tonnes d'anthracite
•440.000 tonnes de lignite.
Et une quantité mal déterminée d'huiles de schiste, etc.
Un bassin principal, celui du Nord, cinq groupes secondaires, et enfin quelques exploitations disséminées, soit en tout 298 concessions, ont contribué dans la proportion suivante à la production en 1885 :
1*» Nord et Pas-de-Calais 9.710.000 tonnes.
2'» Loire 3.001 .000 —
3° Gard 1.728.000 —
4*» Bourgogne et Nivernais 1 .501 .000 —
5*» Tarn et Avcyron 1 .093.000 —
6° Bourbonnais 831.000 —
Plus 13 groupes de médiocre importance, dont 5 de lignite (la Provence a contribué pour 399.000 tonnes de ce dernier combustible).
L'importance du bassin houiller du Nord est considérable; la seule compagnie d'Anzin a extrait en 1885 de ses concessions 2.070.000 tonnes. Il convient d'ajouter que le prix moyen de la houille, sur place, n'a pas dépassé 10 fr. 39 dans cette région, c'est-à-dire qu'il a été inférieur à la moyenne générale, et d'ailleurs le plus bas de tous.
Il faut attribuer cette différence principalement au bon marché de la main-d'œuvre. Ainsi, l'ouvrier du Nord gagne 10 0/0 de moins que celui du bassin de la Loire ou celui d'Alais, et, cependant, sa production annuelle est supérieure de 2 0/0 environ; il est vrai que ceci dépend avant tout de la disposition des couches, de leur épaisseur et du mode d'exploitation.
Le diagramme ci-contre fait ressortir les variations qui se sont produites depuis 1865 dans la production et la consommation. On voit que le maximum a été atteint en 1883, et la diminution que Ton constate pour les années suivantes provient de la crise qui pèse depuis cette époque sur la métallurgie, non seulement en France, mais dans le monde entier ^. Quant au prix moyen des combustibles minéraux, il n'a cessé de décroître à mesure que les demandes de l'industrie augmentaient :
15 fr. 33 la tonne (sur le carreau des mines) en 1876 12 74 — — en 1880
12 33 — —' en 1884
11 73 — — en 1885
Quant au prix moyen sur les lieux de consommation, il a fléchi aussi d'une manière continue, mais dans une proportion moindre :
24 fr. 82 la tonne. en 1876
21 74 — en 1880
21 00 — en 1884
20 89 — en 1885
Il semble, que, dans l'état actuel de l'exploitation, les prix relatifs à l'année 1885 indiquent un minimum difficile à dépasser. En effet, l'abaissement que l'on constate dans les salaires en 1885, relativement à 1884 (11 centimes par journée d'ouvrier) correspond environ à une diminution de frais de 18 centimes par
l. L'extraction d»»? combustible? minéraux sVst du reste géuéralement ralentie partout; elle a diminué de 2 0 0 dans le monde entier depuis 1883.
Répartition de la houille conlommâe en France,
Répartition de la bonille
importée en France, an point
de Tue de l'origina.
Chaque recUD gle esl propor
qu'il reprcsenl La plupart i) chifir«s tnnt n UUES i ]3S4.
Production et Importation de la houille en France (1864-1885)
CQWVttAHt.. " \
tonne, c'est-à-dire à peine le tiers de la dépréciation subie par le combustible dans la même période.
Importation et son orig^ine. — J'ai dit plus haut que rimportation des combustibles minéraux représentait à peu près le tiers de la consommation ; en 1885, la France a reçu 9.900.000 tonnes de houille provenant de :
Angleterre 4.400.000 tonnes.
Belgique 4.300.000 —
Allemagne 1.200.000 —
La valeur moyenne de la tonne de houille importée a été évaluée pour la même année à 14 francs, ce qui représente pour l'ensemble une somme de 139.000.000 francs. Celte importation est soumise à un droit de 1 fr. 20 par tonne, qui rapporte à l'Etat 10 à 12 millions.
En 188G, a^néc pendant laquelle la production de combustibles minéraux s'est assez sensiblement relevée en France, Timporlation a diminué de 5 0/0 environ ; elle n'a été que de 9.044.000 tonnes. Il serait vivement désirable que la France arrivât à se suffire. L'industrie minérale a été acclimatée, grâce à beaucoup d'efTorts dans ce beau pays ; malheureusement, elle est subordonnée à la richesse minéralogique du sol qui, somme toute, n'est que moyenne.
