui est aussi le chef-lieu de la colonie.

La transportation n'a pas donné, jusqu'à ce jour, de bons résultats pour la colonisation de l'île.

Colonies françaises en Amérique. — La France possède en Amérique la Guyane française sur le continent sud-américain, la Martinique et la Guadeloupe dans les petites Antilles, les îles Saint-Pierre et Miquelon dans l'Amérique du Nord et un droit de pèche sur le grand banc et une partie de la côte do Terre-Neuve.

Guyane fk>ançaise« — La Guyane française est située sur la côte orientale de l'Amérique du sud.

Elle est limitée par l'Océan Atlantique au nord, par le fleuve

Maroni qui la sépare de la Guyane hollandaise, par le Brésil à Test et au sud. De ce dernier côté les limites entre la Guyane et le Brésil sont contestées.

La population de la Guyane est de 20,000 habitants: malgré de nombreuses tentatives, la colonisation a toujours échouée devant les obstacles d'un climat meurtrier. Le sol de la Guyane est marécageux et les épidémies de fièvre jaune y sont fréquentes ; l'intoxication paludéenne atteint tous les européens; plus de la moitié des mariages sont stériles et la mortalité des enfants nés dans le pays même est très grande. Les nègres ou les individus de race mêlée supportent mieux le climat, les annamites également.

La Guyane présente toutes les richesses végétales des pays tropicaux, mais la culture y est très peu développée faute de bras. On exploite quelques mines d'or.

L<a Martinique. — La Martinique est située dans la mer des Antilles en face de l'isthme de Panama. Sa superficie est de 98.782 hectares et sa population de 168.000 habitants dont la plupart sont des métis des races blanche et noire.

Le port de Fort de France est un des plus beaux et des plus vastes parmi ceux des Antilles.

Les navires entrés en 1884 dans les ports de la Martinique s'élevaient au nombre de 1.038 avec un tonnage de 322.900 tonnes; sur ce chiffre, 336 navires, jaugeant 170.000 tonnes battaient pavillon français.

Près de 26.000 hectares sont consacrées dans Tîle à la culture (le la canne à sucre qui reste une des principales ressources de l'ile.

Les exportations se sont élevées à 31.714.000 fr. en 1882, dont 22.582.000 fr. pour la France.

Dans la même année les importations ont été de 27.568.000 fr. dont 12.663.000 pour la France.

lia Guadeloupe. — La Guadeloupe est située au nord et à 115 lieues environ de la Martinique.

Klle est divisée en deux parties inégales par un canal d'une longueur de 11 kilomètres mesurant de 30 à 120 mètres de large et portant le nom de Rivière salée.

La population de la Guadeloupe est de 155.000 habitants. La Guadeloupe proprement dite a une circonférence de 180 kilomètres de longueur; on y trouve la Basse-terre chef-lieu de la colonie. La Grande-Terre diffère sensiblement de sa voisine. Elle a la forme d'un triangle très irrégulier. Dans la partie sud-ouest

alO SIXIÈMR PARTIE.

et à rentrée de la Rivière Salée se trouve la Pointe à Pitre avec une population de 18.000 habitants. C'est la ville la plus commerçante de la colonie ; son port est très beau*

Comme à la Martinique, c'est la culture de la canne à sucre qui fournit les plus grandes ressources de l'île.

En 1884, le commerce de la Guadeloupe avec la France et les colonies françaises s'estélevé à 29.500.000 francs, dont 12.500.000 pour les importations de France dans la colonie et 17.000.000 pour les exportations de la Guadeloupe en France et les colonies.

Le commerce avec l'étranger s'élevait à 22.908.000 francs, dont 12.757.000 pour les importations et 10,210.000 pour les exportations.

Les dépendances de la Guadeloupe sont : la Désirade qui compte près de 2,000 habitants ; Marie Galante avec 17,074 habitants ; la Petite terre, les Saintes, la Saint-Barthélémy et Saint-Martin.

Saint Pierre et Miquelon. — Saint Pierre et Miquelon ont une superficie totale de 23,500 hectares, leur population est de 5,765 habitants.

Le climat y est froid, le sol aride et l'importance de ces îles vient des pêcheries de morue qui se trouvent dans leur voisinage à moins de 48 heures de distance. Leur commerce sest élevé en 1884 à 29.000.000 de francs dont 17 pour les exportations et 12 pour les importations.

Deux cables, celui de la Compagnie de Paris à New- York et celui de 1' « Anglo-American-Telegrap Company limited » atterrissent à Saint-Pierre.

La superficie territoriale de la France est de 528.400 kilomètres carres ; celles de ses colonies et pays soumis à son protectorat est environ de 2.320.932 kilomètres carrés, soit un rapport de 22.7 à 100.

La superficie territoriale et la population des colonies et pays soumis au protectorat, peut être calculé comme suit:

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