Valeur den combustibles minéraux produits et consommés. — Si l'on considère les combustibles minéraux sur les lieux de production d'une part, et à leur entrée en France de l'autre, la consommation de 1885 ressort à 307.000.000 francs.
Production 228.000.000 fr.
Importation 139.000.000
Mais, en réalité, il convient de tenir compte du transport jusqu'au lieu de destination, des frais de commission, ce (jui porte le prix moyen de la tonne à 20 fr. 89, soit pour l'ensemble, en 1885, environ 600.000.000 francs. Les transports seuls figurent à peu près pour 200.000.000 francs dans ce chiffre.
Exploitation des mines. — Ce qui donne à l'industrie minérale, et particulièrement à l'extraction de la houille, un haut intérêt pour les économistes et les philanthropes, c'est la condition toute spéciale des ouvriers employés à l'exploitation. Personne ne met en doute les périls et les fatigues auxquels est exposée cette intéressante catégorie de travailleurs, mais il importe de
connaître, d'une part leurs salaires et les secours que leur fournissent les caisses de prévoyance, de lautre la gravité des dangers qu'ils peuvent courir.
En 1884, il y avait en France 107,000 personnes occupées à l'extraction des combustibles minéraux ; la crise métallurgique a réduit, en 1885, ce chiffre à 105.000, parmi lesquelles 3.000 femmes et 6.800 enfants. La journée moyenne a été de i fr. 06 c. pour les ouvriers du fond et de 2 fr. 86 pour ceux du dehors. Le mt>ntant total des salaires pour toute l'année atteint 106.000.000 francs, soit un peu plus de 1.000 francs par an et par ouvrier. J'ai eu l'occasion de dire plus haut qu'il y a une différence de 10 0/0 entre les salaires de Saint-Étienne et du Nord qui sont, Tun un maximum, Tautre un minimum. Il convient d'ajouter à ce qui précède que la plupart des compagnies possèdent et louent à bas prix des maisons ouvrières, et que les soins médicaux sont généralement à leur charge.
J'arrive maintenant à la partie la plus intéressante de ce paragraphe, aux caisses de prévoyance ; il en existe actuellement 146, faisant le service de 205 mines, et qui, en 1884, ont distribué 5.200.000 francs. La moitié environ de cette somme provenait des versements des ouvriers, l'autre moitié avait été versée à titre gracieux par les compagnies. Parmi les compagnies qui alimentent leurs caisses de prévoyance sans aucun concours des ouvriers, il faut citer au premier rang la Société Schneider et C'* (mines du Creuzot, Montchanin et Longpendu), qui distribue en moyenne à chacun de ses mineurs 61 fr. 80 par an ; chaque malade lui revient en outre à 14 fr. 50.
Si Ton considère maintenant la statistique des accidents dans les mines, on est amené aux conclusions suivantes : dans les mines de charbon, sur 73.583 ouvriers employés aux travaux du fond, il y a eu, dans 766 accidents survenus en 1885, 153 tués et 695 blessés, c'est-à-dire, environ 2,1 morts et 9,5 blessés sur 1.000 ouvriers. Ces chiflVes sont, à peu de chose près, ceux des années précédentes, et, malheureusement, on voit qu'ils sont assez élevés. Toutefois, la proportion est moindre qu'en Belgique et en Angleterre. Le grisou est l'un des plus redoutables ennemis de l'ouvrier mineur : en 1885, sur les 766 accidents, il n'en a cause que 12, mais avec 42 morts et 28 blessés! Les éboulements sont encore plus dangereux que le grisou ; ils ont causé près de la moitié des accidents. Il faut signaler aussi l'exploitation desvoies ferrées souterraines, à laquelle la statistique attribue un quart environ des accidents, mais généralement sans gravité.
Si Ton passe maintenant aux travaux de l'extérieur, on est
immédiatement frappé de la diminution dans le nombre proportionnel des accidents : sur 28.033 ouvriers employés à la surface, il y a eu 15 tués et 51 blesses dans les 63 accidents qui se sont produits en 1885, c'est-à-dire 0,53 tué et 1,8 blessé sur 1.000 ouvriers.
En résumé, il faut reconnaître que la profession de mineur compte parmi les plus dangereuses. Toutefois, là comme partout ailleurs, Touvrier peut, par sa vigilance et son sang-froid, atténuer bien des périls, tels que ceux qui résultent des éboulemenls et de Texploitalion des voies ferrées souterraines. Aux compagnies incombe le devoir strict d'assurer .Texploitation dans les conditions prévues par les règlements à l'exécution desquels les Ingénieurs du Corps national des mines sont chargés de veiller.
La Chambre est actuellement saisie d'un projet de loi aux termes duquel les ouvriers mineurs seraient appelés à élire des délégués en vue de pourvoir à la sécurité. La pensée qui a dicté cette proposition est évidemment des plus louables, mais, dans la pratique, il semble assez difficile de régler les rapports entre les délégués et les compagnies qui les emploient.
Ijégi»lsktion de» mines. — La législation dont je veux dire ici quelques mots s'applique à toutes les mines, quelle que soit la matière extraite. Toutefois, comme celles de houille sont de beaucoup les plus importantes, j'ai cru devoir placer ici ce court exposé.
La législation minière date de 1810 et de 1813. Elle détermine . d'une manière très judicieuse les rapports entre l'État déclaré propriétaire de la mine, le propriétaire de lamine, le propriétaire du sol et le concessionnaire. La concession est invariablement faite par l'État, avec la réserve expresse que l'exploitation sera constamment assurée sous peine de déchéance. Le propriétaire du sol a droit à la priorité pour la concession ou à une légère redevance. Quant à l'État, il perçoit 5 0/0 du produit net de la mine et un droit fixe, d'ailleurs insignifiant, de 10 francs par an et par kilomètre carré d'exploitation.
Cette législation présente une très grande ressemblance avec les célèbres « ordenanzas de Mineria » que le gouvernement espagnol avait mises en vigueur dans ses colonies d'Amérique et dont l'esprit, vraiment libéral pour Tépoque, favorisa prodigieusement le développement de Tindustrie minérale.
Il ne faudrait pas croire que la législation de 1810 et 1813 n'a rencontré aucune opposition, surtout dans ces dernières années.
Le système anglais qui accorde en cette matière, comme en beaucoup d'autres, une liberté absolue, a de nombreux partisans. On a proposé aussi d'obliger les compagnies à associer les ouvriers
à leurs opérations ; mais on méconnaissait ainsi le principe même de la liberté. Voici d'ailleurs quelques chiffres qui feront voir que cette association n'eût pas toujours été fructueuse : TÉtal aperçu en 1885, 2.335.000 fr. représentant sa part dans les bénéfices de 191 mines de houille qui ont fait, ensemble, 41.300.000 fr. de bénéfice net; mais, d'autre part, 110 mines loin de donner un bénéfice quelconque, présentent ensemble un déficit de 4.700.000 francs. Et, cependant, en comparant ces chiffres à ceux des dix dernières années, on constate une augmentation sensible des bénéfices. En ce qui concerne les modifications éventuelles aux lois qui régissent actuellement la matière, il serait injuste d'oublier que la législation de 1810 est conforme aux principes qu'avait préconisés Mirabeau devant l'Assemblée Constituante, qu'elle a donné la plus féconde impulsion à l'extraction de la houille en France, enfin qu'une loi doit nécessairement avoir une sérieuse raison d'être lorsqu'elle ne cesse de favoriser pendant 70 ans, sans modification, les destinées d'une industrie qui a subi la plus radicale des transformation.
Comparaison avec les pays étrang^ers. — La France n'occupe gui'^re que la cinquième place parmi les pays producteurs de combustibles minéraux. Elle arrive à peu près au même rang que l'Autriche-Hongrie qu'elle semble même dépasser quelquefois. Le tableau suivant donnera, d'autre part, une idée de la valeur de production dans les pays les plus importants ^ :
Prix moyen de la Valeur totale de la Nom du pays. tonne sur place. production.
Grande-Bretagne et Irlande GUI 1 .037.000.000 fr.
États-Unis 8 18 823.000.000
Allemagne (> » 420.000.000
France 11 73 229.000.000
Belgique 8 87 154.000.000
Autriche-Hongrie 0 » 118.000.000
Je citerai en outre, par curiosité : le Japon qui extrait environ 100,000 tonnes revenant à plus de 25 francs l'une.
Ce qui ressort le plus clairement du tableau précédent, c'est que, de tous les pays présentant quelque importance à ce point de vue, la France est celui dont les prix de vente, et par conséquent les frais d'extraction, sont les plus élevés. La main-d'œuvre
1. Lo chillre de la production est exprimé graphiquement dans la planche no 4.
est évidemment Télément principal de la question, et c'est pour cela même que je prévoyais plus haut le prix de 11 fr. 73 comme une limite inférieure, car les salaires sont susceptibles de s'accroître, mais rarement de diminuer.
Transport des combustibles minéraux. — En ce qui concerne les tarifs de transport qui, pour une marchandise de cette nature, sont de la plus haute importance, il y a beaucoup d'améhorations à souhaiter. Le prix moyen de 3 centimes i/2 par tonne et par kilomètre est fort élevé. Certaines compagnies, le Nord et Paris-Lyon-Méditerranée, ont consenti des tarifs réduits qui, toutefois, ne semblent pas satisfaire complètement les intéressés. Le transport par eau semble assez en faveur puisque, sur 3.000.000 tonnes de houille consommées annuellement dans le département de la Seine, 1.000.000 tonnes arrivent par les canaux du Nord.
Répartition de la consommation française. — 11 est intéressant de savoir comment se répartissent les 3.000.000 tonnes de combustibles minéraux que la France consomme annuellement :
Métallurgie 16 0/0
Chemins de fer 10 0/0
Usines à gaz 7 0/0
Mines 4 0/0
Marine, industries diverses, usages domestiques 03 0/0
Il serait intéressant de connaître la part de la marine qui est évidemment considérable. (Dans la traversée du Havre à New- York, un grand paquebot dépense de 800 à 1.000 tonnes de combustible.)
Les mines eu temps de g^uerre. — L'exploitation des mines doit être assurée en temps de guerre, car le mouvement des chemins de fer est appelé à doubler ou à tripler, l'activité métallurgique peut s'accroître et, enfin, plusieurs des sources d'importation peuvent momentanément se tarir. Ces considérations ont amené à formuler une proposition en vue d*organiser militairement les mineurs en temps de guerre, en continuant à les charger de l'exploitation. Cette disposition qui enlèverait, il est vrai, environ 50.000 hommes à l'armée territoriale, aura l'avantage d'assurer à une classe intéressante d'ouvriers quelque compensation de leurs périls journaliers.
Tourbe. — L'exploitation de ce combustible n'a cessé de
décroître eu France depuis 50 ans. En 1845, la production atteignait 520.000 tonnes ; aujourd'hui, elle est descendue à 190.000. L'extraction toujours croissante du charbon de terre explique facilement ce discrédit. Le nombre des ouvriers est assez considérable : 19.000 répartis entre 531 exploitations ; mais il convient d'ajouter qu'ils ne travaillent généralement pas toute Tannée. Quant au prix de la tourbe, rien n'est plus variable : 3 fr. 50 à 18 fr. suivant la qualité. En résumé, cette industrie représente à peine 2.000.000 fr. par an.
Asphaltes et bitumes. — En 1885, la production de ces carbures n'a pas dépassé 195.000 tonnes valant environ 1.250.000 francs. Le principal centre de production est le département de Saône-et -Loire.
La France a importé en 1883 jusqu'à 200.000 tonnes d'asphalte venant d'Amérique par l'intermédiaire de TAngle terre. Cette importation s'est réduite au chiffre moyen annuel de 80.000 tonnes. J'estime que la diminution doit être attribuée à la supériorité incontestable du pavage en bois, dans les conditions ou la compagnie le fournit à la ville de Paris.
Huiles minérales. — La France ne produit qu'une quantité minime d'huiles minérales (l'extraction du schiste n'a pas dépassé 113.000 tonnes en 1885); mais elle en importe de différents pays, et principalement d'Allemagne, environ 150.000 tonnes par an.
D'autre part, en 1886, l'importation du pétrole s'est élevée à 15.000 tonnes de raffiné et 133.000 tonnes d'huile brute.
Les droits qui frappent ces matières sont élevés, et leur perception, pour la même année a produit près de 28.000.000 fr.